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hysteriamotion

Tu m'as tué.

Un bruit sourd me réveille. Mon cerveau se met en alerte avant que je comprenne ce qu'il vient de se passer. Le brouillard tourne encore autour de mon lit. Les rayons du Soleil commencent à pénétrer dans ma chambre. L'odeur qui m'entoure est bizarre, je ne l'ai jamais senti auparavant dans ma chambre, ni nul part ailleurs. J'aimerais me recoucher mais quelque chose m'en empêche. Quelque chose est en panique en moi. Je m'assois dans mon lit, j'attrape ma bouteille d'eau. Elle est vide, mais je me rends compte que ce n'est pas la soif qui m'appelle. Je regarde autour de moi, rien n'a changé, tout est à sa place, je n'arrive pas à lire l'heure sur mon réveil, mes yeux ne se sont pas encore adaptés à la lumière. J'observe ma chambre tout en tentant vainement de me réveiller. Je n'y arrive toujours pas, j'ai l'impression de me réveiller d'un coma, je me sens lourde, pressée par la moindre chose qui m'entoure, seule l'envie de fuir me possède. Un sentiment d'insécurité règne dans cette pièce, comme si tout pouvait s'écrouler d'un moment à un autre, comme un château de carte en plein courant d'air. Fébrile, oui, je crois que c'est le mot qui décrit le mieux à l'instant mon état.

Je ne me souviens plus de ce qui m'a réveillé. Je réfléchis. Je ne trouve pas. Je ne sais même pas quel jour on est. Samedi peut être, ou bien dimanche. Je dirais plutôt mardi. Je me rends compte que je n'arriverais pas à me rendormir, je pose les pieds par terre, j'avance de quelques pas. Je me regarde dans le miroir un instant pour essayer de dompter ma crinière sauvage. Rien n'y fait. Je me rends compte que je suis en nage pourtant j'ai froid, même très froid. Le contact du carrelage froid ne fait qu'accentuer ma sensation, je décide de me couvrir un peu. Je fais demi tour et me dirige vers le tas de vêtements qui jailli sur le sol. J'attrape un pull blanc et je le passe par la tête. Je suis toujours aussi gelée, je me résous à sortir de ma chambre dans l'espoir que le reste de la maison soit plus chaud.

J'ouvre ma porte, j'avance dans le long couloir, je rentre dans la cuisine et rien n'est préparé. Je ne comprends pas, il aurait dû préparer le café comme tous les matins. Sans doute a-t-il été pressé par le temps. Je mets la cafetière en route, je prépare mes deux sucres et mon jus d'orange, rien n'avait bougé depuis la veille au soir, je trouve vraiment cela bizarre. Un doute me prend, je décide d'aller voir dans sa chambre, peut être avait-il oublié de se réveiller, ça lui est déjà arrivé déjà quelques fois, son patron lui a donné quelques avertissement auparavant. C'est en arrivant devant sa porte fermée que je me souviens de ce qui m'a réveillé. J'entre en trombe dans sa chambre. Du sang. Du sang partout sur les murs. Du sang partout sur le sol. Je ne le vois pas. Je fais le tour du lit en marchant dans l'hémoglobine imbibée dans la moquette, il est par terre. Je ne le reconnais même pas. C'est une véritable vision d'horreur. Le sang continue de s'écouler. Je ne comprends pas, je l'ai vu hier, il a ri avec moi, nous étions heureux ensemble. Soudain, tout un tas de questions viennent me submerger, pourquoi ? Cela était-il à cause de moi ? Qu'avais-je fait ? Était-ce volontaire ? Depuis quand avait-il l'intention de le faire ? Je m'énerve contre moi même. Tout est de ma faute. Je ne sais pas quoi faire, je hurle, je pleure, je cris, je maudis, je prononce des injures, je rigole nerveusement. Je sais que rien n'y fera, je ne peux pas faire marche arrière.

Je me lève, je suis couverte de sang, le pull que j'ai enfilé plus tôt n'est plus de sa couleur naturelle, le temps que je le prenne dans mes bras, mon pull avait absorbé le sang qui l'a si vite recouvert. Mes jambes nues sont elles aussi pleines de sang. Je traverse la chambre, puis le couloir, je n'arrive plus à avancer et m'écroule par terre. Les larmes montent jusqu'à mes yeux, j'éclate en sanglot, je ne supporte pas de voir mon corps enduit de son sang. Je me déshabille, je vais jusqu'à la salle de bain, je rentre dans la douche et allume l'eau. Je ne tiens même pas sur mes jambes. Je sors et attrape une serviette que je noue autour de ma poitrine. En marchant calmement je gagne le salon. J'attrape le téléphone, tape le numéro de la police et prononce ces quelques mots: « Mon père est mort, venez le chercher. »

Les cauchemards reviennent et reviendront.

