rupture (conventionnel)

franzzzz

même si
on a l'impression qu'on tient
depuis les noces de coton
je te dis merci

on tournicote, on
se boycotte, on
vit dans un cocon

on tire sur la corde on
se répète qu'il faut qu'on
évite de suffoquer non
faut pas que nous suffoquions

on se fait des reproches
mais notre photo dans la chambre
on l'accroche comme tout le monde

entend comme on s'engueule
jusqu'à ce que la colère raccroche
on a bien vu sur nos gueules 
combien le temps nous amoche

et par faiblesse parfois
éparses on imagine une vie seuls
chacun loin des corvées de vaisselle
on aurait presque envie de se 
dire allez viens on essaye

allez viens on se barre
sans qu'aucune assiette ne s'ébrèche
allez viens on se barre
et on se bat en brèche

tu sais on peut être fiers
que le dimanche ait un gout de brioche, oh !
j'aime ces dimanches surtout l'hiver
quand il faut que l'on reste au chaud.

tu sais quand je ne trouve pas le sommeil
je me refais sans cesses
ces nuits de septième ciel
mais jamais celles où
l'on a dormi tête bêche

allez viens on se barre
sans qu'aucune assiette ne s'ébrèche
allez viens on se barre
allez viens on se bat en brèche

nous on n arrive pas a couper ce cordon
alors on se couche ou on se coche
des listes de courses ou
le programme des mioches

sur des post it on se scotche
des je t'aime et des je t'ai mis
un jeton de caddie dans le vide poche
même si

on a l'impression qu'on tient
depuis les noces de coton 
je te dis merci

Comme si on avait passé l'accomplissement
On dérive comme des continents
Notre couple a perdu de son piment.
c'est donc cela l'assombrissement ?

on se comprime en se compliquant
On se pique de compliments,
un sourcil et son plissement,
une bouche et son bruissement

quant on veut s'aimer a tout prix, ce manque
se moque que l'amour ait tout pris,
seulement
on ne peut pas tout donner,
tout prendre et inversement.

on s'est endormi dans un bercement.
Faut-il qu'un père se mente
pour ne pas voir que l'amour qui l'a fait grandir
se dégonfle dans un percement ?

on ne se marie, on ne s'amarre qu'à marée haute.
les corsages et les belles robes,
celles que les mariées montrent,
se lassent vite des maris aimant.

Depuis l'échange des vœux et ses serments
Depuis l'ouverture du bal
celui ou l'on dansait si mal,
nécessairement,
L'amour se meurt intensément.

On a beau rapiécé l'usure
elle et la routine se sont mises à rôder
et malgré les vieux mots doux qu'on se susurre
l'euphorie s'est érodée.

Un apéro, l'un après l'autre
à croire que l'ivresse prévaut
peut être même quand la haine rôde.

Derrière mes yeux d'émeraude.
je crois bien que je t'aime trop…

 

 

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