JULIA REPREND SON SOUFFLE ou COMMENT TRAITER L'ASTHME

sylvie-frey

LIRE LE PREMIER EPISODE D'ABORD SINON CA N'A AUCUN SENS

EPISODE 2

Le mercredi suivant, elle essaya de retrouver le chemin qui la mènerait à la masure. Elle appelait "Karisma, Karisma, réponds-moi" quand après avoir marché et crié un bon moment, elle entendit une voix douce.

"Ah, c'est toi Julia, c'est gentil de revenir me voir.Si tu veux, je t'emmène chez moi. Est-ce que tu aurais envie de voir mon grenier ?"

La petite fille n'en croyait pas ses oreilles: visiter la maison de la sorcière qui effrayait tout le monde ! Etait-ce bien raisonnable ?

"Je vois bien que tu n'es pas rassurée, tu ne risques rien avec moi, tu sais, je vais même t'expliquer comment je vis."

Tout en bavardant, elles étaient arrivées devant sa maison; enfin, si on pouvait appeler ça une maison !

"Tu dois être drôlement pauvre pour habiter ici !

- Tu sais, ce n'est pas en voyant la maison de quelqu'un qu'on sait s'il est vraiment riche ou pauvre. Toi par exemple, est-ce que tu as une belle maison ?

- Ben oui, très jolie, c'est mon papa qui l'a construite. Et maman a fait de jolis rideaux, mis des tapis et plein de jolies choses, pas comme ici !

- Regarde bien autour de toi, est-ce qu'il n'y a pas tout ce qu'il faut ici ? Des meubles, un fourneau, de l'eau et même un bouquet de fleurs !

-Ouais d'accord, mais ce n'est pas très gai, tu as vu la couleur de tes murs ? En tout cas, le fauteuil est drôlement confortable. Et ton lit, il est où ? Tu dors toute seule ?"

Julia était toute exitée et ne savait plus où regarder. Cet endroit était tellement différent de chez elle !

"Et le grenier, tu m'emmènes au grenier, par où est-ce qu'on y monte ?

- Là, regarde, il suffit de grimper cet escalier mais fais attention, il est raide.

- Ouh là là, quelle poussière, c'est pas bon pour moi ça, je suis asthmatique.

- Asthmatique toi ? Mais personne n'est asthmatique. Tu es juste une petite fille qui fait parfois des crises d'asthme, ce n'est pas pareil. IL NE FAUT PAS CONFONDRE CE QUE TU AS OU CE QUE TU FAIS AVEC QUI TU ES.

- Ah ? C'est vrai, ça me plaît bien ce que tu dis là. C'est quoi ce gros livre ?

- C'est bien plus qu'un gros livre, c'est un grimoire. C'est là-dedans que je garde tous mes secrets pour aider les gens qui ont des problèmes. C'est pour ça que je suis une sorcière-ressources, grâce à ce grimoire et à mes dons.

- Mais d'où ils viennent ce dons ? Pourquoi tu as des dons, toi ?

- C'est mon grand-père qui les a eus lui-même de sa grand-mère qui me les a transmis.

- Et toi, à qui vas-tu les transmettre ?"

A ces mots, le regard de Karisma s'assombrit.

"Pourquoi tu es triste tout d'un coup ?"

Tant de finesse et d'intuition chez une si jeune enfant, Karisma était était perplexe !

"Tu vois, c'est tout le problème. Je n'ai pas d'enfant et je suis trop vieille pour en avoir encore. Je suis triste de me dire que tous ces dons vont se perdre et que personne ne les exploitera plus, même si ces dernières années je n'ai pas vu grand monde à aider.

- Ben et moi alors, pourquoi tu ne me les transmettrais pas à moi ?

- Est-ce que tu sais que ce n'est que la deuxième fois que nous nous rencontrons ?

- Ben moi, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours et comme je n'ai plus de grand-mère, je t'adopte. Tu seras ma nouvelle grand-mère. Qu'est-ce que tu en dis ?"

Ca alors ! Karisma n'en revenait pas. Ca faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas entendu autant de spontanéité. Sa bonne étoile n'avait pas chômé aujourd'hui pour la mettre sur le chemin de cette petite. C'était un peu prématuré mais elle aussi se sentait à l'aise, comme si elles se connaissaient depuis toujours. C'était une idée à creuser pour confirmer sa première impression: cette enfant semblait avoir de bonnes dispositions pour être formée à ses secrets.

"Eh, tu rêves ? Tu ne m'as pas répondu ! Je ne te plais pas assez pour être ta petite-fille ?

- Si, bien sûr que si, mais tu me prends un peu de court. Je n'avais jamais imaginé que les secrets sortiraient de la famille. Il faut que je réfléchisse à la question et que je te connaisse un peu mieux.

- Ben, si tu n'as plus de famille, où est le problème, ce serait dommage de perdre tout ça."

Julia disait "tout ça" sans trop bien savoir ce que cela signifiait. Elle se sentait fébrile et vivante comme rarement elle l'avait été et décidément, son idée lui plaisait bien.

"Ce n'est pas que je n'ai plus de famille. j'ai encore un cousin mais je n'ai jamais voulu lui transmettrre les secrets car il espérait surtout gagner beaucoup d'argent en exploitant ce filon au lieu d'aider réellement les gens.

- Atchoum ! Aïe, aïe,aïe, je t'avais bien dit que j'étais allergique à la poussière. Il faut que je prenne mon médicament sinon je vais faire une crise d'asthme. Tu vois, c'est un inhalateur que je vaporise dans ma bouche.

- Viens, nous allons descendre et tu vas goûter mon gâteau avant de rentrer bientôt sinon tes parents vont s'inquiéter.

- Ouh là là, mes parents, qu'est-ce que je vais leur raconter ? Ils m'ont interdit de te revoir et je leur ai désobéi car j'en avais trop envie.

- Tu sais, il ne faut pas mentir, surtout si tu veux devenir sorcière-ressources. Mais pourtant, ON NE PEUT DIRE AUX GENS QUE CE QU'ILS SONT PRETS A ENTENDRE. J'ai une idée: qu'est-ce que tu dirais de ne plus faire de crises d'asthme ?

- Ca, ce serait cool ! Mais quel rapport avec mes parents ? Eh, il est drôlement bon ton gâteau, je peux en reprendre ?

- Si tes parents constatent que tu vas mieux et qu'ensuite tu leur expliques comment ça s'est passé, est-ce que tu crois qu'ils seraient d'accord pour te laisser venir me voir ?

- Ben, j'en sais rien, ils ne s'occupent pas beucoup de moi tu sais, pourvu que j'aie de bonnes notes. Papa travaille beaucoup mais maman, elle, je pense qu'elle serait tellement contente que je ne fasse plus de crises qu'elle serait peut-être d'accord pour te rencontrer. Mais je ne vois pas comment tu pourrais me guérir...

- Bon alors, on va faire comme ça : tu reviens me voir mercredi et nous commencerons. Fais-moi confiance."

Karisma lui montra le chemin avec des repères pour qu'elle puisse revenir toute seule jusqu'à sa maison la prochaine fois et elle se séparèrent après s'être serrées longtemps dans les bras l'une de l'autre.

A SUIVRE

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