Barils en péril

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Barils en péril

par Stephen DEDALUS

Synopsis

Le 14 juillet à l'Élysée un hélicoptère descend, deux hommes sortent de la foule, arrachent la femme du président et, attachés à elle, se font hélitreuiller vers l'appareil qui prend aussitôt du champ. Le président gesticule. Après un malaise, c'est Carla qui le réveille. On a enlevé son sosie : à l'insu du président une certaine Eva a été mise à sa place par les services secrets à la suite d’informations concordantes portant sur une menace de rapt.

L’enlèvement de la première dame est un coup inouï pour faire pression contre la France. Eva dans l'hélicoptère comprend les propos en arabe échangés par ses ravisseurs soulagés d’avoir réussi. Ils travaillent pour l’Iran ; leur mission finie, ils partent en Arabie Saoudite où se prépare une opération menée par les services iraniens pour contaminer les puits de pétrole et les rendre inutilisables.

Grâce aux mouchards posés sur elle, Eva est facilement libérée mais ses ravisseurs ne savent presque rien : l'opération partirait d'une clinique à Ryiadh et disposerait de l'appui de Khalid, un puissant cousin du roi Abdallah.

Le président est furieux contre les cachotteries des services. Il rencontre ébloui Eva, jeune diplomate polyglotte. Il aimerait savoir depuis quand dure la substitution. Il n’en confie pas moins l’affaire à Eva, libre à elle de constituer son équipe, elle a prouvé ses qualités. Le risque est grave : si les terroristes réussissent, le quart des réserves mondiales sera inutilisable. C'est le moment pour la France de se rattraper dans le monde arabe et pour le Président de se poser en sauveur du monde. Il veut l’envoyer à Ryiadh.

Eva réfléchit et décide d’accepter si ses amies la suivent.

C'est l'été. Autour d’un petit-déjeuner préparé par Fatiha, sa vieille nounou berbère, Eva a réunies pour les solliciter Laetitia, militaire polytechnicienne corse, docteur en physique nucléaire et Leila, linguiste berbère et polyglotte. Elles acceptent d’accompagner Eva à Riyadh. Elles sont en vacances.

Venu les accueillir à Ryiadh, le colonel Franck, homme à femmes et chef des services français sur place se montre sceptique sur la menace encourue et ne les prend guère au sérieux. L’attentat auquel elles échappent avec brio le soir de leur arrivée conforte leur thèse, leur donne de la crédibilité et laisse supposer des fuites.

Elles déjeunent le lendemain avec le chef de la sûreté locale et rencontrent le responsable de la CIA ; des forces militaires disponible seront à leur disposition sous commandement allemand seulement si elles reçoivent l’appui de l’Elysée.

Afin d'envisager comment les champs pétrolifères pourraient être contaminés par l’uranium enrichi dans les centrifugeuses d’Iran, Laetitia part à Dhahran rejoindre une mission géologique du CNRS. Elle résidera, grâce  à l'intervention de l'ambassadeur dans un palais où le frère du roi tient un de ses harems. Leila, elle, feignant la maladie, enquêtera dans la clinique évoquée par les terroristes. Il revient à Eva d'approcher Khalid, le cousin du roi, accompagnée de Kate détachée par la CIA ; elle feindront une panne à proximité du palais construit en plein désert où il réside actuellement.

Leila découvre que la clinique a passé partout dans le monde des commandes de produits radioactifs stockés en Arabie et équivalents à ce qui se consomme en France en une année. Elle a accédé à ces informations grâce à l'aide d'un beau médecin radiologue américain lointain parent d'Obama et récompensé comme il se doit.

Laetitia qui a apprécié les femmes du harem a deviné le mode opératoire des iraniens : gérée par l’Aramco, l’exploitation du pétrole s’accompagne d’injection d'eau assurant la repressurisation artificielle des puits ; il suffit donc d’utiliser un liquide très radioactif pour polluer définitivement les nappes. Une idylle se noue avec une géologue iranienne qui l’a aidée.

Eva et Kate d'abord secourues sont immédiatement interceptées par Khalid: là aussi, elles étaient attendues. Eva se libère, bloque le Prince et délivre Kate et découvre un document mystérieux que son oncle sollicité en Ardèche décrypte avant tout le monde : il s’agit de la localisation en vieux persan des emplacements des puits visés. L’attaque radioactive se fera à bas bruit : traversant le golfe persique par diverses voies vont arriver d'Iran des charges nucléaires inutilisables militairement, toute petites et peu repérables mais redoutables, surtout couplées avec les ampoules acquises par la clinique. Elles seront juste jetées dans les bassins où est puisée l’eau saumâtre de pressurisation. Des dizaines d'argents dormants sont sur le point d'intervenir.

