Sur les genoux de...

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Histoire vraie...

sur les genoux de...

Pawel Reklewski

Des genoux d'une femme iranienne à ceux d'une épouse d'ambassadeur africain quelle différence ? L'age bien sur, l'une cousait des cahiers avec ses copines, sous une toile de tente, sur le trottoir contre le mur du jardin de la villa que notre petite famille occupait en Iran, à Rasht. Je m'étais sauvé de chez moi pour explorer la rue, moi le petit blondinet, le petit étranger qui apportait le sourire dans cette rue qui m'attirait et qui faisait de moi l'explorateur des premiers câlins de femmes iraniennes ; soixante années après j'y pense encore avec une infinie tendresse. À quatre ans on se souvient de la douceur du corps d'une femme, de ses genoux et des mains qui vous y portent, vous qui me lisez ressentez-vous votre épaule qui se blottit entre les seins généreux de cette personne dont la joue se pose sur le petit crane blond paille. Je vous invite à fermer les yeux pour ressentir les petits baisers qui pleuvent sur vous et écoutez les rires des femmes qui vous entourent… Fermez vraiment les yeux là… Chers amis vos yeux sont fermés et par la pensée je vous propose de les ouvrir à nouveau, sinon l'histoire s'arrête à vos rêves d'enfance … Revenez à moi !. Transportons-nous en Ethiopie, là où de riches industriels ont construit un palais pour l'empereur, le Négus… Ce palais fut finalement destiné à recevoir la haute société, les gens d'en haut comme pourraient le dire certains politiques aujourd'hui tombés de leur piédestal. Donc mon père pendant mes vacances scolaires décida de passer deux semaines là. C'était l'époque de la huitième où de la septième, mais j'étais plus vieux que cela, ayant redoublé au moins deux classes ; vous comprendrez que j'étais un soucis pour mes parents, et en plus de cela j'avais oublié de grandir… Explorant de mes courtes jambes le domaine, sur les chemins de poussières les sandales grises de sable, je flânais en rêvassant passant devant les bungalows sans même les voir, les insectes étaient bien plus intéressants que tout le reste. Une voix entra dans une oreille du garçonnet que j'étais, elle traversa ma tête puis sortit par l'autre feuille de choux, je relevais la tête pour finalement fixer mon regard sur une jeune femme africaine qui me parlait en anglais… J'ai répondu poliment à cette dame vêtue de toutes les couleurs : my father is united nations ambassadeur. My husband is Ghana ambassador, come to me please. Et voila j'étais dans la place sans le vouloir


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