_ Ma puce, tu peux aller chercher le miel s’il te plait ?

_ Oui maman, j’y vais.

Anna laissa le charriot dans l’allée et parti vers le rayon où se trouvait le miel. Elle prit un pot et fit demi-tour mais un homme était au milieu de l’allée et lui barrait le chemin. Il était très grand, des cheveux grisonnants, des yeux verts, un teint blafard. Il portait un jean et un t-shirt sale.

_ Vous ! Je vous reconnais ! Vous n’arrêtez pas de me suivre depuis mon anniversaire, où que j’aille vous y êtes. Qui êtes-vous ?

_ Tu ne me reconnais pas ma belle Anna ?

_ Bordel, comment vous savez mon prénom ? Vous êtes qui ? Vous êtes flippant ! Dégagez de là !

_ Enfin, Anna, c’est moi, Marc.

_ Bah tant mieux pour vous. Je ne vous connais pas ! Laissez-moi tranquille. Je vais prévenir la police.

L’individu devenu rouge et fit tomber une étagère de boîtes de conserve qui était à côté de lui. Anna cria et parti en courant. Elle rejoignit sa mère en lui expliquant ce qui venait de se passer.

_ Maman ! J’ai peur, il connait mon nom et tout. Viens, on part, vite !

Soudainement, des coups de feu ont retenti dans la supérette, on entendit des femmes et des enfants crier. Anna tira sa mère à terre, cette dernière commençait à sangloter.

 _ Maman, je t’en supplie, sors nous d’ici, j’ai peur.

 _ ANNA ! ANNA ! ANNA ! Cria l’homme. VIENS-LA ! MAINTENANT !

_ Non chérie, n’y va pas ! Chuchota ma mère. Reste avec moi !

_ ANNA ! Je tiens un enfant dans mes bras, si dans 10 secondes tu n’es pas là, je vais le tuer, une belle balle dans le crâne.

On entendit un enfant pleurer et sa mère crier. Anna se releva.

_ J’arrive, ne lui faites pas de mal !

Quand Anna arriva devant l’homme il relâcha le petit garçon qui courra dans les bras de sa mère.

_ Qu’est-ce que vous me voulez ?

_ Je te veux Anna.

_ Pardon ? Mais pourquoi moi ? Je ne vous ai jamais vu avant que vous me suiviez partout !

_ MARIE ! Viens-là et explique à ta fille qui je suis !

La mère d’Anna arriva en pleurant.

_ Marie, tu me reconnais toi ?

_ Oui…

_ Qui est-ce que je suis ?

_ Personne.

_ Tu te fiches de moi ? Hurla l’homme.

_ Jamais je ne lui dirais, tu es bien trop fou pour ça.

L’individu entra dans une rage folle, fit tomber tout ce qu’il se trouvait à sa portée, s’approcha de Marie, la frappa avec son pistolet et cracha sur elle. La mère tomba à terre et Anna se jeta sur elle en pleurant tandis que des voitures de police et une ambulance se garaient devant le magasin. Des policiers en sortirent avec leurs armes à la main.

_ Maman, ça va ? Qui est ce type ? Dis le moi.

_ Je ne peux pas.

_ Mais pourquoi ?

_ Est-ce que tout le monde va bien ? Cria un policier en entrant.

_ Ma mère est blessée ! Répondit Anna.

De nombreux policiers entrèrent et vérifièrent les lieux.

_ L’endroit est sûr ! Hurla un policier.

Des ambulanciers coururent vers Marie.

_ Attendez, où est parti l’homme avec le flingue ? Demanda Anna aux policiers.

_ Il a dû partir en nous voyant arriver, répondit l’un d’eux. Ecoutez-moi tous, vous êtes maintenant en sécurité, ne vous inquiétez plus, tout va bien ! Nous allons vous poser des questions un par un pour savoir ce qu’il s’est passé et pour avoir un portrait de l’homme en question.

_ Emmenez ma fille loin, très loin ! Cria Marie en suppliant. Je vous en prie, elle est en danger, aidez-là !

_ Tout va bien Madame, l’homme est parti, vous êtes en sécurité, dit calmement un ambulancier.