Devant l'apathie des contacts locaux, Eva appelle l'Elysée. Après des atermoiements bouffons vite réglés, les armées de l'OTAN présentes dans le golfe persique et sous commandement allemand sont sommées d'intervenir. Siegfried, commissaire politique et amant occasionnel d’Eva, opportunément présent, met tout en œuvre. Le puissant Mukhabarat saoudien se met en branle aussitôt. C'est une course contre la montre. Eva récupérée dans la propriété du Prince est transportée sur le porte-hélicoptères français où Siegfried a pris ses quartiers. Tous les réseaux militaires occidentaux sont en action. Des milliers d'homme opèrent dans la nuit.

Au matin, la plupart des paquets ont été interceptés et il n'y a qu'un petit puits touché dont l'exploitation menaçait des fouilles françaises.

L'appel du président au matin trouve Eva qui n'a pas débranché la webcam, dans la chambre du Pacha, dévêtue dans les bras de Siegfried.

Le roi organise une réception un peu orgiaque dans son palais. Son cousin a été décapité et son harem libéré arrive en bus conduit par Laetitia. Avec le boy-friend de Leila vient l'Ambassadeur américain, un grand noir distingué.

Trois jours plus tard, tous les personnages sont reçus à l'Élysée un dimanche matin. Le Président invite Eva à créer définitivement une cellule secrète à la présidence.

Scène érotique

Elle est depuis hier la prisonnière du Prince.

Dans une chambre aux persiennes de bois, Eva vient juste de se réveiller. On l'a droguée hier et elle ne se souvient plus comment elle s'est retrouvée sur cette couche de soie.

Sous le plafond bas, en encorbellement, court une galerie de bois avec des moucharabiehs de cèdre. Derrière les battants, face à elle, les reniflements caractéristiques du Prince.

On l’a attachée nue, jambes écartées offerte aux regards. Eva se débarrasse des liens trop lâches en s'étirant paresseusement. Selon la pendule, il reste un peu plus de 24 heures avant la contamination des champs pétroliers. Il faut donc obtenir des aveux du prince au plus vite.

Après avoir échappé à la mort, c'est à Siegfried qu'elle pense ce matin, espérant le revoir après ce péril, et il lui est indifférent que les yeux de l'autre poussah profitent de sa nudité. Il fait chaud dans la chambre et le soleil vient doucement se poser sur ses formes exposées.

Passant ses mains sur ses seins, elle en fait durcir la pointe. Il est possible que tout à l'heure un des nervis du poussah planqué dans la galerie la viole, la poignarde, l'assaisonne de plomb... En attendant, pensant fortement à son bel amant, elle laisse descendre sa main nonchalante vers sa toison brune. Encore un moment avant de bouger. Si la mort est proche, autant ne pas gâcher cet instant de plaisir et profiter lentement de ses mains douces posées sur son ventre. Elle caresse lentement la toison d'astrakan qu'elle n'a jamais réduite. Il n'y a pas tant de mains qui sont venues jouer dans ces boucles. Elle descend un peu et vient écarter les lèvres de son sexe qu’elle caresse. Il y a maintenant tout qui se gonfle comme une brioche délicate.  Ça coule un peu. Il fait bon. Si le Prince est encore en haut derrière les parois de bois, il risque surement l'apoplexie. Elle se régale à cette pensée. Il faudra tout à l'heure bouger très vite, courir, se battre... En attendant, le regard chaviré de ce vilain prince d'opérette contribue à son plaisir. Elle l'entend, elle en est sure, soupirer très fort. Son regard la porte. Sa main en ouvrant les lèvres sucrées de son ventre a dégagé un clitoris gonflé comme un champignon nucléaire.  Aux amants de passage, elle préfère se donner rapidement et par derrière, à charge pour eux de la faire hurler en besognant violemment. Elle va jouir. Et s'il ne se gare pas là haut le Poussah, il va se prendre le furieux jet de foutre qu'elle sent sur le point de partir! Ya ! Elle crie sans se retenir.

Cette jouissance va bientôt se fondre en violence. Encore quelques instants. Elle fait le tour de son corps. Les pieds, les jambes, les cuisses, ça va. Juste une petite lourdeur aux tempes. Elle passe délicatement ses mains sur toute la machine. Ils auraient pu frapper hier, ils n'en on rien fait. Tout est en bon état, tendu à bloc, juste assoupli par la jouissance.

