L'enfant du bac à sable

eche

J'étais seul et tranquille dans mon bac à sable

Seul et pénard à construire mes chateaux de sable

A côté de moi, y avait un chêne, un pin et un érable,

Pas de boulot, pas d'"if", pas d'êtres, sinon ça rime à rien.

Assis sur mon derrière à regarder devant,

J'entendais siffler les merles, et maman,

Qui me disait sans cesse de ne pas faire pipi dedans,

Dedans le bac à sable où j'étais seul et pénard, mine de rien.

J'avais appris à manier la pelle et le seau.

Ma grande fierté, c'était de m'enterrer de bas en haut

Pour que personne me voit, j'étais pas beau !

J'avais peur des autres enfants qui ne me voulaient pas que du bien.

Puis, t'es venue me voir avec tes nattes et ton chapeau,

Tu m'as regardé, enfoui sous mon tas de sable chaud,

Et tu m'as dit, qu'avec mon air penaud,

Je devais être quand même bien pénard, dans mon bac à sable.

Alors, tout étonné qu'on s'adresse enfin à moi,

J'ai pas su quoi répondre, je suis resté coï,

Une demi heure à te regarder sans trop savoir pourquoi.

T'avais su enfin me voir tel que j'étais,

Tranquille, seul et pénard dans mon bac à sable.

Puis t'es revenue tous les jours, te planter là devant moi,

A me regarder m'enterrer sous le sable d'ici bas.

On aurait dit que tu me comprenais, c'est ça !

Que tu savais que j'étais juste là pour me cacher des autres et de moi.

Tu m'as laissé comme ça au moins un mois,

Puis un beau jour, tu es venue avec une fleur et deux bouts de bois.

Et tu mas dit :" Tant qu'à t'enterrer,

Enterres toi sous une croix,

Au moins qu'on sache qu'il y a quelqu'un qui se cache ici bas.

Elle a posé la fleur, elle a posé la croix,

Puis elle est partie sans me dire pourquoi.

J'étais à nouveau seul, tranquille, pénard,

Mais je savais que désormais,

Quelqu'un

Quelque part

Penserait à moi.

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