La milice tape dans le mil

elina

Selina est une sierra-leonaise de 23 ans, ancienne enfant-soldat du RUF, un groupe armé ayant étendu la guerre civile du Liberia au Sierra-Leone, de 1991 à 2002.

Elle est remarquée par la CIA suite à son témoignage choc au procès de Foday Sankoh. Elle n’a que quatorze ans et raconte comment sa famille a été massacrée, comment elle a survécu à trois ans de combats, de coups, de viols, comment elle est passée de porteuse de munitions à « officier » (elle a été la seule fille de son bataillon à commander des opérations). Ses rôles : assistance médicale, espionnage, pillage, pièges, déminage…

Lionel Graham, directeur du recrutement, la prend sous son aile. Elle apprend à lire et à écrire, l’anglais et le français. Elle apprend à évoluer dans un monde totalement étranger. On lui enseigne les techniques du SERE, programme d’entraînement secret des forces armées américaines. On lui confie ses premières missions à 16 ans. C’est une enfant brisée, farouche et difficile à contrôler, mais ses incroyables capacités et sa connaissance des conditions extrêmes en font un agent remarquable.

Sa hiérarchie ignore quasiment tout de sa vie civile. Entre chaque mission ils perdent sa trace, parfois pendant des semaines, jusqu’à ce qu’elle ait besoin d’argent et décide de les contacter. Ils soupçonnent qu’elle possède plusieurs pied-à-terre en Europe mais ne savent absolument pas ce qu’elle fait ni où elle va. Elle est considérée comme « l’enfant du service », et tous sont habitués à sa méfiance. Elle dit souvent :

« Je peux disparaître, en moins d’une heure, sans laisser derrière moi autre chose qu’un vague souvenir. Je peux fuir sans me retourner. Je ne laisse rien derrière moi. Tout ce qui m’intéresse est devant. »

Le seul appartement à son nom est à New-York. Les différents tomes de la Série serviront à lever le voile sur cette mystérieuse héroïne, dont le background s’étoffera au fur et à mesure.

Parmi ses secrets,  un enfant caché, né d’un mariage forcé avec un militaire de l’armée rebelle. L’homme a disparu après la fin de la guerre. Elle n’en parle jamais. Elle prétend aussi avoir été enlevée par les rebelles mais en réalité elle s’est enrôlée de son plein gré, dans un contexte d’insécurité grandissante. Elle espérait ainsi pouvoir protéger et aider sa famille. Elle vit très difficilement le fait de n’avoir jamais revu ses parents, massacrés lors du pillage de son village.

Selina est très grande et filiforme, extrêmement belle, mais fait tout pour s’enlaidir. Elle se rase les cheveux et s’habille comme un homme. Le RUF l’a utilisée comme prostitué pour soutirer des informations à l’ennemi, elle n’hésite donc pas à se servir de ses charmes. Mais les viols répétés en ont fait une femme dure, qui n’a jamais aucun plaisir et n’en recherche pas. Son corps n’est qu’un instrument de plus au service de la mission.

A travers la série, on assistera à une forme de quête initiatique, elle recherche l’homme qui pourra guérir ses blessures et lui réapproprier son corps.

SYNOPSIS

Selina est envoyée au Sénégal pour enquêter sur l’arrivée clandestine de mercenaires sud-africains. La CIA soupçonne qu’il s’agit d’anciens du « bataillon 32 », force spéciale aux idéologies fascistes ayant servi au maintien de l’Apartheid, dissoute par Nelson Mandela. La plupart se sont reconvertis dans des sociétés militaires privées, extrêmement prisée du fait de l’efficacité exceptionnelle de ces soldats. Mais suite à leurs nombreux débordements (trafics d’armes et de stupéfiant, prises d’otage, torture), une loi sera promulguée en 1998 pour interdire l’utilisation de mercenaires sud-africains à l’étranger.

Son patron craint qu’ils ne se provoquent des actes de violence, en vue d’un putsch. En effet, peu de temps après l’arrivée de Selina à Dakar , des émeutes de la faim explosent…

Elle est l’agent rêvé pour cette opération car elle a déjà été en contact avec ces militaires redoutables. La plus célèbre de leur agence de sécurité, Executive Outcomes (EO), était intervenue en Sierra-Léone pour écraser les rebelles dont elle faisait partie, en échange du contrôle des mines de diamant de la région. Elle les connait, eux et leur « armée de l’ombre », elle les a déjà combattus. Elle peut les reconnaître et les approcher mieux que quiconque, gagner leur confiance et infiltrer leur unité.

