Sexy Skype

marinemine

Sexy Skype

20H30. Enfin l’heure ou j’allais pouvoir skyper avec Matthieu, se dit-elle.

La journée lui avait parut longue. Depuis deux mois qu’elle était partie en stage à Prague, Lisa n’avait pu voir son copain qu’une seule fois lors d’un weekend en famille dans la maison de vacances de ses grands-parents. Ils n’avaient pas vraiment pu se retrouver, notamment à cause de sa petite cousine de 4 ans qui ne connaissait pas le mot « intimité ». Perchée dans un monde imaginaire de princesses et de chevaliers, elle avait été séduite par Matthieu dès leur présentation ; elle entrait donc sans prévenir dans leur chambre, les regardait tous deux avec l’air admiratif qu’ont parfois les jeunes enfants envers leurs aînés, puis bégayant de timidité matinée de curiosité, leur demandait s’ils s’étaient rencontrés au bal, quand ils allaient se marier et avoir pleins d’enfants… Ils n’avaient donc pas pu laisser libre cours à leur envie de se retrouver physiquement, craignant que la porte de la chambre s’ouvre à tout moment sous les coups de pieds excités de la gamine. Heureusement que la sauvage Belle-Île, plutôt désertée à cette période de l’année, offrait aux jeunes amants un paysage tourmenté, avec rochers et dunes comme parfaits refuges pour de rapides mais non moins intenses étreintes.

20h45. Le manque se faisait cruellement ressentir pour Lisa. Heureusement, elle et Matthieu essayaient de skyper le plus souvent possible. Ils s’observaient sur leurs écrans respectifs avec les vidéos lentes et saturées proposées par leurs webcams, et se racontaient leurs journées dans une tentative un peu vaine d’atténuer les kilomètres. Depuis quelques temps, ces petits moments d’affection on-line ne suffisaient plus à Lisa. Ce qui lui manquait, c’était l’odeur enivrante de la peau de Matthieu, la sensation de son corps fort contre le sien, de ses lèvres douces sur sa bouche, puis sur son cou et sur son ventre pour enfin s’attarder sur… Son imagination vagabondant, une douce chaleur partit de son entre-jambe et commença à lui irradier le ventre. Elle bondit de son lit, enleva prestement son débardeur de coton et s’empara de son appareil photo. Après quelques fous rires et essais infructueux d’étirer ses courts bras pour avoir une prise de vue correcte, elle finit par choisir une photo qui mettait assez en valeur ses jolis seins. Elle l’envoya par mail à Matthieu, accompagnée du message suivant :

« En attendant avec impatience tes caresses,

Affectueusement,

Mes seins. »

Elle espérait qu’il entrerait dans ce jeu érotique peu original mais dernier refuge des couples séparés par plusieurs frontières.

21h30. Matthieu ne se connecterait sans doute pas ce soir. En attendant les clichés affriolants de ce corps tant désiré, elle alla sur un site porno gratuit, choisit comme à son habitude la catégorie « anal », dont les vidéos l’excitaient plus que les autres sans qu’elle se l’explique, lança un film au hasard, et caressant son clitoris avec  l’index et le majeur, se donna un orgasme rapide, qui bien que frustrant, lui permit de s’endormir.

Le lendemain, elle ne préféra pas consulter ses mails perso au boulot, appréhendant comme espérant des images NSFW. Le risque était important puisqu’elle travaillait dans un open-space bondé, sur un bureau dos à la porte d’entrée !

En rentrant chez elle, elle décida de faire durer le plaisir de l’attente encore un peu et prit un gouter de churros mitonnés par sa coloc’ espagnole. Katty était une coloc’ parfaite sur presque tous les plans. Un détail cependant rendait la cohabitation difficile pour Lisa, il s’agissait de la vie sexuelle très active de la jeune catalane. Régulièrement les boules quies qu’elle s’enfonçait dans les oreilles ne suffisaient pas à camoufler la jouissance de Katty et de ses partenaires, laissant la jeune fille encore plus seule face à sa sexualité mise entre parenthèses forcées.

18h30 : Elle monta les escaliers du duplex quatre à quatre, se lova dans son lit, alluma son ordinateur, et patientant pendant que son antique machine revenait doucement à la vie, s’allongea sur le dos, et regarda les nuages voguer dans le ciel à travers son velux.

