il ne se parle plus

nessim

de lui a lui
Il répétait souvent à l'autre dans sa tête :
La vie est une corde ou un pont très étroit,
tu pourrais avoir peur et céder au faux pas
transpirer, paniquer, vouloir que ça s'arrête,
sans mourir,
Ils se disaient, face au miroir qui se trouvait là
planté dans le chemin allez savoir pourquoi :
On n'sait plus qui on est le temps s'est oublié
on s'est tourné le dos jusqu'à nous effacer
sans souffrir.
l'autre a dit :  L'instant du sacrifice est venu,
brûle le mauvais bois, celui de ton feu froid,
abandonne les masques, affronte l'inconnue
va-t'en renaître au vent trouver qui tu seras
sans te fuir.
Le miroir explosa en débris argentés,
qui vinrent se poser au vague du passé,
Lui laissant des étoiles en trainée à ses pieds,
qui offraient des images du ciel dans leurs reflets        
sans l'éblouir.
Il se dit : Que c'est beau, voir le ciel en morceaux
tinter dans ses éclats les rires venus d'en haut.
En reprenant doucement, un chemin de lumière,
il dépassa les ombres qui le suivirent derrière
sans courir.
L'autre dans sa tête lui, ne disait plus rien,
il se tient en veilleur de sa nouvelle absence
pouvant se satisfaire de ne plus être qu'un,
ils se découvrent unis, savourant le silence
de l'à-venir.
La buse et le corbeau ont partagé la proie
pour qu'une paix s'installe sur la colline bleue,
l'été a invité le soleil dans ses vœux.
Quand le cœur de la vie le convia dans ses bras        
d'un sourire,
il y trouva le livre relié de fil d'avenir
d'une plume trempée à la pointe d'encre d'or,
sa main s'est avancée sur la ligne du dire
pour caresser le blanc, entamer un : Encore…
Sans l'écrire.
Les jambes engourdies des années à genoux
goûtent le temps venu pour devancer le pas,
peu importe le rythme, déjà être debout,
sentir battre la terre et accorder sa voix,
à  grandir,
jusqu'à pouvoir toucher la douceur d'une étoile
lui caresser la peau de nouvelles couleurs,
gagner la liberté d'un artiste sur la toile,
respirer le parfum de la vie comme une fleur,
à s'ouvrir. 


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