We are monsters - Chapitre 17

Alicia Lo

"Je ne suis pas un objet que vous pouvez manipuler." Ai-je prononcé violemment.

Damien a un haussement de sourcils alors que je le fusille du regard. Quand ses yeux plongent dans les miens, un sourire se dessine sur ses lèvres. Qu'est-ce qu'il ne va pas chez lui?

"Viens." Me dit-il tout enjoué ce qui m'énerve d'avantage.

"Non." Ai-je insisté avec détermination.

Son sourire retombe net quand il comprend enfin que je n'ai pas l'intention de bouger. Je suis fière de moi. Mais c'est sans compter sur ses réactions imprévisibles.

Il s'approche dangereusement de moi. Mon corps tremble alors qu'il me surplombe de toute sa hauteur. Je détourne les yeux par peur d'être hypnotisé par son regard magnétique. Ma respiration se saccade, c'est comme si d'un coup, je ne savais plus comment m'y prendre pour respirer. Je sens son souffle qui me caresse. Je suis sous tension.

Son index et son pouce vont chercher mon menton et obligent mon visage à lui faire face.

"Regarde-moi." M'ordonne-t-il d'une voix rauque et autoritaire.

Un frisson me parcourt à l'écoute de sa voix, de son ordre.

Je lui obéis comme un enfant.

Ses yeux noirs plongent dans les miens. Je sens alors un nouveau frisson descendre jusqu'à ma cheville.

Un rictus s'empare de ses lèvres, ses doigts me serrent plus fort, puis il reprend avec fermeté.

"Je viens littéralement de me battre pour t'avoir. Alors si je t'ordonne de venir, tu le fais sans contestation."

Il marque une pause avant de me dévorer du regard et de prononcer des mots qui font vibrer tous les membres de mon corps.

"Parce que tu es à moi."

Un feu embrase le bas de mon ventre et je ne peux plus détacher mon regard du sien alors qu'il fixe mes lèvres intensément. Je ne peux pas répondre, je ne peux plus réfléchir, je ne peux plus penser.

C'est comme si le feu se propageait d'avantage en moi. C'est comme s'il devenait ma gravité et mes lèvres sont attirées inébranlablement par les siennes qui semblent si chaudes.

Il lâche son emprise soudainement et il se recule de moi.

"On y va." Dit-il froidement avant de me tourner le dos et de se diriger vers le vestiaire.

Je reste planté là. Qu'est-ce que c'était?

"Est-ce que ça va?" Me demande Théo.

Je prends une grande inspiration. Même s'il est vrai que ma colère envers Damien s'est arrêtée nette, j'en veux à Théo d'avoir accepter un tel pari. Alors je lui lance un regard noir sans lui répondre et je rejoins le vestiaire à mon tour.

***

Le trajet jusqu'à chez moi se fait sans le moindre mot. Arrivé devant chez moi, il coupe le moteur. La nuit est tombée.

Je descends, j'enlève le casque et lui tend. Comme une idiote, je reste devant lui avec gêne. Je ne sais pas quoi lui dire. Merci?

Il me regarde dans un silence maintenant pesant. Son regard est indéchiffrable.

"Tu t'es battu et tu as fais tout ce cinéma juste pour ça?" Lui ai-je à demi reproché.

Il m'interroge de ses deux billes noires alors je me mords la langue. Est-ce que je viens vraiment d'insinuer que j'en veux plus de sa part?

"Que veux-tu de moi?" Me demande-t-il avec cette expression faciale que je ne comprend pas.

Un frisson me parcourt. Qu'est-ce que je suis sensé lui répondre? "Plus"?

Je pince mes lèvres nerveusement. Comme s'il avait pris ça pour une provocation, Damien descend de sa moto et il me fait face.

"Ne provoque pas quelque chose que tu pourrais vite regretter." Chuchote-t-il en fixant ma bouche.

Ce feu reprend le contrôle de mon corps et je suis à nouveau attiré vers cette source de désir. Ma nuque se courbe lentement pour atteindre ses lèvres. Il en fait de même mais juste avant de les toucher, il entrouvre les siennes.

"Bonne nuit, Mélanie." Me susurre-t-il avant de reculer à nouveau et de repartir avec ce regard froid.

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