SUR LES QUAIS

marie-nat

Il est de ces matins pâles

Uniformément gris

Où tout se fond, se confond

Dans l’enfer de mes nuits.

De cette insomnie, lente agonie

Le doute s’éparpille,

Se distille en mes veines.

Un sentiment nouveau

Frappe, me happe,

S’installe sournoisement.

 Il est là, il m’ épie,

S’étale, tisse doucement sa toile.

Un vent d’Autan souffle sur nos vies,

La pluie martèle les carreaux,

Un large rideau flou,

Me barre soudain la route.

Des gouttes creusent de larges sillons

Et coulent lentement sur mes joues.

Se sentir pourtant en vie,

Avec cette force, comme un soleil,

Cette densité nouvelle

 Au creux du ventre

Et l’envie de suivre ce flot sucré

Des doux changements 

Qui surviennent et me surprennent.

Ligne de vie tatoue mon cœur

En vert de gris

Destin rouge vermillon

Tu traces d’étranges sillons

Soif de moments volés,

Faim d’éternité

Je promène mon âme sur les quais

Paris je t’envie

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