La fin du féminisme

Christian Le Meur


Nous avons souvent la prétention de penser que nos droits, nos avantages acquis sont la résultante de nos revendications, voire de nos luttes.

En réalité, nous obtenons juste la mise en conformité d'une adhésion déjà consentie et qui se trouve être en adéquation avec le modèle social dominant dans lequel nous évoluons.

( A titre d'exemple, la Révolution de 1789 ne fut qu'un transfert de pouvoir et de privilèges (Nuit du 4 Août) entre le féodalisme déliquescent d'une vieille noblesse foncière et une bourgeoisie marchande économiquement dominante.)


Sur le même raisonnement, je dirais que les grandes étapes significatives et légitimes du droit des femmes au regard de notre cohésion sociale s'imposèrent d'elles mêmes puisqu'en accord avec l'évolution générale de nos civilisations occidentales. Les combats résiduels auxquels nous assistons encore, ne sont que la résolution sous tension de variables d'ajustement. Celles-ci s'opposant à la réticence des mentalités masculines désemparées à l'idée de perdre leurs positions dominantes et les prébendes qu' ils en retirent.



( Plus généralement et de par le monde, le respect des droits de chaque être humain devrait, en toutes circonstances, s'imposer comme une évidence. Malheureusement, il se heurte à l'hypocrisie de groupes de pression, ou d'états qui tolèrent et parfois encouragent des pratiques d'un autre âge fussent-elles illégales à seule fin d'asservir certaines catégories d'individus. Pour parvenir à leur but ils se réfèrent au respect d'une pseudo morale religieuse ou de traditions ancestrales totalement déconnectées des aspirations le plus souvent pro-occidentales auxquelles ces groupes ou nations adhérent tout en affirmant le contraire .)


A quand une véritable égalité ?

Paradoxalement, si l'on rejette cette idéologie séduisante pour s'en tenir à un pragmatisme contraignant, on se heurte à une problématique de sens moral. Un monde égalitaire est, par principe, contre nature puisque dans le monde du vivant, il ne tend pas seulement vers une dictature de la pensée unique, normative mais cette idéologie aboutirait à concevoir un individu type, normalisé, moulé dans une masse elle-même normalisée selon des critères rigoureusement identiques. Programmés pour quelle fonction? Et surtout, par qui?.

Ce processus évolutif et tendancieux du genre humain bien que soumis à une constante pression idéologique visant à canaliser l'agressivité qu'elle induit, détourne ces énergies contradictoires en une multitude de luttes fratricides.


(Nota Bene : dans le paragraphe suivant lorsque je parle de (structure familiale cohérente) je parle bien évidemment de liens affectifs ou de filiation au sens large qui unissent les gens entre eux, peu importe la nature hétéro ou homo du couple)

Or, aujourd'hui, faute d'avoir proposé et imposé un nouveau paradigme sociétal fondé sur des relations apaisées, prenant en compte la nature fondamentale du vivant, nous avons laissé cette dynamique, sans véritable but, s'enliser, une fois de plus dans la voie de l'instinct, la voie du conflit. Ce désenchantement aboutira vraisemblablement sur une rupture des relations sociales, dont la finalité sera de se libérer des obligations familiales. Il est intéressant de noter que la structure familiale cohérente constitue encore le dernier rempart contre ce penchant malsain pour l'individualisation fragmentaire confondu à tort avec le concept de liberté.

Il est vrai que dans son aspect économique, une cellule familiale affective et donc protectrice, se révèle contre-productive, puisqu'elle génère une dispersion des motivations entraînant un manque de disponibilité accordé à l'entreprise et donc sa rentabilité.


Le constat que l'on peut faire aujourd'hui est que l'économie mondialisée tend à assimiler les êtres humains à un outil rationnel et asexué au service de la machine productive. Même si ce formatage doit passer par la négation du dessein naturel de l'humain.

En guise de leurre, les médias, assumant leur mission d'éducation populaire visant à former les idées et à diriger les pensées, nous imposent le culte de l'hyper féminité assumée, en totale opposition avec la réalité existante.

Ces distorsions génèrent donc un sentiment de tension aux antagonismes diffus. Le remède invoqué consiste à se libérer du carcan du déterminisme naturel pour vaincre et s'affranchir des forces obscures que la nature nous impose et qui, sous la lumière des avancées scientifiques sont finalement perçues comme une régression incompatible avec une logique d'adaptation aux lois du progrès exigées par les nécessités économiques.


La fin du féminisme ?

Depuis que les courants religieux dogmatisent le discours spirituel, ils n'ont eu de cesse de renier l'origine naturelle du genre humain. Or, l'humanité en s'arrogeant le contrôle du cycle biologique de la vie, parachève cette quête de toute-puissance et s'approprie la maîtrise de sa destinée et malheureusement, arrogance oblige, de l'ensemble du monde du vivant.


Le mouvement féministe parviendra à son terme lorsqu'un consortium industrio-financier imposera la gestation extra-utérine du foetus par matrice individuelle (bien évidement connectée).

L'insémination se fera artificiellement et non plus selon les critères aléatoires et archaïques des codes génétiques du père et de la mère. Ce système eugénique et sécurisant, aboutissement d'une sélection anonyme et performante des gamètes dont la gestion sera confiée aux banques privées d'ovules et de sperme. Le ou les futurs heureux parents pourront, moyennement finance rajouter des options ( Sexe, le coût variant en fonction des besoins démographiques, couleur des yeux etc).

Sous une pression sociale aliénée par une propagande culpabilisante, les hommes et les femmes se déposséderont eux-même de leur fonction de géniteur, génitrice. Cela engendrera inévitablement une mutation radicale des relations entre humains et par voie de conséquence de l'individu lui-même. Mais là, fort heureusement nous sommes dans le domaine de la science fiction.



  • L'analyse est excellente et la pincée de cynisme réjouissante. Bref, je me suis bien marré ! Les loups ont inventé la meute pour protéger les louves gestantes, curieusement elles n'ont jamais porté plainte ou créé d'association anti quelque chose.

    · Ago almost 2 years ·
    Gaston

    daniel-m

    • Daniel, merci pour ton commentaire et cette métaphore avec les loups dont j'avais apprécié le texte. Finalement comme le disait avec justesse Reiser " On vit une époque formidable" et je crois qu'on a pas finit d'être surpris.

      · Ago almost 2 years ·
      Default user

      Christian Le Meur

    • " On vit une époque formidable" et je crois qu'on a pas finit d'être surpris. <<< Si tant est que la "connerie" puisse encore surprendre ! Pardon de pouvoir paraitre prétentieux, mais comme le dirait mon avatar, ... M'enfin ! ;o)

      · Ago almost 2 years ·
      Gaston

      daniel-m

  • Ça semble pas si simple...

    · Ago almost 2 years ·
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