2014, l'odyssée de Marchet

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Florent Marchet voit les choses en grand. Après Gargilesse, Rio Baril et Courchevel le multi instrumentiste s'offre un voyage intersidéral et signe une sorte de Space Oddity teinté de pop 80's

On l'avait quitté sur les pistes de Courchevel, on le retrouve ailleurs. Fini Gargilesse, oublié le trip western provincial de Rio Baril. Florent Marchet a pris ses distances avec la planète Terre pour inviter l'auditeur à un trip spatial version 2.0. Ground control to Major Flo ! Dix, neuf, huit… « Le compte à rebours commence, les moteurs sont allumés. » Sept, six, cinq… « Vérifie la mise à feu et que Dieu soit avec toi. » Quatre, trois, deux, un. « Décollage ! »

De la poudreuse savoyarde version cinq étoiles à la stratosphère, le style a peut-être évolué mais le fond, lui, reste inchangé. Il y est question de rêves d'enfant trahis, d'une société que le progrès a déshumanisée.
En racontant la fuite d'un homme du XXIe siècle vers une galaxie lointaine, le Berrichon accouche d'un concept album aliéné, parfois hypnotique (Alpha Centauri) où le bonheur est bien réel mais quelque peu artificiel (Ma particule élémentaire).

« Je crois qu'il est l'heure de quitter ce monde menteur », clame le personnage central dans Space Opera, pièce totalement déjantée, profession de foi d'un disciple à son gourou et, occasionnellement, moment fort du disque avec Héliopolis et surtout le sublime titre éponyme que n'aurait pas renié Souchon.


Avec cette épopée pop teintée de new wave, de synthpop et d'électro, Florent Marchet n'hésite pas à prendre son public à contre-pied mais le jeu en vaut largement la chandelle.
Contrôle terrestre au Major Flo : « Mission accomplie ! »

(9/10)

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