C'est comme le cri

aile68

C'est comme le cri, le vent, cette voix cent fois étouffée, coupée tel un mot défendu, une parole inhumaine, qui fait reculer les hommes mêmes les plus courageux dans la grande plaine de terres dispersées. Un groupe de quatre Apaches, la gorge serrée par mille légendes, et partis depuis des lunes, à la recherche d'un des leurs, déambulent sur leur monture assoiffée jusqu'à un puits aussi profond que l'océan qu'ils n'ont jamais vu.  Non loin du puits tremble une maison de bois où se cachent deux femmes, la mère et la fille et, la petite-fille. Amy la mère et Lorie la fille, armées chacune d'un fusil, prient pour que le fils n'arrive pas à ce moment-là. Avec les hommes il y a toujours du grabuge. Les Indiens eux, ont franchement envie de boire, mais ils ne veulent pas prendre le risque de se faire canarder. Celui dont le front est cerclé d'un bandeau à trois plumes de vautour s'arrête le premier, considère la maison d'un oeil de lynx et descend de son cheval. Il se dirige vers le puits, y plonge le saut et en ramène une eau souillée de sang. Il y a t-il quelqu'un au fond du puits? Les Indiens ne cherchent pas à savoir, Oeil de Lynx rejette le saut avec impatience. Cependant un Apache avec une plume de vautour autour de la tête, dit dans sa langue que je traduis ici:

"Et si c'était Patte d'Ours qu'on avait abattu?

Patte d'Ours est le frère d'Oeil de Lynx et le cousin des deux autres.

- Ne parle pas de malheur s'exclame tout le monde.

- Moi je veux bien aller voir! Je veux en avoir le coeur net! déclare Vent du Nord, l'Apache avec les deux plumes.

- Il faut d'abord s'assurer qu'il n'y ait personne dans la maison. On peut se faire tuer! " dit un troisième.

(à suivre)


Report this text