_ Mais vous ne comprenez pas, cet homme veut ma fille, il ne lui fera jamais de mal, mais il veut l’emporter loin de moi, il va la prendre, il va recommencer, il l’a déjà fait à sa naissance.

_ Mais pourquoi Madame ?

Marie tourna la tête et regarda sa fille dans les yeux.

_ Cet homme est ton père.

Arielle.

Moi, c’est Adam, j’ai 8 ans. Mon pire ennemi, c’est Lucas, 12 ans. C’est la guerre parce qu’il veut nous piquer la seule belle fille du quartier, Arielle. Vous voyez, dans notre quartier, il y a deux clans, les petits bourges, et nous, les pauvres.

Bon, je vais vous présenter Arielle et vous comprendrez pourquoi on est tous amoureux d’elle. Déjà, c’est la seule fille et puis elle blonde. Mais, genre, blonde comme le Soleil, comme le blé dans les champs, comme les pissenlits, et puis elle a cette façon d’attacher ses cheveux avec sa petite natte… Elle a les yeux bleus comme la mer, comme le ciel, on a envie de plonger dedans. Elle, elle n’a jamais été amoureuse d’aucun garçon, mais moi toutes les nuits je rêve d’elle. J’ai décidé que plus tard on aura sept enfants, Lucile, Simon, Jérémy, Mickaël, Cindy, Camille et Sarah. Deux chiens, Peter et Médor. Et puis, je serais super méga riche, comme ça Lucas il sera super jaloux de moi.

Avec Arielle et moi on est six dans ma bande. Moi je suis le leader, je m’occupe un peu de tout. David lui c’est le rigolo. Tom c’est celui qui trouve tout ce qu’il nous faut, si le lundi vous lui demander de vous trouver des pétards multicolores, le mardi vous les faites péter. Raphaël et Alexandre sont frères jumeaux, le premier c’est l’intello et le second c’est le costaud. Autant dire que notre bande est super respectée à notre école.

La bande de Lucas je vous la présente pas, on s’en fou, et puis je la connais pas vraiment en fait.

Revenons à l’essentiel, ils veulent nous piquer Arielle alors on va leur déclarer la guerre ! Dans exactement… 3, 2, 1, 0 !

On est venu sur leur terrain, leur terrain de jeux, nous on avait pas le droit d’y aller.

_ A l’attaaaaaaaaaaque ! Dis-je en criant.

Les 4 autres sont allés botter le cul à ces bourgeois, ils étaient que trois. Ils sont tout de suite partis dans leurs maisons alors nous on est retourné sur la place où y a le marché tous les mardi matins, c’est le seul endroit où on a le droit de jouer ensemble. On a pas attendu dix minutes que la police débarquait avec des parents bourgeois pas contents. Bien sûr, ils ont parlé à nos parents, en disant qu’on était des monstres, des chenapans, des voleurs, des voyous. Moi je comprends pas trop pourquoi ils disent ça, après tout c’est Lucas le voleur. On a été obligé de rentrer chez nous, alors là je vous dis pas comment mon père m’a engueulé.

_ Non mais ça ne va pas Adam de faire ça ! On ne doit pas se faire remarquer, on doit être exemplaire, il ne faut pas faire de chose comme ça, c’est leur donner le bâton pour se faire battre !

_ Mais Papa ! Lucas veut nous piquer Arielle.

_ Le problème est Arielle donc ? Eh bien, tu ne la verras plus, je ne veux plus d’ennuis de ce genre. Je ne veux pas qu’on se fasse arrêter demain à cause de ça. Tu n’es qu’un enfant mais il y a des choses que tu dois comprendre. Nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons.

_ Mais Papa !

_ Il n’y a pas de « mais » Adam. Va dans ta chambre.

Alors j’y suis allé, j’avais pas trop le choix alors je me suis allongé sur mon lit et je rêvais d’Arielle et de son visage. Vers minuit j’ai entendu du bruit dans la chambre de mes parents alors je suis allé voir. Il y avait des hommes qui tenaient mon père, d’autres sont arrivés pour prendre ma mère qui se débattait et hurlait. Un homme me prit par le bras et me tira dehors. Sur la place au marché j’ai retrouvé toute ma bande et leurs familles. Quand nos parents demandaient ce qu’il se passait, les policiers répondaient que nous allions au Vélodrome d’Hiver, je sais pas ce que c’est, j’en ai jamais entendu parler mais je m’en fiche parce qu’on y va tous ensemble, et surtout parce qu’Arielle vient aussi.

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