Si l'on ôte ce qui nous gêne

Dorian Leto

Nouvelle retranscription des désillusions de la jeunesse.

Une petite enfant gît au milieu d'un champ,
Les yeux fermés, fixés sur un futur abstrait,
Le sourire figé en un rictus mauvais,
Esprit fuyant, parallèle, trop seul, différent,

Abandonné, pourrait-on croire ; mais seulement
Volontaire oublié, dit-on parfois. Qui sait ?
On perd le temps qu'on aurait pu offrir ; on tait
Nos silences distants, le voyeurisme ambiant,

Nos paupières scellées sur ce qui nous entoure.
Lassée des vies gâchées, trop frêle pour le lourd
Poids qui fut sien ; nos fautes, nous les lui imposions.

Elle a laissé le monde, fondement de sa peur,
Les âmes vagabondes, qui révulsaient son cœur.
Ne reste rien. Ironique désillusion.

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