Une danse qui déborde d'elle-même

Julia Nast

Nos concepts de temps et d'espace sont des idéaltypes, essentiellement subjectifs. D'après Kant, l'espace relève d'une intuition sensible. Les réalités de notre espace commun sont en proie à une morphogenèse en mutation constante. Nous appréhendons l'espace et le temps selon une logique établie sur un postulat commun. Notre perception relève d'une évidence implicite que nous ne remettons pas en cause. 


Merleau-Ponty disait "Loin que mon corps ne soit pour moi qu'un fragment de l'espace, il n'y aurait pas d'espace pour moi si je n'avais pas de corps". Foucault dans sa réflexion sur le corps utopique se situe au plus près de Merleau-Ponty en envisageant le corps comme "La Cité du Soleil : il n'a pas de lieu, mais c'est de lui que sortent et que rayonnent tous les lieux possibles, réels et utopiques."


L'espace n'est pas un contenant dans lequel nos corps contenus progressent, le corps est un pli du plan spatial dont le déplacement modifie le plan. Nous ne sommes pas spectateur de l'espace, nous appartenons à sa représentation. 


Le glissement imperceptible du réel déplace les éléments qui le constituent et le matérialisent.

Des îles se créent et se recréent comme du magma qui remonte à la surface et se solidifie en formes et donne une dimension au monde.

Comme une danse qui déborderait d'elle-même.



  • Très surprenant et aussi très intéressant.
    Le présent n'existe pas : il est tout à la fois hier et demain.
    Question : si l'espace et le temps sont établis sur un postulat commun, n'est-ce pas parce que nous sommes dans le vrai ?

    · Ago 4 months ·
    Coquelicots

    Sy Lou

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