Il y a dans un coin une antique baignoire de cuivre. L'eau coule fraîche, c'est égal ; s’aspergeant comme les enfants, elle s’ébroue. Le filet qui ruisselle fait gonfler ses seins, il durcit ses aréoles et ses fesses. Le jet du robinet permet une dernière caresse glacée sur son ventre. Dans quelques minutes tout va se déclencher. Si elle trouve le moyen de se suspendre à l'énorme lustre en cristal qui  trône au-dessus du lit, elle pourra en se projetant en avant faire irruption dans la coursive derrière les panneaux de bois et trouvera là une voie pour s'échapper.

Il s'agit maintenant de faire fissa !

On ne lui a pas laissé de vêtements, juste les draps dont elle peut s'entourer.

Elle arrache le drap, s'en fait un paréo, prend une impulsion en sautant sur le matelas et parvient à s'agripper au lustre, balance, une fois, deux fois, et la voici dans la galerie pieds en avant.

Le poussah est là. C'est heureux, comme il voulait garder pour lui seul le spectacle  d'Eva nue, il n'y a personne à ses côtés. Il suffit de se saisir de son poignard de comédie qu'il garde toujours à ses côtés pour qu'il accepte doucement d'enlever sa gandoura qui va comme un gant à Eva ne serait un peu l'odeur de suint du bonhomme mêlée au patchouli. Il a un sexe énorme et congestionné comme ses yeux globuleux.

L’interrogatoire peut commencer.

Scène d’action

Plutôt que de prendre l’ascenseur, avec un sens consommé de la mise en scène, elles ont préféré descendre par l’immense escalier de marbres de l’InterContinental.  Les trois filles attirent tous les regards avec leurs robes noires et droites, toute simples et avec les mantilles de dentelle qui font un voile diaphane. Franck, l’attaché militaire est ébloui. Il n’y a pas que lui. Ils ne vont pas loin pour dîner : leur hôtel propose le meilleur restaurant de la ville dans un jardin fantastique digne des mille et une nuits. Dans ce pays désert, on a fait jaillir de partout des sources qui coulent de rochers couverts de plantes odoriférantes. Des tentes bédouines chacune illustrant un visage du monde arabe sont posées comme en archipel sur un dédale de plateformes de bois, au-dessous, heureusement bien en contrebas, dans des bassins grouillent des animaux aussi recommandables que des alligators. Seule la noria des serveurs travestis en cheikh peut connaître les frasques qu’on vient y commettre dans le plus éclatant secret.

J’espère qu’on nourrit ces bêtes, plaisante Leila. Comme ils sont français, on les a mis dans la tente « croisades » où des hallebardes damasquinées se détachent sur fonds de damas couleur de grenat ou d’or.

Un serveur apporte un Krug rosé parfait et annonce à Franck que quelqu’un de l’Ambassade l’attend à l’accueil. Quatre malabars, deux en Sarrazins et deux en francs s’approchent pour simuler un combat de théâtre, cimeterres contre épées lourdes.

« Je bois à votre réussite et à votre beauté, dit Franck, pardonnez-moi, je ne serai pas long. »

Eva comme une chatte trempe ses lèvres dans sa coupe. Les acteurs simulent un combat. Le cliquetis des armes est désagréable d’autant qu’ils se sont rapprochés. Franck ne revient pas. Soudain, dans l’éclat du regard du plus grand quelque chose a basculé. Un regard fauve posé l’espace d’un instant sur le cou de Laetitia. Il va la décapiter !

Lui vient un kiai surgi comme un éclair du fond de ses entrailles, et l’air bloqué au niveau de la gorge par la contraction des muscles déchire l’espace, arrête le bras du tueur. Torse et ventre et seins gonflés elle jaillit de sa chaise et d’un coup de la pointe des doigts porté au thorax elle renverse comme une quille l’assaillant frappé de stupeur. Les autres se sont ressaisis et, en gard avancent avec des moulinets menaçants.

Les trois filles se sont jetées en arrière et sont en garde. Mais l’espace est étroit et les lames menaçantes. Elles s’emparent des hallebardes et retournent le danger. Leila dans un mouvement de fureur plonge sur l’assaillant devant elle si fort qu’embroché sur la pique il bascule au-dessus de l’eau et atterrit dans l’eau dans l’enfer des sauriens. Les autres détalent. C’est sans compter sans la vélocité d’Eva et de Laetitia qui s’envole pour un placage parfait. Celui que poursuit Eva tente un coup : en se jetant au-dessus d’un bassin il veut mettre un espace infranchissable entre lui et la furie qui le poursuit, mais faute d’ajuster puissamment son élan, il tombe mal, se rattrape au bastingage  et hurle en disparaissant happé dans la gueule d’une énorme bête qui l’a saisi par les jambes d’un coup sec.

