La pomme ne tombe jamais loin du pommier.

kingofevil

Je suis étudiante en photographie, mon nom est Sarah, j’ai 24 ans. J’ai un petit ami, Michael, avec qui je devais partir en vacances à Paris, pour célébrer nos 4 ans de vie commune. Malheureusement, étant trader, et vu l’évolution des marchés boursiers, il n’a pu trouver le temps pour honorer notre réservation. Je me retrouvais donc le bec dans l’eau avec deux places pour la capitale la plus romantique du monde, ce n’était vraiment pas de chance. Après plusieurs tentatives pour embarquer l’une de mes amies dans cette aventure, en vain, le père de Michael, Jacob, fut l’heureux élu. Veuf depuis près de deux ans maintenant, et professeur d’histoire, nous n’avons pas eu trop de difficulté pour trouver les arguments nécessaires à sa venue dans la ville lumière.
Après une préparation en catastrophe, nous avons réussi à embarquer, non sans mal, pour arriver dans la capitale de la mode et le gastronomie. Le temps estivale fut notre plus beau cadeau à l’arrivée. Le dépaysement était total mais voilà, que faire avec son futur beau père dans une ville aussi grande que Paris ? Je ne le connaissais pas plus que ça à l’époque. Assez rustre depuis le décès de son épouse, il ne souriait pas, ne semblait plus enclin au bonheur. Un comble pour un voyage de ce genre. Lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel, luxueux et au cadre splendide, nous n’avons pas eu d’autres choix que de partager l’une des suites. A la base je ne devais pas me séparer de mon cher et tendre pendant les nuits qui s’annonçaient torrides. Jacob insistait pour dormir sur l’une des banquettes de la suite. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’ils étaient confortables mais de là à laisser mon futur beau père dormir ainsi, je ne pouvais pas m’y résigner. Je lui ai donc gentiment offert une place à mes côtés. Le lit était assez large pour les remplaçants d’une équipe de football alors à deux, nous n’avions que très peu de chance de nous gêner.
La chambre n’était qu’une étape de routine nécessaire à notre bon départ dans la capitale. Bien que réfractaire à l’idée de me suivre, j’ai dû m’employer pour que Jacob accepte de se joindre à moi.
Armée de mon appareil photo je mitraillais celle que l’on nommait la plus belle avenue du monde, les Champs Elysées, pendant que, du coin de l’œil, j’observais Jacob s’imprégner de l’architecture du sacré cœur. J’en profitais même pour prendre quelques clichés lorsqu’il se trouvait devant la Tour Eiffel. j’avais réussie, sans le savoir, à immortaliser son premier sourire depuis la disparition de Catherine, feu ma belle mère. Les jours qui suivirent, et donc l’exploration de la capitale, me fit découvrir un homme doux, passionné, aussi abattu qu’aimant la vie.
Nos soirées dans les différents restaurants gastronomiques me permirent d’apprécier les connaissances culinaires et œnologiques  du père de Michael.
Je me surprenais à oublier ce dernier lorsque je me retrouvais en compagnie de Jacob. Paris avait un réel pouvoir sur lui. L’homme rustre semblait avoir disparu pour laisser place à un séduisant quinquagénaire.
Ses goûts en matière littéraire étaient variées tout comme son vocabulaire et son gout prononcé pour la musique. Michael, quant à lui, ne se limitait qu’à la bourse, quand ses hobbies n’étaient pas de rester scotché à sa console de jeux vidéo tout le weekend.
La propension de Jacob à broyer du noir n’avait plus aucune légitimité depuis qu’il était avec moi. A dire vrai, la chambre à coucher était devenu le temple du plaisir et non du désespoir…J’ai honte d’écrire ces lignes, mais oui, j’ai succombé à l’homme merveilleux qui se cachait derrière le professeur d’histoire.
L’amour que nous éprouvons l’un pour l’autre n’a d’égal que la passion qui nous anime à Paris. Cette ville , qui a déjà été le théâtre de tellement de faits historiques et d’histoires d’amours en tout genre, avait contribuée, à sa manière, à créer une nouvelle love story.
Deux êtres diamétralement opposés en substance avaient réussis à se soustraire à toutes règles, à dépasser toutes les limites, pour ne faire parler que leurs âmes. Et je peux vous dire que la mienne à appris à hurler de plaisir depuis ce temps là.
Nous avons, bien entendu, annoncé à Michael ce qui se passait entre son père et moi. Autant vous dire qu’il n’a pas du tout apprécié. Ses mots ont été d’une très rare violence à mon encontre. Avec son père ce fut différent. Le respect l’avait empêché de dépasser les limites verbalement, bien qu’il failli en venir au main avec son géniteur en apprenant la nouvelle. Nous savions que notre histoire ne serait pas facile au début.
Après avoir emménagé avec Jacob dans le 16ème arrondissement, j’ai tenté de reprendre contact avec mon ancien fiancé, qui était devenu mon gendre depuis mon récent mariage avec son père. Toujours vindicatif envers ma personne, il n’a jamais daigné répondre à mes multiples appels, ou venir nous voir, son père, moi et sa demi-sœur, Janet.
Ce voyage, qui s’annonçait idyllique, devint l’aventure d’une vie. Je ne regrette pas mes choix, je vis un bonheur sans nom. Le beau père devint le mari, et le fiancé, le gendre. Beaucoup ne comprennent pas.  Pour jouir d’une vie digne de ce nom, faire des sacrifices, et assumer ses choix me semble nécessaire. D’autant plus maintenant.

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