le vieux: un: le nouveau-né

Christian Gagnon

J'ai autant de vies qu'un chat arabe.

Je me salue bien bas

Toi

Vieux nouveau-né

 

Vielle enveloppe racornie

Décachetée

Timbrée

Sans adresse

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Vieille page blanche

Ta septième vie qui s'écrit dessus

10 fois celles d'un chat arabe.

 

Vieux siffleux

Tes artères à l'heure de pointe

Ta tête de chien de prairie

L'Hydro qui fait des frites dans tes oreilles

Les fusibles qui sautent dans tes genoux

Tes peaux en friche

Tu te déboises

 

Vieux grain de sable

Calé avec mille autres dans la main d'un môme

Si semblable et si différent.

 

Tu ne réfléchis plus

Les miroirs c'est juste bon à briser

Tu n'expires plus les années

Tu les aspires

Tu ne comptes plus tu décomptes

Un œil au large

L'autre dans la brume

Tu te vis à l'impératif urgent

Tu t'aimes à l'inconditionnel présent

 

Tu marches sur les œufs pour bien les casser

Tu manges les pissenlits par la tête

Tu refais les 400 coups

Tu barbes ta face

Tu te tombes dans les bras

T'es mûr pour un huitième ciel

 

Vieux flocon libre

Semblable à ras le sol

Unique en plein vol

Tu te tiens 6 pieds au-dessus terre

En apesanteur

En absence de gravité

C'est en haut que tu glanes

 

Tu ne rases plus le cul de la terre

Tu flattes le bleu du ciel tout nu

T'es Buzz Lightyear à perte de vue

 
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