Je voudrais la réalité dans son sourire

chevalier-neon

Cet homme apparente sa silhouette à ses souvenirs.
Elle est fragile et noire.
Elle est facile à choir.

Il conserve sa confiance au creux de lui, l'enferme dans le coffre-fort.
Il préserve sa méfiance auprès d'autrui, et s'enfuit sans le moindre effort.
Il met tout l'or de son cœur
dans tout ce pour quoi il pleure.

Il échappe à la lassitude ;
 une chape de solitude
l'assaille et il se défile
dans les éclats argentés de la nuit.
Il bâille et il se faufile
dans les ébats déjantés de l'ennui.

Il y a de l'amour en lui,
mais jamais aucun jour n'y luit.
Et il appelle chaque maux de la réalité.
Et il épelle tous les mots des sombres vérités.

Sa voix est sa seule échappatoire,
sa voie est de mettre à l'abattoir
les mensonges qui polluent les esprits de rêves à souiller,
tous ces songes qui s'obstruent de débris d'or que l'on a rouillé.

Il conserve la virginité de son territoire
et ne laisse jamais personne approcher ses déboires.
Et il préfère paraître délaisser
que par ses sentiments risquer de blesser
celui qui l'aura choisi pour échanger des paroles ;
plutôt que d'être trahi il prendra un autre envol.


D'une oreille sourde il entend les cris qui s'élèvent.
Et des paroles lourdes qui obstruent son cœur il s'enlève.

Et sa vision réaliste du monde
éloigne des rêves sa longueur d'onde.
Il confronte ses peurs et fait face à l'horreur
plutôt que de tourner le dos à ses malheurs.

Il vivra pour la libération de ses sentiments.
Peu lui importe d'être le seul qui jamais ne ment.
Et il hurle aussi au nom de la liberté
en pleurant les pas trébuchés de la société.

Il chante pour lui mais pour personne
la prose noircie de ses émois.
Il parle à la troisième personne
et il peut oublier qu'il est moi.                                                                                  

(écrit le 13 août 2011)

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