Train de nuit

Julien Vigneron

Je n'avais pas demandé le compartiment "dame seule", ne le dites pas à ma mère, elle n'aurait pas aimé ça. Je montais dans le train de nuit Briançon-Paris Austerlitz, un peu après les fêtes de fin d'années. Il n'y avait qu'un homme, dans le compartiment couchette de première classe où je me suis installée. Il avait pris la couchette du haut. Il était assis souriant, habillé simplement mais avec classe. Il m'a gentiment souhaité la bienvenue. Il n'était pas de la vallée, j'en étais sûre, un je ne sais quoi dans ses vêtements, une veste en laine grise avec des torsades, une chemise à carreaux blanc et bleu, un jean neuf. Sans doute un parisien. J'ai glissé ma valise rose sous la couchette du bas, en face de lui. Après 20 heures, dans le froid hiver briançonnais, nous repartîmes vers la capitale. L'homme lisait tranquillement sur sa couchette et parfois jouait avec son téléphone. Je remarquais qu'il avait pourtant une vue plongeante sur mon décolleté. J'espérais qu'il en avait bien profité, mais il semblait beaucoup plus concentré sur son livre, certes un très bon recueil de nouvelles, que sur mes rondeurs.

Vers 22h30, il m'a demandé si nous pouvions éteindre la lumière. Je suis passée aux toilettes, sordides et froides, puis, je suis retournée dans le compartiment couchette, et il a éteint la lumière.

Je me retrouvais sur ma couchette dans le noir. Ici il faisait chaud. Je ne savais pas trop comment m'habiller pour la nuit. Je décidais d'enlever mon jean et de troquer mon pull pour un tee-shirt plus léger. Pendant un court moment, je me retrouvais en sous-vêtement, cherchant à tâtons mon tee-shirt. Mon voisin de couchette ne se rendait pas compte que j'étais en culotte et soutien-gorge là tout près de lui, et pas n'importe lesquels je peux vous le dire. Ca me plaisait beaucoup cette sensation de mystère et de mensonge coquin, et de ne dites pas que c'était de l'exhibitionnisme. C'est à ce moment là, que nous avons traversé une gare. Les lumières orange ont éclairé le compartiment. Je n'avais pas bien fermé le rideau coulissant. Il a levé la tête de la couchette et a pu contempler mes formes, agréables d'après plusieurs dires et ma lingerie, de goût, comme je l'ai précisé. Dans les lumières blafardes de l'extérieur, il a poussé un petit « oh » puis a disparu dans sa couchette. Je me suis donc installée dans la mienne.

J'avais été marié quelques temps à un Italien, moniteur de ski à serre chevalier. Mais je ne supportais plus qu'il continue à décrocher les étoiles et les flocons des sous vêtements des touristes venues faire du ski dans nos montagnes et de glisser sa main ailleurs qu'entre mes montagnes. Je l'avais laissé dans son chalet et j'étais retournée chez mes parents. Il ne supportait pas que je continue à ma masturber après notre mariage. Depuis toute petite, j'avais découvert les joies de la masturbation. Se toucher le triangle, la foufounette, le divertissoire, la minette comme vous voulez, était une activité régulière que je pratiquais partout, à plein de moments inopportuns aussi comme disait ma mère. Je dois vous dire que j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à toucher, me caresser l'amande, mon coquillage, mon clitoris quoi, et me procurer des orgasmes. Ma mère m'a souvent dit de ne pas le faire n'importe où, mais je lui ai de nombreuses fois désobéi à la Mama. Je me masturbais dans de multiples endroits et positions. Avec une peluche chez mes parents, dans les toilettes du bureau après avoir rencontré un beau jeune homme, sous la douche pour faire passer le temps, dans mon lit à 6 heures du matin avec les premières lueurs du jour ou comment bien commencer la journée. Bref vous l'aurez compris, ma chatte et moi nous étions complices, amies et nous entretenions une relation orgasmique basée sur la confiance. Alors c'était vraiment une trop belle occasion de se tripoter, comme disait mon père, dans le train. C'est d'ailleurs lui qui m'avait appris toutes les déclinaisons pour désigner le zinzin.

Je l'avais trouvé mignon avec sa barbe soigné, son style posé, et l'assurance naturelle des parisiens en voyage. Allongée sur ma couchette, j'étais trop excitée et pas assez fatiguée pour dormir. Il n'était ni une raison, ni une, envie, il était un prétexte. Je caressais distraitement la dentelle de ma culotte. Frottant le dessus de mon sexe, je sentais les petits poils sous le tissu. Et me laissant porter par le bruit lancinant du train, je cherchai plus précisément le petit réglisse qui se cachait entre les replis de ma craquette. Je savais qu'il était là, le petit prisonnier, petit zan dur et rond qui attendait qu'on le roule entre les doigts. Je continuais à suivre les rails du plaisir en patinant avec délice sur le coquillage. J'avais l'odeur du réglisse qui me chatouillait les narines, le gout fort et amer du plaisir à sucer. Je pressais doucement la dentelle sur le gimbendaut, ça aurait beaucoup plu à mon père, et sentis la chaleur des forges de nuit à travers le tissu. Je continuais encore et imprégnait ma culotte de la chaude liqueur. Je gardais les yeux fermés malgré le noir absolu du compartiment et sentis d'un coup le plaisir monter en flèche. Je soupirais doucement comme une belle endormie. Puis ne résistant plus, je glissais mes doigts sous le tissu et tournais autour du réglisse pour en extraire une douce euphorie. Je descendis les ourlets de ma vulve pour y trouver le repos lubrique d'un orgasme doux et interdit dans quelques gestes savants. Je soufflais comme une vieille machine à vapeur et remis sagement mes mains sur ma culotte. J'écoutais le bruit régulier du train qui parcourait la nuit et m'éloignait de chez moi et entendis le bruit régulier de la respiration de mon voisin endormi.

Le matin, j'ouvris les yeux presque affolée, ne sachant plus trop où j'étais. Mon voisin déjà réveillé faisait quelques bruits de rangement et pouvait contempler mes fesses qui dépassaient de la couverture. Je la remis en place, presque gênée. Il s'absenta quelques minutes et j'en profitais pour me rhabiller. Nous arrivâmes à Paris tôt le matin, il me gratifia d'un « au revoir, bonne journée » avec un sourire ravi, qui me combla. Quelques semaines plus tard je reprenais le train pour Briançon, sans prendre le train de nuit. Mais je me souviendrais longtemps de cet aller simple vers le divertissement solitaire, mais après tout, ça n'était qu'une jeune femme s'amusant dans un train.

 

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