Son PC enfin allumé, elle vit qu’un mail de Matthieu l’attendait. Y était jointe une photo de lui allongé lascivement sur son lit, sa bouche bien dessinée ramassée en une moue boudeuse. Il était encore plus mignon que dans ses souvenirs. Elle enregistra la photo dans ses documents puis elle envoya ses vêtements à l’autre bout de la pièce. Elle pesta encore une fois contre l’ancienneté de son appareil photo, qui ne possédait pas de retardateur, et se contorsionnant comme elle put, obtint un cliché correct de la chute des ses cheveux bruns sur le galbe prononcé de son dos, laissant apercevoir la naissance de ses fesses. Satisfaite, elle  l’envoya à Matthieu. Cette fois il ne tarda pas à lui répondre ; sur une nouvelle photo de lui, il se tenait assis, les mains placées devant son sexe, laissant uniquement à l’admiration de Lisa son torse bronzé et délicatement musclé. Son message, nargueur :

« Excite-moi si tu veux plus. »

Lisa voulait plus. Elle lui envoya d’autres photos de son anatomie, auxquelles il répondit par des clichés de la sienne. Lisa décida de faire monter les enchères. S’allongeant sur le dos, elle descendit sa main droite sur son mont de Vénus, se caressa doucement les lèvres et pris une photo qui laissait juste deviner l’activité à laquelle elle était en train de s’adonner. Mail envoyé. A peine une minute plus tard, la sonnerie bruyante de skype interrompit ses caresses. Elle cliqua sur le bouton vert.

- T’es trop excitante, clama Matthieu !

Sur l’écran de Lisa apparut le sexe dressé de son amant. Elle creva d’envie de parcourir avec sa langue sa verge, de prendre dans sa bouche chacune de ses testicules puis et de le sucer jusqu’à ce que son sperme sucré et collant lui remplisse la bouche. Elle lui fit part de ses pensées.

- Ca me parait pas mal, mais je préférerais que tu prennes ma queue dans tes mains, puis que tu me montes dessus et que tu l’enfonces dans ta chatte bien mouillée. Là je m’allongerais et je te regarderais onduler des hanches, la tête rejetée en arrière, et je ferais glisser mes mains de tes doux seins dressés sous mes caresses jusqu’à ton pubis ; je lécherais mon pouce pour le lubrifier et je ferais des cercles doux, puis de plus en plus fort sur ton clitoris, jusqu’à ce que tu t’écroules sur moi, transpirante et haletante.

Lisa était en effet transpirante de désir, elle se caressait en suivant la description de Matthieu imaginant que les doigts de son amoureux  agissaient. Elle ralentit cependant le rythme, désireuse de faire durer le plaisir et elle enchaina, passant du conditionnel utilisé par Matthieu au présent, tant ce sexe virtuel lui paraissait réel.

- D’accord. Toi tu n’as pas encore joui, ta queue est  très dure. Malgré mon orgasme, j’ai encore envie de toi, mais d’une autre manière, alors je me mets à genou, la tête sur le lit, les jambes écartées et les fesses hautes. Tu commences à me les caresser, puis avec tes doigts tu passes de ma vulve à mon anus, pour amener la mouille de ma chatte à mon cul.

Lisa se surprenait elle-même d’employer des paroles aussi crues. C’était très excitant de mettre des mots sur des choses que d’habitude elle se contentait de faire. Ces discussions sur skype lui ouvraient une nouvelle dimension. Elle avait l’impression de se dépuceler une seconde fois, des années après la première. Au lieu de rompre son hymen, elle déliait sa langue. Elle découvrait la sensualité des paroles contre celle des caresses, le plaisir de parler contre celui de faire. Elle continua :

- Ensuite, tu m’enfonces un doigt dans les fesses et tu fais des vas et vients, puis tu ajoutes un deuxième doigt et une fois que mon anus est bien dilaté, tu en lèches les pourtours et tu glisses ta langue à l’intérieur…

- À mon tour, l’interrompit Matthieu, l’air plus excité que jamais. À ce moment là je me relève, dressé sur mes genoux, je rapproche mon bassin de tes fesses, et j’introduis doucement ma queue en toi, puis je vais de plus en plus vite, de plus en plus fort, et j’explose dans tes magnifiques fesses.

Chacun se tut derrière son écran, se concentrant sur le plaisir intense qui s’emparait de leurs corps, laissant monter puis se déchainer de puissants orgasmes.

-T’as joui ?

-Oui, et toi ?

- Oui. Je t’aime.

- Je t’aime.

Après cette soirée torride, la vie pragoise de Lisa suivit son cours. Boulot, découverte de la ville, sport, sorties culturelles, soirées, rencontres, et, bien sûr, appels avec Matthieu. Une semaine s’était écoulée depuis leur skype-sexe et le charme de cette relation virtuelle s’était rapidement éteint. Les conversations routinières avaient pris la place de ces fantasmes partagés laissant la distance opérer son lent travail d’éloignement autant géographique que sentimental. Lisa se faisait tristement ces réflexions sur son chemin vers la maison, quand elle fut interrompue par un chanteur de métro qui entonna un petit refrain en tchèque. Comme à son habitude, elle se concentra pour essayer de comprendre quelques mots dans cette langue si compliquée. Absorbée, elle se rendit soudainement compte qu’elle était à son arrêt et se jeta de justesse entre les deux portes se refermant presque sur ses fesses.

L’appart semblait vide. Katty devait être chez son nouveau mec. Lisa monta mollement vers sa chambre, craignant déjà d’allumer son ordinateur pour découvrir 0 nouveaux messages sur sa boite mail, comme 30 minutes auparavant au bureau.

