Fouiller l'intime

mat_lartnak

Fouiller l'intime, l'infime,

l'infini d'une flamme sans fin.

En faire cent films,

les savourer sans faim,

creuser ce puits sans fond,

s'y enfoncer sans frein.


S'y frayer un chemin

à travers ses frayeurs.

Distinguer des murmures,

les échos des erreurs.

Faire éclore ces éclats

d'une poudre écarlate

et dans un grand écart

en saisir les éclairs.


Fouiller l'intime,

Fouler les traces qui s'y impriment.

Épousseter les empreintes

effacées pour un temps.

Épouser les contraintes

des faces et des fragments,

les ceindre de mille soins,

les oindre de mille sens,

les serrer contre soi.

Se saisir de ceux où s'affirment

les pensées non conformes.

Faire d'une farce infâme

cent fables infinies.


Fouillé l'intime

jusque dans ses recoins,

se joindre au vide immense

entre ici et l'absence,

entre une vie et un sens.

Découvrir un passé

enfoui bien plus profond

qu'on pourrai le penser.

Au cœur de l'incendie,

se saisir des nuances.

Encenser l'insensé!

En retrouver l'essence

au milieu de ces cendres.

De cent vies antérieures

se faire un instant T.


Fouiller l'intime, l'infime,

l'infini d'une flamme sans fin.

En faire cent films,

les savourer sans faim,

creuser ce puits sans fond,

s'y enfoncer sans frein.

En forcer le passage

et sentir son étreinte.

Se glisser au bord d'elle,

déborder à la marge,

trouver dans des plis camouflés

des blessures et des plaies,

y céder au supplice,

en arracher les pleurs,

pourquoi pas s'en remplir

car parfois on s'y plait

et souvent on s'y plie.

On y trouve une épaule

où s'étiole la peine

et au creux d'une étoile,

des atomes de toi

comme un atoll éteint.


Fouiller l'intime


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