David Gilmour et la cave aux trésors

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Sans tourner complètement le dos à ce qu'il a pu faire avec Pink Floyd, David Gilmour offre avec On an Island le travail le plus personnel de sa carrière

Les vins de garde ont besoin, selon la qualité de leur millésime, d'un certain nombre d'année pour délivrer leur potentiel. Le temps travaille en leur faveur.

Le cas est similaire en musique. Certains albums se bonifient avec les années. Chez le Floyd, The final cut reste probablement l'exemple le plus significatif.

En solo, David Gilmour n'a jamais réussi à sortir l'un de ces crus. Liquoreux, son premier effort éponyme avait beau être léger et aimable, il n'en manquait pas moins de personnalité. About face, quant à lui, s'est avéré d'emblée plat, sans le moindre éclat.
Sans doute, après cela, Bacchus Gilmour s'est-il mis au défi de faire mieux à l'avenir. Que pour y parvenir, il lui faudrait du temps.

Les spécialistes disent d'un Château Pétrus qu'il s'agit d'un vin d'exception. Que lorsque l'on en porte un verre à nos lèvres, une caresse d'une infinie douceur vient se poser sur nous, là où l'on s'attendait à recevoir une claque.

Tel un Pétrus, On an island est élégant. A l'image d'un The Blue langoureux, du magnifique Pocketful of stones ou de la chanson-titre, forte de ses harmonies vocales. Tel un Pétrus, On an Island est sensuel (Where We Start) et parfois timide (Smile).

Voilà un disque qui offre de rares moments de rêves à qui sait le décomplexer. A qui lui laisse le temps de libérer ses arômes. Gilmour décante ainsi le fruit de ses vignes. Un labeur qui lui aura demandé 22 années et permis de gagner cette qualité propre aux plus grands : l'aptitude au vieillissement.

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