Histoire de se « marée »

Christophe Peroua

Un besoin de me marrer, certainement. comme disait Raymond Devos: "Le flux et le reflux, moi, ça me fait marrer"

Deux piliers de bar marseillais installés en terrasse se racontent leur soirée. Marcel dit à René : « Hier soir j'étais au Délirium, tu connais cette boite de nuit ?

- Oui ! Bien sûr, mais ils t'ont laissé entrer ?

- Pourquoi tu me demandes cela ?

- En principe, au Délirium, ils ne laissent passer que les gens « tremens ».

- Bon ça va je ne suis pas gros, juste peu enrobé et puis ils n'allaient pas nous refouler, nous sommes arrivés à Seize.

- Je comprends mieux pourquoi tu es entré, vous étiez treize et trois.

- Et cela te fait « marée », ta phrase est un peu bateau !

- Bon, allez raconte-là ta soirée !

- Il y avait un de ces mondes ! Nous étions serrés comme des sardines, mais j'ai emballé une nana superbe.

- Depuis quand aimes-tu la nana en boîte ?

- Tu en as d'autres comme ça, je peux continuer ?

- Oui ! Je t'en prie, mais comment t'y es-tu pris ?

- Je lui ai dit que j'avais le plus beau yacht du port.

- Et elle a mordu à l'hameçon ?

- Tu me connais, je lui ai dit que j'allais l'amener au Cap et j'ai ferré.

- Elle m'a dit : Léo…

- Comment ça Léo, tu t'appelle Marcel que je sache.

- Pour « Ferré » Léo c'était mieux et puis je l'ai appelée jolie môme.

- Avec ton  prénom tu aurais pu dire que tu te nommais Cerdan, avec la gueule que tu as elle t'aurait cru.

- Elle n'est pas au « poing » ta blague.

- Et toi qu'est que tu as fait de ta soirée ?

- Je suis allé au Caliente.

- C'est chaud dans ce bar.

- En entendant, il n'y avait que des thons.

- D'habitude ils préfèrent le froid, ils ont dû échouer ici en suivant le courant.

- Et à par ça ?

- Il y avait un vieux maquereau qui dansait avec sa morue.

- Tu as dû t'ennuyer.

- Au début, cela avait bien commencé pour moi. J'avais repéré une fille un peu sauvage mais sympathique. Je ne voulais pas la laisser « filet ».

- Et alors ?

- Je sentais qu'il y avait anguille sous roche et je ne m'étais pas trompé. C'était la nouvelle morue du maquereau et je me suis défilé.

- Attends, mais je la connais, tu te trompes, ce n'est pas une morue. Cela fait trois mois que le « hareng saur » avec elle.

- C'est curieux, je n'ai rien senti, elle était fraîche comme un gardon. La prochaine fois je resterai sur mes gardes.

- Moi, le poisson qui m'aura, il n'est « pané »

- Quand j'y pense, elle a bien noyé le poisson ».

 

La mer était démontée, René était remonté. Marcel lui dit : « arrête avec ton regard de merlan frit, Allez ! Reprends un verre ». Ils passèrent la journée à boire et ils finirent pas prendre une bonne « truite ».

 

 

 

 

 

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