Les Titis qu’étaient pas de Paris

lanimelle

Les Titis qu’étaient pas de Paris

Deux enfants aux allures de grands, marchaient main dans la main sur le même chemin.

Dans l’arrière cours de leur passé, des boulets aux pieds lourds et parfois étouffants, invisibles et douloureux, faisaient trainer leurs godasses sur cette longue vie, mains dans la main sur le même chemin.

Il plu la peur et il la connaissait déjà.

Il souffla l’angoisse et il la connaissait déjà.

Il soleilla le bonheur et ils ne le reconnurent pas.

Dans le pays aux merveilles qu’ils s’étaient inventés, ils n’avaient pas prévu encore les blessures, les pleurs intérieures et les larmes qui noient.

A croire que les amoureux sont protégés derrière l’intensité de leur sentiment.

Elle découvrit une autre façon de s’ouvrir, il arracha pétale par pétale.

Par terre, la gueule en sang, ils continuèrent à se regarder comme si l’autre été le seul horizon.

Deux mains aux confins de l’amour, se serrent jusqu’à ce que mort s’en suive.

Elle prit une ride, il prit les devants, il pris 6 mois elle lui prit la main.

Deux titis qui ne sont pas de paris, trainaient les pieds près des limites interdites.

Les cabossés aux bornes pas tranquilles, le regard bas, les cheveux en friche, sans références d’ADN, sans reflet d’origine certifié, parfois transparent, parfois hurlants, le duo aux couplets de possession changèrent la course de l’horloge.

Sculpture éphémère, association d’une femme et d’un homme, couture imparfaite pour un revers en fragrances d’idéaux.

Ils moururent sous la lave étouffante de la vie.

L’animelle

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