Elle va ainsi croiser le chemin de Peeters Günh, un homme cruel et raciste, ancien sous-directeur d’EO, officiellement dissoute après la loi de 98. Elle va vite découvrir qu’il n’en est rien, et qu’il continue à envoyer des hommes sur toute la planète sous couvert de fausses ONG ou entreprise-écran. A-t-il quelque chose à voir avec la mystérieuse compagnie SASS (Solide Arm of Safed and Security), organisation qui tente de venir en aide aux populations en distribuant de la nourriture ? A-t-il quelque chose à voir avec ces meurtres rituels touchant uniquement des Peuls ? Selina, qui n’avait pas remis les pieds en Afrique depuis la fin de la guerre devra renouer avec ses vieux démons et lever le voile sur son passé.

Les hommes de Günh on été mandaté par des opposants au régime démocratique de Guinée, afin de provoquer et d’organiser des émeutes de la faim au Sénégal, où deux millions de ressortissants guinéens se sont réfugiés suite aux pogroms anti-peul sévissant dans leur pays. Ils doivent mobiliser cette « armée », pour retourner dans leur pays et renverser le pouvoir en place, de la même façon que le front de libération du Libéria avait gagné et enflammé la Sierra-Léone. Ils veulent jouer sur les massacres ethniques déchirant la région depuis trente ans.

Contrairement à ce que Selina pense d’abord, ce n’est donc pas en réalité le Sénégal qui est visé, mais uniquement les minorités guinéennes, ceci orchestré avec la complicité d’Abdoulaye Wade, heureux de se débarrasser de tous ces réfugiés qui « saignent son pays », et à qui on a promis quelques avantages financiers ainsi que la promesse de l’appuyer pour les élections de 2012 auxquelles il compte se représenter illégalement pour la troisième fois. Des révoltes grondent et il craint une tentative de coup d’état. Il compte sur ces hommes pour le protéger.

Selina réussira à empêcher le coup d’Etat. L’organisation terroriste SASS pourra apparaître à plusieurs reprises durant la série.

SCENE D’ACTION

Selina tressaillit. L’homme l’avait aperçue.

Elle disparut dans le couloir, le mercenaire sur ses talons. Elle dévala les marches quatre à quatre et se retrouva dans la cour. Elle songeait à l’arsenal qu’elle avait vu plus haut. MP5K, AKM, MAC-10. Elle en avait tenu de semblables sur le bord des routes, sur le chemin de retour des puits et des écoles. Elle s’en était servie. C’était redoutablement efficace.

La première rafale mourut dans la poussière à quelques centimètres de ses chevilles.

« Ils me veulent vivante », songea-t-elle. Si elle voulait avoir une chance de rallier leur cause, elle devait les impressionner. Leur échapper, coûte que coûte. Les hommes qui se font prendre ne valent rien, serinait-elle à son bataillon.

Ceux qui se font prendre ne valent rien.

Elle atterrit dans la rue. Trois gosses jouaient à embêter un cheval maigre, flanqué d’une carriole dont la peinture s’était écaillée avec le temps. Elle leur hurla de déguerpir et s’élança en direction du port. Elle n’était pas sûre qu’ils hésitent à tirer dans la foule.

Le long des canaux le marché battait son plein. Des odeurs insupportables de poissons séchés au soleil l’assaillirent, et des nuées de mouches emplirent ses yeux et ses oreilles. Déjà, elle entendait les cris de ses poursuivants.

Elle traversa les allées bruyantes et chargées de monde, tête baissée, changeant de direction aussi souvent que possible. Elle atteignit rapidement l’extrémité de la place, pour se retrouver face à l’impressionnant pont Faidherbe, enjambant le fleuve Sénégal, et dont le métal luisait au soleil.

Des bruits de bottes attirèrent son attention. Au sortir d’une ruelle, un homme blanc et massif courait dans sa direction, un Taser à bout de bras. Derrière elle, le type qu’elle avait vu empoisonner la nourriture. Sans hésiter, elle s’élança sur le bitume brûlant du pont, en direction de la terre.

La chaleur déformait l’asphalte et le relief de la côte. La lumière sur l’océan l’aveuglait. Un s’en-fout-la-mort la frôla en klaxonnant, l’appel d’air manquant de la faire trébucher. Elle se retourna, les deux mercenaires gagnaient du terrain. L’un d’eux la mit en joue. Sans hésiter, elle se jeta au milieu de la route, entre un solex et un camion disparaissant sous une cinquantaine de personnes. Une balle chemisée 9mm déchira l’air pollué et se ficha dans l’aile avant gauche. Ils avaient changé d’avis. Ils étaient prêts à l’éliminer.

Elle avait traversé toute la largeur de la route. Le colosse blanc s’arrêta et s’appuya sur le parapet pour la viser de nouveau. Les trois autres venaient de rejoindre son côté. Elle vit l’éclat de leur lame à leur ceinture. En une fraction de seconde, elle évalua la situation. Si elle devait sauter du pont, elle sauterait. Les courants étaient forts mais c’était une excellente nageuse. Elle prendrait le risque. S’ils la rattrapaient, ils l’égorgeraient et la jetteraient à l’eau comme si elle n’avait été qu’une chèvre. C’était aussi simple que ça.