Elle vit tout de suite que sa chambre semblait avoir été redécorée, des photos en tapissaient les murs. Elle se rapprocha et se rendit compte qu’il s’agissait des photos d’elle et de Matthieu, certaines aguichantes, certaines à forte tendance érotique, voir pornographique.

- Surprise ! cria Matthieu en jaillissant de sous la couette, nu comme un verre.

Lisa hurla de peur, puis de bonheur et se jeta dans les bras de Matthieu encore plus vite qu’elle avait sauté du métro. Il l’embrassa longuement puis la déshabilla sans ménagement, lui murmurant son désir à l’oreille. Il s’éloigna un instant pour la regarder, lui prenant le visage entre les mains et il se tourna vers son sac de voyage d’où il sortit une cravate qu’il noua autour des yeux de Lisa.

- Ah non, protesta-telle, sans grande conviction, je veux te voir moi !

Pas de réponse de Matthieu, qui l’allongea sur le lit, lui maintenant les mains vers le haut. Elle sentit sur ses poignets le contact soyeux d’une matière qu’elle ne connaissait pas, puis entendit un clic qui ne lui laissa plus de doute sur les projets de Matthieu. Il commença à lui mordiller les lobes d’oreilles, ce qui eut pour effet immédiat de rendre sa chatte toute humide. Elle prit une grande inspiration et reconnut avec enchantement l’odeur de Matthieu, un mélange de sueur, de savon et de crème hydratante pour homme, et elle lui chuchota :

- Je suis trop contente que tu sois là, tu m’as trop manqué.

- Moi aussi ma chérie.

De son oreille, il descendit vers ses seins, qu’il parcouru avec sa langue en cercles se rapprochant de plus en plus de ses tétons. Il se mit à les lécher. Malgré ses bras immobilisés, Lisa se tortillait de plaisir. Elle se sentait très excitée d’être livrée ainsi à Matthieu, mais elle voulait tout de même garder un petit pouvoir.

- Mords-moi, lui ordonna t-elle.

Il s’exécuta, lui mordillant les seins de plus en plus fort, ce qui la fit gémir autant de douleur que de plaisir. Il s’arrêta, et quelques secondes plus tard Lisa sentit des grandes et douces mains lui remonter le long des cuisses et un soudain coup de langue sur son clitoris la fit tressauter. Tout en continuant de lécher le clitoris et les lèvres de Lisa, Matthieu introduisit un doigt dans son vagin. C’était si bon… Elle cria en sentant les vagues de plaisir se rapprocher les unes des autres en même temps que les coups de langues et de doigts se faisaient plus rapides. Matthieu s’arrêta de nouveau. Un peu déçue mais impatiente, elle avait tous les sens en alerte pour essayer de deviner la suite des opérations. Soudain une masse douce vint lui caresser la joue, et se positionna à l’entrée de ses lèvres ouvertes de désir. Elle leva légèrement la tête, sortit sa langue et commença à parcourir la queue de Matthieu, comme elle l’avait fantasmé une semaine auparavant. Elle prit ensuite la verge dans sa bouche et commença à faire des allers retours en jouant avec sa langue sur le gland. Elle entendit sa respiration s’accélérer.

-Continue.

Elle s’exécuta, retrouvant avec délices les sensations d’antan, ne regrettant que le manque de ses mains pour accompagner le mouvement de sa bouche. Matthieu se retira brusquement, s’allongea sur Lisa et  l’embrassa aussi tendrement que fougueusement. Il introduisit tout doucement son sexe dans celui de Lisa. Ses mouvements de bassin se firent cependant de plus en plus puissants et rapides. Lisa lui planta ses ongles dans le dos. Elle lui enserra les jambes dans les siennes. Elle se perdit dans ses bras. Elle se laissa submergée par l’extase. Lorsqu’il sentit qu’elle avait atteint l’orgasme, il se laissa lui aussi conquérir par le plaisir et jouit en Lisa. Après avoir libérée Lisa de ses menottes de fourrure et de sa cravate, Matthieu la prit dans ses bras et ils restèrent ainsi silencieux quelques minutes, l’un dans l’autre, pour faire durer ce moment d’osmose aussi longtemps que possible.

- Tu me fais découvrir Prague ? lança soudain Matthieu

- C’est parti.

Ils se rhabillèrent en se chatouillant et alors qu’ils sortirent de la chambre en courant, ils tombèrent sur Katty qui les regarda avec un grand sourire, le pouce levé vers le plafond.

Lisa en resta ébahie.

- Tu étais là !?!

- Comment crois-tu que j’ai organisé ce super plan surprise ? lui souffla Matthieu, la prenant par la taille. C’est elle qui m’a ouvert.

- Oui, répondit Katty hilare, je crois qu’on est quittes maintenant!

Lisa éclata de rire, prit Matthieu par la main, et l’entraîna dehors, pour continuer leur concours de quicky dans les patrimoines mondiaux de l’Unesco. Mais ceci est une autre histoire.

Mina

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