L'amour et l'art

gordie-lachance

L’AMOUR ET L’ART

Les plaines à l’herbe drue et grasse

Servent aux amants de guerre lasse

Qui veulent goûter à l’élixir

De joie dans les flancs du plaisir

La terre et son écorce épaisse

-Où hommes couchent et vaches paissent-

Couve en son sein, étrange lueur,

La lave qui fait feu en son cœur 

      L’amour et l’art sont pareils

      Si l’on se donne à corps perdu.

L’or plane sous les peaux cuivrées

C’est l’esprit froid des enivrés

Qui font du drame une puissance 

Potentats du bonheur dans l’absence 

La voix subtile des corps restreints

Devant tant d’âmes que l’on contraint

Se voile de remords et d’envie

Aux deux pôles de mort et de vie

      L’amour et l’art sont pareils

      Quand ils se donnent à coeur perdu.

Berceuse aimée de trois sirènes 

Aux Ulysse englués dans l’arène

Lumineuse endémie de censures

Infligée aux naïfs qu’on capture

Qu’ils rient ! Qu’ils montrent leurs mâchoires 

Aux barreaux rouillés des parloirs ! 

Les mâtons sans bijoux clinquants

Sont gardiens de l’humour délinquant

      L’amour et l’art sont pareils

      Mais combien s’y sont perdus ?

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