Soudain elle vit la réverbération d’un pare-brise et eut une idée folle. Elle lança ses dernières forces dans la course. Elle tendit les mains, grimaçant sous l’effort, aveuglée par la sueur et le monoxyde de carbone. Elle entendait leurs souffles rauques. Elle pouvait presque sentir leur odeur.

Et soudain elle fut happée, soulevée de terre. Deux gamins l’avaient attrapée pour la faire grimper sur le camion. Une femme et un vieillard se joignirent à eux pour la hisser.

-Couchez-vous !!! hurla-t-elle. A terre !!!

SCENE EROTIQUE

Günh referma la tente derrière eux. Sa cicatrice roulait sous son bandeau, sa peau était brunie par le soleil, et sa tignasse roussâtre était maculée de poussière.

-Je te préférais plus jeune, ironisa-t-il.

-Moi je te préférais avec deux yeux.

Il ricana.

-Les services sexuels, ça te connait non ? T’étais pas la dernière de l’unité j’me trompe ? Nous avons besoin de convaincre un connard de l’ambassade américaine que nous sommes ici pour la bonne cause…

Il plaqua ses mains calleuses sur son cul pour l’attirer à elle. Elle ne cilla pas.

-Alors dis-moi, comment tu comptes t’y prendre ?

Selina le contempla de bas en haut. Il n’était ni beau ni laid. Il n’était qu’une boule de chair violente, tout comme elle. Elle n’avait qu’à actionner les mécanismes. C’était facile.

- Tu vas faire exactement ce que je te dis. Déboutonne ton pantalon et branle-toi.

Un sursaut de colère traversa le visage de l’afrikaner.

-Que…

-Ça fait cinq ans que je suis partie. Le grand homme blanc doit savoir que j’ai vécu dans la ville moi aussi. Les mœurs ont évoluées, ton ambassadeur ne va certainement pas culbuter une sauvageonne de la brousse, Günh. Il faut pimenter un peu la chose. Tu veux que je te montre ce que je vais lui faire oui ou non ?

Il s’exécuta. Son sexe large et pâle grossit entre ses doigts.

-Maintenant, commanda-t-elle, je veux que tu me parles.

-Quoi ?

-T’arrête pas ! Ferme les yeux. Parle à la fille que tu es en train de te faire… A quoi ressemble-t-elle ?

-A toi, railla-t-il.

Elle sourit. Les hommes ne savaient jamais où taper. Ils ne savaient pas non plus comment baiser. Ils n’étaient que des faibles, toujours prêts à suivre leur queue et celle qui la tenait.

-T’aime ça hein, salope… murmurait-il. T’aime ça avaler ma queue, je vais te la coller bien au fond jusqu’à ce que tu me supplie de te laisser respirer…

« Pathétique », songea-t-elle. Il continuait de se masser, de plus en vite, le visage contracté.

-Crache.

Il suspendit son geste.

-Crache, répéta Selina.

Il laissa dégouliner un minuscule filet de bave et reprit timidement ses va-et-vient. L’expérience l’inhibait visiblement.

La jeune fille se leva d’un bond et lui cracha méchamment dessus. Peter étala sa salive sur sa bite luisante et ses doigts intensifièrent leur caresse. Ce type, qu’elle avait vu amputer des vieillards et incendier des maisons, frottait son petit gland rose comme une fillette. Elle était un peu déçue par son ennemi, mais toutes ces choses n’avaient pas d’importance.

-Mieux que ça, rugit-elle.

-Je… je sais que t’aime ça, je vais te perforer la chatte…

-Ah oui ? Tu vas me prendre et me déchirer ? C’est ça que tu veux ?

Il haletait, la bouche ouverte et la tête renversée en arrière.

-Oui, oui, je vais te déchirer…

-Avec ta grosse queue, t’aime que je crie, hein, t’es un vrai mec…

De plus en plus vite.

-O… oui.

-Tes hommes te regardent je parie… Ils t’envient, c’est toujours toi qui passe en premier, c’est toujours pour toi les petits trous fermes, hein ? Bien serrés…

De plus en plus fort.

-Allez, finis-moi, vas-y… Vas-y !!

Il poussa un cri étouffé et gicla sur son pantalon. Un jet gluant et blanchâtre qui se prolongea en trois longues secousses. Il n’avait pas dû baiser depuis des jours.

-Je te fais jouir sans même te toucher, Günh. Tu es nul, acheva-t-elle. J’espère que les bureaucrates américains en ont plus que toi dans le pantalon.

-Ça veut dire que je t’en dois une, alors, grimaça-t-il.

-Contente-toi de me sauver le cul sur te terrain et j’efface ta dette, patron

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