C’est un maelström sur la terrasse tout est renversé. D’une clef de bras Laetitia tient son agresseur. Les trois filles respirent bruyamment. Les trois Parques aux cheveux défaits sont autour de leur prisonnier. Leurs robes d’organza plaquées par la sueur sur leur peau ont bien résisté sauf quelques coutures sur le côté.  Il reste le champagne dans le seau à glace et quelques coupes de réserve.

Couche-toi, hurle Eva en arabe au prisonnier pétrifié qui s’affale.

Leila remplit de nouveau les coupes et le liquide rosé et frais qui coule dans leurs gorges dénoue la tension accumulée. Un dernier bruit de mâchoire est suivi par le vagissement des animaux qui se disputent les cadavres.

Eva éclate de rire en voyant l’air terrifié de Franck lorsqu’il les aperçoit. Quand Laetitia lui a expliqué ce qui s’est passé il se hâte d’appeler le chef de la sûreté qui ne tarde pas à arriver. Ses nervis embarquent le prisonnier. J’espère que les chiens tombés dans l’eau n’étaient pas trop faisandés dit-il en riant lourdement. Vous avez été courageuses. Nous parlerons de tout ça demain, je vous invite à déjeuner.

Portrait

Si les yeux sont le miroir de l’âme, ceux d’Eva révèlent une fougue domptée, avec,  dans le regard bleu nuit, des paillettes d’or, comme des fêlures.

Elle est la fille unique d’un riche diplomate français tué dans un attentat. Lin, sa mère chinoise est morte en couches : enceinte, les médicaments  qu’elle a pris interdisent désormais à sa fille  d'engendrer à son tour. Eva tient d’elle un corps souple, robuste et rompu au karaté. La dureté des entrainements qu’elle s’impose sert d’exutoire à la  douleur lancinante d’être stérile.

Passionnée de botanique, elle a rapidement fait Sciences Po et l’ENA comme papa. Au quai d’Orsay où les vieux amis de son père la protègent, plutôt que d’aller sur le devant de la scène avec un haut poste que lui vaudraient ses grandes qualités, elle reste depuis cinq ans dans l’ombre des ministres qui se succèdent, tantôt traductrice des rencontres discrètes, tantôt négociatrice redoutable. En lien avec sa beauté et ses talents linguistiques, elle fait parfois un peu de renseignement pour les services secrets : outre les principales langues européennes, elle maîtrise l’arabe, le russe et le chinois. Pour l’instant, son absence affichée d’ambitions de premier plan et sa filiation lui attirent la bienveillance feutrée des Excellences qui lui confient des missions ponctuelles. Elle peut ainsi continuer ses travaux sur l’exploitation des plantes médicinales et quitter à son gré son nid douillet parisien, rue Fürstenberg, pour une magnifique résidence familiale au bord de la méditerranée.

Très sensuelle, elle use des hommes avec parcimonie, goûtant surtout les étreintes fugaces et explosives. Elle entretient pourtant avec Siegfried, élégant diplomate allemand une relation née en Afghanistan dans un contexte dangereux. Ils se croisent de loin en loin, mais après des étreintes fougueuses chacun, discrètement, reprend l’avion.

Solitaire et marquée par la mort de ses parents, Éva tient très fort à un vieil oncle misanthrope et lettré retiré en Ardèche.  Elle chérit comme une mère Fatiha une nounou marocaine qui l'a élevée et qui vit dans un petit deux pièces dans le même immeuble qu’elle. Ses grandes filles, beurettes dévergondées, sont comme des petites sœurs pour Eva et viennent souvent mettre une plaisante animation à la maison.  Il y a également, déracinées comme elle, rencontrées à l'étranger et partageant ses entrainements de karaté, Laetitia et Leïla. La première, militaire, polytechnicienne, corse, docteure en physique nucléaire est sèche, toute en muscles avec des yeux violets foudroyants, elle mène des recherches à Saclay. Leila, berbère, magnifiquement ronde et étonnamment polyglotte accumule amants, langues rares et régimes. Elles se retrouvent régulièrement mais chacune défend jalousement ses jardins secrets.

Jeune étudiante, par admiration pour le grand Fregoli, elle s’est formée aux techniques des acteurs transformistes et sait en un clin d’œil se rendre méconnaissable. Ce talent, sa grande ressemblance avec la femme du Président de la république, sa culture et  son élégance, l’ont, contre son avis conduite à remplir la mission qu’on lui confie aujourd’hui à la demande des services secrets : elle accepte par sens du devoir de tenir le rôle de Carla menacée d’être enlevée pendant la réception du 14 juillet à l’Elysée. Ses aventures au service de la Présidence débutent dans le vrombissement des pales d’un hélicoptère.

Tous les personnages autour d'Eva sont convoqués dans la première aventure qui plante le décor et installe un univers familier.

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