Avance Rapide...

cerise-david

Les passants dans la rue me donne des envies de flans, les bébés aussi. Les soirées sous les étoiles et les larmes de l'océan des envies de caramel... et si on passait au dessert.

Couple, duo, ensemble, nous, on... Autant de prépositions qu'il m'arrive encore d'employer alors que je les sais révolues, obsolètes... et pourtant, on dirait que la marche du monde s'est figé en un rictus amer depuis 6 mois... mais voilà, moi j'ai envie d'avancer, sans forcément sourire, en acceptant même la solitude. J'ai jamais eu le choix. Le choix d'avoir mes parents unis, d'être la moitié de mes frères et soeurs, de faire des études supérieurs et du sport à haut niveau. Aujourd'hui à 25 ans, je peux même pas choisir les fringues que je vais porter pour aller bosser (finalement, mon seul choix... de dire merde et prendre les armes). Et voilà, qu'on me demande de ne pas rester seule, de sourire, de rires aux éclats, d'être gentille et souriante. Parce que, il est vrai, çà me va tellement mieux. C'est la cerise pétillante que vous avez toujours connu, celle qui assure et rassure, celle qui soigne et pardonne, celle qui conseil et qui vous relève. Mais voilà, la cerise dénoyautée vous désarçonne. Elle gâche le paysage et vos espoirs d'un monde meilleur. Elle fait la gueule sur les photos et même quand elle sourit, çà ne va pas. Et çà vous inquiète... vous qui construisez, enfanter, projeter, prévoyez à 2... vous me voyez détruire, raser, jeter, recommencer seule... je suis la vieille maison abandonnée dans une résidence pavillonnaire. Attirante mais lugubre. 


PAUSE. Inspiration, sous les étoiles. Perles salées sur les joues... et le temps qui trotte doucement. Fossilisant les souvenirs douloureux et ravivant les instants joyeux. Je cligne des yeux et me revoilà il y a un an. Sous le soleil d'Espagne, mon insouciance en guise de pare-soleil. Mon innocence pour seul moteur. PLAY. Le ciel est bleu, le soleil brûle la peau. C'est suffisant pour le moment, j'aimerais avoir le choix de faire les choses à mon rythme et dans le bon sens. Dormir seule rend mes nuits difficiles et pourtant, je ne subis pas cette solitude. Je la maitrise.  Le sommeil finira par revenir. Les corps chauds ne manquent pas... mais je veux retrouver un esprit serein, une joie de vivre à défaut d'une innocence certaine. Je veux trouver la route que j'aimerais suivre pour de bon avant de partager ma tente lors  d'une escale. Je ne veux pas avoir à reprocher les manquements des passifs aux futurs. Parce qu'après tout, je les avais choisi ceux là. Et je ne veux plus avoir à souffrir de mes choix.


Comme une paire de chaussure qu'on enfilerait trop vite, qui finirait par nous user les talons, à nous bruler les orteils. Je préfère marcher pieds nus encore quelques temps et souffrir des gravillons et autres bout de verre qui viendront se loger sous ma voute plantaire. Je sais qu'il est difficile pour vous d'avoir toujours un pansement sous la main, qu'il est dur pour vous de jauger la profondeur des mes grimaces autant que de mes rares sourires. Mais voilà, c'est ce à quoi j'aspire. Prendre le temps d'être seule. En fait, prendre le temps tout court. Parce que je n'ai plus confiance, plus envie, plus patience, plus d'espoir. Mais je sais que çà reviendra, il y a certaines choses dans la vie qui revienne toujours. Les mauvaises surprises mais aussi les bonnes, celles qui nous donne raison de croire. Parce que y'a toujours un mais, bon ou mauvais. Pour le reste, ce fameux gout de flan fera l'affaire, pour le moment.

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