En vers et contre tout

minou-stex

Il était une fois cinq petits galopins,

Sirotant leur grenadine en rongeant leur frein,

Placés en rang d’oignons, sages petites têtes,

Ecoutant les maux des grands, si gris et si bêtes.

Il était une fois cinq petits galopins,

Essayant en vain, de se frayer un chemin,

De façon maladroite, d’une voix discrète,

Vers le cœur des grands,  si compliqué,  plein d’arêtes.

Le premier finit par absorber leur venin.

L’injustice apportant de l’eau à son moulin,

Il régurgita le fiel, crachant, jurant,

Mais la brûlure marqua sa peau amèrement.

Le second, plus fragile, trouva la tactique

Eloignant la cigüe de son âme angélique.

L’amour, le vrai, le seul, est celui des enfants,

Il s’éloigna à jamais du monde des grands.

Le troisième préféra fermer  les yeux.

Il s’inventa un univers tout beau, tout bleu,

Où l’adulte offre équitablement sa tendresse,

Et il parvint ainsi à cacher sa détresse.

Les deux derniers, complices, et inconscients,

Grandirent sans jamais réaliser vraiment,

Que leur vie si douce était éventrée de doutes,

Et poursuivirent tout naturellement  leur route.

Il était une fois cinq petits galopins

Solidaires comme les cinq doigts d’une main,

Blottis dans les jupes de leur mère, guérissant,

Certains d’être aimés, dans le cœur de leur maman !

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