Le monde est un peu plus libre

eukaryot

Nous sommes à l'intérieur, un cube sous d'autres cubes sous d'autres cubes. Reflets de reflets de reflets, et rien n'est vrai au dela des six frontières.

C'est à dire, qu'aujourd'hui, on nous dit à la télé que c'est spécial, que le monde est libre, un peu plus.

Libre?

De l'autre côté du monde, dans un désert dont tout le monde se fout, les troupes gonflées bardées blasées ont tué un enturbanné, une sorte de chèvre émissaire, qui regardait le monde tomber, il leur a joué,paraît il, deux bons tours. On croit les vainqueurs qui nous disent que c'était lui, de sa faute. Patriot act, vigipirate, le reste.

Libre?

Le monde est libre. Scènes de liesse à new-york, chez nous, on grapille ce qu'on peut de cette gloire subite, ça arrangerait bien nos affaires. Pas de liesse pour nous, procuration, seulement. Et puis quoi? Dix ans, mille milliard de dollars plus tard, presque un million de morts, tous engagé au cache cache terroriste, la guerre contre l'axe du mal, l'axe de l'autre, un monde un peu plus haineux envers les tapis au sol et les doux appels des muezzins, un monde un peu plus oublieux du laisser vivre. Mais la joie, la joie! Presque pour tout le monde. Liesse,

libre?

Encore plus d'yeux anonymes fouillant nos recoins, de portiques à passer, déshabillez vous, comme à la télé; quoi? Le monde a changé. Personne ne tique, seule l'horloge sa veille silencieuse démontre que le monde a changé. Jusqu'au dernier battement des écrans télés, au dernier ciel des yeux tombés, à la dernière gamine aux mains assechées.

Libre?

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