VIII.

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J-8.

Installée sur le canapé, les jambes repliées contre sa poitrine, Annie regardait une émission de télé qui ne l'intéressait guère. Elle avait passé son après-midi à attendre que Simon rentre, lui qui l'avait prévenue qu'il finissait plus tôt. Elle avait cherché par tous les moyens une activité pour se divertir, mais en vain. Alors elle s'était étalée sur le canapé, enroulée dans une couverture, une tasse de thé dans les mains. Elle avait longuement hésité à taper le numéro de téléphone de Charles mais avait renoncé, ne trouvant pas la force de lui expliquer comment elle avait eu autant de renseignements sur lui. Donc, elle attendait désespérément que son petit-ami rentre, qu'il puisse l'aider à trouver des explications censées.

Lorsque l'émission de télévision se termina enfin, Annie se dirigea vers la cuisine, avec sa tasse dans les mains. Elle la rangea dans le lave-vaisselle tandis que Simon ouvrait la porte. Une légère brise glaciale se faufila jusqu'à la demoiselle et la fit frissonner.

- Je t'attendais, déclara-t-elle d'une voix claire.

- Tu n'as toujours pas appelé, me trompe-je ? lança-t-il alors qu'il enlevait son manteau et le passait sur le dos d'une chaise.

- Non.

Elle tressaillit légèrement avant de se tourner vers son compagnon. Il avait des flocons dans les cheveux et elle ne put s'empêcher d'en rire doucement. Il s'approcha d'elle en souriant et se laissa aller contre son corps, reposant sa tête sur l'épaule de la demoiselle. Elle frissonna au contact des lèvres de Simon sur sa peau.

- A nous de jouer maintenant, viens-là.

Il la tira avec lui dans le salon, l'obligea à s'asseoir et lui fourra le téléphone dans les mains. Elle lui jeta un regard paniqué avant de taper les différents numéros. Elle pressa le téléphone vert et colla l'appareil à son oreille. Une tonalité. Deux tonalités. Trois tonalités. Un bip incessant résonnait dans le téléphone alors qu'Annie gardait ses yeux rivés sur le sol. Après ça, ce fut une voix enregistrée qui prit la relève. Elle raccrocha doucement, déposa l'objet sur la table basse et se tourna vers Simon.

- Ce numéro n'est plus attribué, souffla-t-elle.

- Essaye les autres. Tu n'as rien à perdre.

Elle prit une grande inspiration et reprit le téléphone. Elle glissa un regard à son compagnon et appela. Elle resta figée sur le canapé, attendant impatiemment de savoir si elle pourrait trouver des renseignements sur Charles. Elle souffla, évacuant une part du stress qui l'étouffait. Annie put profiter d'une chanson d'accueil, ce qui la fit patienter calmement. Lorsqu'une voix féminine emplit le combiné, elle eut presque le souffle coupé.

- Bonjour, je suis Annie.

- Je cherche des renseignements sur Charles, votre frère.

- Et bien, je...je, bégaya-t-elle, je voulais savoir s'il est toujours vivant.

- Et savez-vous où il réside ?

- Merci beaucoup de m'avoir accordé ce temps. Passez de bonnes fêtes de fin d'année. Au revoir.

Elle se laissa aller contre le dos du canapé et se tourna vers Simon. Elle lui sourit faiblement et il lui rendit son rictus. Elle souffla avant de se redresser et de se lancer dans un compte-rendu plus ou moins détaillé pour son petit-ami.

- Elle est la demi-sœur de Charles. La seule chose qu'elle sait, c'est qu'il est rentré de la guerre vivant mais blessé à la jambe, qu'à présent il marche avec une canne, mais qu'il est toujours vivant. Elle ne sait pas où il vit, mais pense qu'on pourrait le trouver dans les pages jaunes avec le nom de famille : BERCLINS.

- C'est un bon début, tu ne trouves pas?

- C'est un bon début. Bien que j'aurai préféré que la tâche nous soit plus facile, je trouve ça excitant de chercher cet homme.

Il ne put s'empêcher de sourire joyeusement. Il trouvait ça incroyable qu'elle se lance dans de telles recherches pour sa grand-mère. Il embrassa son front avant de s'enfuir dans la cuisine et de revenir avec deux mugs de chocolat chaud. Il lui en tendit un et elle l'attrapa, réchauffant ses mains contre la paroi en porcelaine. Lorsqu'il s'assit à ses côtés sur le sofa, elle se lova dans ses bras pour se détendre enfin complètement.

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