Tendresse

azmilya

Au fond des bois on aperçoit une lumière
Un homme aux abois vit dans sa tanière
Revêtu de son habit d'apparat
Indestructible son coeur bat

Alors qu'il ouvre cette porte
A chaque fois il la croit morte
Les mains dans ses poches, il s'approche
Il s'accroche comme une huître à cette roche

Il la contemple d'un oeil bienveillant 
Son cœur gonflé, l'esprit toujours vaillant
Mais ses yeux sont clos, ses mains repliées
Cette femme dort comme une mer apaisée
 
Jour après jour, nuit après nuit
Il a veillé sur elle sans faire de bruit
Lui apportant tout son amour
Lui chuchotant des mots velours

Cette petite chose qu'il a tant aimé
Gît dans ce grand lit à moitié dévoré
Son corps éteint ne peut bouger
Sa vie soudain s'est embrasée

Cette femme s'est consacrée à lui
Lui a montré le chemin de la vie
Lui a donné tout son coeur
Et tant d'instants de bonheur

Mais ses yeux clos invitent au voyage
L'heure est venue de tourner la page
Sa chevelure orne son visage d'écumes sauvages
Le temps s'est arrêté, désormais elle n'a plus d'âge
 
Alors il se met à genoux
Lui murmure des mots doux
Résigné et alourdit de sa peine
Il prend sa main dans la sienne
 
Puis lentement il tend son bras 
Pour remonter doucement les draps
D'un doigt caresse sa joue si fine
Envoie sa tendresse qui illumine

A travers ses larmes qui coulent
Seul, sans arme il s'écroule
Dépose un baiser d'adieu dans ce sommeil
De longues journées l'attendent sans soleil...

                                      Azmilya

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