Vacances en famille -23-

aile68

Je me sens comme un soldat qui vient d'accomplir son devoir. Ma réponse à Germain vient d'être postée, une simple missive d'une dizaine de lignes où j'ai insisté sur son avenir que je lui souhaite bon et heureux. J'ai mis un bémol sur le côté douloureux de ces dernières semaines, je lui ai dit que s'il regardait la carte de France dans un dico, cinq centimètres nous séparaient, ce qui équivaut à cinq cents kilomètres. C'était trop pour moi qui avait besoin de le voir plus souvent. J'aurais voulu lui dire de ne pas me répondre mais je ne m'en suis pas senti le droit. Je me dépêche à présent pour remonter chez moi, dehors il fait un froid de canard. Les valises sont prêtes demain c'est le grand départ, mes grands-parents nous attendent avec impatience. Tante Gisèle part avec nous, c'est déjà un peu la fête du coup. La valise avec tous les cadeaux à l'intérieur semble être la vedette de notre voyage, elle trône déjà dans l'entrée, tous les regards se portent sur elle avec une lumière particulière dans les yeux, savourant déjà le moment où les douze coups de minuit résonneront dans la maison,  mon père garde lui, est bien content que l'on parte en train d'autant plus qu'il a gelé sur la neige. A la maison c'est branle-bas de combat, Maman a repassé du linge qu'on a mis dans une grande valise, je vais l'aider à préparer le pique-nique pour le voyage, Marielle joue toujours du piano avant d'en être privée pendant cinq jours, cela dit elle a accepté de prendre son piano à bec, ce qui nous promet de bons moments au coin du feu. Plus de cours pendant ce temps, on va laisser les cahiers, les cartables, j'emporterai seulement un bouquin à lire pour la rentrée, même si je sais pertinemment qu'il restera sur ma table de chevet. Comme pour les vacances d'été on va reformer des tablées bruyantes où tout le monde parle en même temps, ce que j'aime ça, je retrouve mon insouciance et ma gaieté, il fait chaud dans mon coeur et dans ma tête toute à l'envers.

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