Portrait kinois

Sophie Marchand

Sophie au Congo

Fini, le Professeur Tournesol avec ses réparties impayables, improbables et presque sans malice qui lorsque je lui avoue, l'œil brillant et la bouche pleine de salade « j'aime ta roquette !» me répond sans ciller « quoi ? Tu aimes ma courgette ? »
Fini, le Capitaine Haddock qui pousse ses coups de gueule lorsque le chantier ne se déroule pas à sa convenance.
Fini, la tendresse de Milou qui distribue ses coups de langue et ses coups de cœur qui viennent tempérer les coups de sang du vieux Cap'tain.
Et fini l'intrépide Tintin.
Je force à peine un peu le trait… de crayon mais il y manque encore un personnage taquin et rigolard pour compléter ce portrait « tintinesque » multiple de mon hôte kinois préféré.
L' album « Tintin au Congo », il est vrai, n'est plus en odeur de sainteté à cause de ses stéréotypes de l'époque coloniale (longtemps que je ne l'ai pas lu pour en juger et j'avoue que présentement je m'en bats l'œil plus que la coulpe) mais tournons nous donc plutôt vers l'avenir... place à la belle énergie du groupe kinois Staff Benda Bilili qui donne une belle leçon de courage et d'espoir malgré tout.

http://www.youtube.com/watch?v=pM7FEzlbp5c

Respect pour les habitants de ce pays qui pour la plupart tentent de survivre au quotidien.
« La vie est dure »... « surtout pour nous » ajoute Antoine le "papa" congolais qui me fait découvrir la cuisine du pays (ses talents culinaires ne s'arrêtent pas à celle-ci).

Laisser une dernière fois le regard s'appesantir sur le large fleuve gris bordé de petits potagers familiaux en fuyant les embouteillages sans fin de cette ville avec la pollution qui va avec, où l'on attend autant qu'on s'agite, attente d'un transport, attente d'un client pour les vêtements, les fruits ou les objets que le vendeur brandit à bout de bras , transporte sur sa tête ou qu'il propose dans son échoppe, cette ville où se multiplient comme des petits pains les églises de réveil, les partis politiques  et quelques Chinois.

Kin la belle ou la poubelle comme ils disent, je m'en vais, à bientôt peut-être.

Kinshasa, RDC 2011


Report this text