POSSÉDÉ...OUPS !

sylvian-morera

C’était un soir avec…Hooo ! Je le sentais, ce soir serait mon grand soir. Mes doigts tapotaient avant même d’être sur  le clavier…Mon corps ne m’appartenait plus, il appartenait à l’écriture. J’étais fou de joie comme un rendez vous d’amour…j’avais rendez-vous avec l’écriture et le talent...mon talent. Et pour fêter cela, je ne pus m’empêcher de prendre une petite bière.

  C’est parti…j’écris. Le début de l’histoire je la connais par cœur pour avoir mille fois repensé les mots, repensé l’histoire. Les phrases tournent, les lettres volent…mes doigts tapent plus vite que ma pensée…une petite gorgée. Et là, je suis en transe, en communion avec je ne sais qui…les mots vont tellement vite, que dans cette frénésie, je viens à me demander si c’est bien moi qui écris tant de belles choses.

«  Elle était allongée nue sur son lit, telle un fruit dans sa coupe. Un fruit à la chair tendre, sucrée.. »

A cet instant j’en suis sur ce n’est pas moi qui pense, cette écriture est automatique, je le sens. C’est un écrivain qui me dicte tous ces mots, plus beaux les uns que les autres. Je ne suis que l’instrument d’un maitre, d’un prince, mais qui ? Zola, Stendhal, Pagnol. ? oui parce que quelque mots sont pensés avé l’accent..Mais qui se joue de moi ? Ce n’est pas grave, je serai donc la main du maitre…l’esclave d’un géant. Je transpire, je tremble, je touche à la perfection…une petite gorgée.

«  Il arriva dans la chambre, elle poussa un petit cri, mais très vite elle se retrouva dans ses bras. La convenance aurait été de dire non…mais  elle se laissa… »

Je me mis à remercier les dieux qui avaient créé ce pont entre lui et moi. J’étais un autre tout en étant moi… Au diable les éditeurs, quand ils liront ce chef d’œuvre, ils sauront qu’ils ne pourront plus me dire non, C’en est fini de ces lettres de refus, de mendier un peu d’attention..

Ce soir je suis écrivain…ce soir je sais le Talent, je sais les Mots, je sais la Vie, je sais l’Éternité…zzzz rrrrr ! zzzz rrr ! zzzz rrr ;

Quelle heure ? Il est 4h du matin. Je me suis endormi sans m’en rendre compte.J’ai sur ma joue gauche les traces des touches du claviers.Je rote.. la bière passe mal .. Je vais relire …

- il arracha son œil et le goba…

Ho ! Merde…c’est quoi ? 

- elle trouva  une paire de ciseaux et lui planta dans le front.  De joie, elle se mit alors à danser le chachacha !

Mais c’est  très con !

Je vais aller me coucher …quand même…je ne comprends pas…ce n’était pas cette histoire. Si j’ai été envouté ça devait être par celui qui a écrit tata yoyo ! C’est choquant, traumatisant…je n’en parlerai jamais, jamais…jamais…J’ai du être l’instrument d’un navet, d’un pauvre mec, d’un écrivain mort et raté…même l’au-delà se fout de moi ! Je me sens seul !! Très seul !

 Mallarmé disait : Un grand ecrivain se remarque au nombre de pages qu'il ne publie pas.

Ce sera ma consolation !

- Apres son chachacha, elle poussa un cri et  se jeta par la fenêtre !!

Ho !

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