Au clair de ta lune

menestrel75

« Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant… »
Merci, Ronsard, qui me rappelle l'envie, très chère Ariane, de te regarder au coin du feu de tes yeux…
Une chandelle, une plume, de l'encre…
Pas de papier. Toi. Nue. Un soir, ou en plein jour, juste dans la pénombre des désirs passés, sur ta peau, j'écrirais les mots.
Le mot « tendresse », je l'écrirais au creux de ton cou, là où j'enfouirais ma tête, les soirs de tempête ou les matins gris…
Sur tes épaules, je laisserais l'encre révéler à ta peau le trouble qui s'empare de moi
chaque fois que mes baisers s'égaraient à cet endroit.
J'écrirais aussi ma faiblesse quand tu n'es pas près de moi pour te protéger…
Peut-être oserais-je aussi y écrire la morsure que je refoule si souvent…
Le canevas de ton dos sera marqué par la fougue et la passion,
celles-là même que tu m'inspirais quand tu étais encore là…
Tu es ailleurs. Pas loin. Mais sur une autre comète.
Tu as oublié les promesses que je t'avais faites.
Tu les as oubliées
ou tu ne les as pas crues. Ce n'était pas de l'incrédulité.
C'est si facile de ne pas croire l'invraisemblable.
C'est si facile, voire dérisoire, de balayer d'un revers de jalousie irraisonnée
ses propres faiblesses, ses propres erreurs.
Tu as oublié tous ces mots que j'envoyais à ton âme.
Le mot « caresse », je le tatouais dans mes paumes ouvertes, pour n'oublier jamais ce pourquoi elles sont faites.
Pour que toujours, tu te rappelles qu'elles ont la forme de tes hanches, de ton sexe, la forme de tes fesses…
Pour que tu n'oublies plus les frissons que je saurai faire naître lorsque je te toucherai…
Au creux de tes reins, j'écrivais le vice, les péchés inavoués…
J'écrivais le prénom de tous ceux que tu as aimés et que je voulais te faire oublier quand tes reins se creuseraient, onduleraient.
J'écrivais sur elles, jusqu'au creux de ton sillon, combien j'aurais aimé posséder les tiennes…
Au creux de ton aisselle jusqu'à l'intérieur du coude, j'écrivais « sérénité »,
puisqu'il n'y a nulle part au monde où j'aurais aimé que tu te sentes mieux que dans mes bras…
J'écrivais sur tes petits seins le besoin que j'avais de t'entendre jouir, encore et encore…
J'écrivais la violence de mon désir pour toi.
Peut-être aurais-je débordé plus bas pour confier à ta peau les secrets de mes pensées…
Sur mon ventre, tu aurais abandonné toute ta volonté et murmuré :
« Prends-moi. Baise-moi, fouille-moi, possède moi avant que je ne te possède »…
Sur le relief iliaque, de haut en bas, de la hanche jusqu'au sexe, j'écrivais l'humidité qui naît entre tes cuisses.
J'écrivais mes envies de luxure…
Ma calligraphie se faisait plus fine pour te confier comme j'avais envie de toi…
Enfin, ma plume aurait déroulé un ruban d'encre autour de ton sexe,
tout autour de ton petit œillet,
pour que tu n'oublies plus jamais l'image de mes lèvres ouvertes et qui glissaient le long de tes antres… »
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