Prends le pour toi

eymeric

     Je suis instable en ce moment, bancal comme si tout ce que j'écrivais était en italique. Je vois la tour de Pise droite, la Tour Eiffel penchée. Je vois des parts de pizza à droite des bières au sol et des femmes un peu gauches dans mon appartement. À part te mentir je ne vois plus trop de quoi je suis capable. Je suis dans ma taverne tout est terne alors qu'avant j'étais si brillant. Mais je dois t'avouer un truc, je dois t'avouer qu'il y a un truc précis qui maintient la flamme qui éclaire encore la taverne et ce truc c'est toi.

     Tu vas vite comprendre à qui je m'adresse, tu vas vite te reconnaître. En fait voilà c'est vrai que je suis souvent misanthrope, pessimiste mais il y a un truc auquel je crois, ce truc c'est toi. Enfin tu n'es pas vraiment un truc, tu ne l'es même pas du tout. Mais tu es tellement de choses à la fois que j'ai du mal à te définir comme une simple femme en fait. Parce que tu es tout sauf simple toi, parce que tu es loin de Nothing Ame toi, parce que tu es loin du coup de foutre. C'est toi le coup de foudre en fait et ça n'a rien d'étonnant. Parce que tu crée le feu sans le feu, mais paradoxalement tu n'as rien d'un orage. Parce que tu es digne d'un petit soleil, tu gommes les nuages, tu peins les arcs-en-ciel et moi je rêve de dépeindre ta vie et d'y jouer un rôle. Alors ouais je sais il y en a plein, plein, plein, plein, plein, plein, plein, plein qui vont dire que tu es loin d'être parfaite. Mais je n'aime pas les filles trop parfaites. Je les trouve imparfaites à contrario des imparfaites qu'elles je trouve parfaites. Parce qu'elles ont des imperfections mais elles les portent à la perfection. C'est ça qui m'intéresse, comment tu portes ton vague à l'âme, tes tristesses, ces petits trucs qui feraient qu'on te déteste mais qui en fait, font qu'on t'adore. Parce que j'adore te croiser un peu partout et voir à quel point tu es inspirante sans même te connaître.

       Parce que la vérité c'est que je ne connais presque rien de toi mais je m'en fous. Je m'en fous parce que tu m'apportes tellement via ce que tu dégages, jamais je pourrais te dire de dégager. Puis tu apportes tellement au monde en général, bah ouais t'es belle mais pas seulement, tu inspires un truc en plus. Tiens tu sais qui tu me rappelles? Tu me rappelles le bonheur, quand je te vois j'ai envie d'être heureux. Mais le plus important c'est que tu sois heureuse. Parce que tu es rare et au final je ne t'ai pas tant croisée que ça dans ma vie ... Sauf que parfois il y a un hic. Ouais parfois tu penses que je veux juste coucher avec toi. Et je ne comprends pas. Mais en soi c'est pas à toi que j'en veux, c'est plus aux autres, aux autres garçons qui ont trop abusé de toi, qui t'ont trop consommée. Aux autres garçons qui ont oublié de refermer la belle petite bouteille de champagne que tu es et qui ont laissé s'échapper trop de bulles, qui ont laissé s'échapper le pétillant qui te caractérise tant. Parce que tu es enivrante comme fille, on oublie tous nos soucis lorsqu'on te regarde. Mais donc pendant que tu penses que je veux simplement te sauter, j'essaye difficilement de sauter le pas.

Parce que j'essaye de semer celles qui n'en ont qu'après la semence, car je n'en n'ai rien à foutre, je m'en bats les couilles. Il a fallu que pendant tant de temps je réfléchisse avec mon phallus malheureusement. Aujourd'hui en faisant ça je suis mal et heureusement j'en ai pris conscience. Donc j'ai laissé tomber, enfin je me suis laissé tomber de mon piédestal duquel tu m'as un peu tiré sans t'en rendre compte via le fil de notre rencontre. Enfin rencontre ... Pas vraiment, donc désormais j'ai décidé de marcher, en attendant de te croiser. C'est peut-être lâche que de ne pas te chercher mais je préfère laisser faire le hasard.

     Mais par contre je suis prêt, je suis prêt à te faire face, je sais quoi te dire. Et je te jure que je ne te dirai pas que tu es belle. Parce que c'est plus que ça, tu es féerique. Ça a l'air enfantin dit comme ça, mais laisse-moi deux minutes tu vas comprendre. En fait quand je te vois je voyage, je suis sûr que si je te suivais j'arriverais au pied d'un grand arc-en-ciel. Tu fais partie de ce rare genre de femmes qui quand on les voit, on a juste envie de les aimer. On a envie que tu nous dises "tu veux que je t'aime ?" auquel nous on répondrait "bah oui aime-moi". De toute manière on serait obligés car te dire oui à toi ça équivaut à dire oui à la vie afin qu'elle nous aime. Puis le contraire? Ce serait faire un adultère à la vie que te dire non et tromper la vie c'est aller embrasser la mort.

       Mais parlons peu, tu comprends que je TE parle maintenant? En fait je te connais pas vraiment, on ne se connaît pas vraiment. Mais en fait tu es quand même la police qui est venue redresser ce texte, qui revient souvent remettre de l'ordre dans ma vie. Souvent je suis dans le tram, à l'école ou en voyage puis les gyrophares se déclenchent dans mon cerveau, il y a une alerte. Je vous appelle les Izia, et bien petite izia on ne se connaît pas forcément personnellement mais quand je te vois, au delà de l'envie de te connaître, bah je reprends foi en l'amour. Parce que nous les garçons on est cons hein ... Alors que vous les filles ... Bah vous les filles vous êtes des fleurs. Vous êtes belles et vous aspirez à vous épanouir. Et nous nous sommes comme des insecticides, en apparence on est là pour vous protéger, vous aider à grandir. Mais en fait on vous tue à petit feu. Et à cause de nous vous vous consommez. La petite flamme en vous elle s'éteint à petit feu. Ça part d'une rencontre où vous nous demandez un briquet puis vous êtes loin de vous attendre à ce qu'on vous brûle entièrement comme une forêt. Parce que nous on est secs, arides comme un terrain qui depuis trop longtemps n'a pas été arrosé par l'amour. On n'y croit plus donc; à la moindre petit étincelle on s'enflamme et si cela ne marche pas on détruit tout, on brûle tout. En somme, nous ne sommes que des pompiers pyromanes, on croit en cette flamme mais à contrario on fait tout pour l'éteindre. Feutaise va ... M'enfin bon, quand je te vois j'ai pas envie de poser le briquet je veux juste continuer à alimenter ta flamme.

Alors tu sais quoi, même si on ne se connaît pas, ce texte :

prends-le pour toi.

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