Les Vilains. 2

Hervé Lénervé

Je continue ma lamentable saga familiale.

Il me reste à présenter, le père et la mère. On ne les aime pas, non plus, ces deux-là. Puis les tontons, les tatas, les neveux, les cousins. Mes aïeux, on n'est pas couché ! De toute façon, il n'y en a pas un, dans la tribu, pour relever la moyenne du QI de l'espèce humaine.

A ce propos, d'ailleurs, même si cela casse ma progression dramatique, le vaisseau spatial qui avait atterri dans le hameau, en l'hiver 89. Des Extra-Terrestres, surement, voulaient tester le niveau d'efficience de la civilisation humaine. Ils sont repartis aussi sec, illico, mais presto.

Il faut dire que toute ma famille a toujours habité le même hameau. Elle en est, d'ailleurs, la seule habitante. Il y eut bien quelques étrangers qui s'y installèrent, mais ils ne sont pas restés. Oui, le pépé, il tremble comme une feuille de tremble, mais il a encore l'œil avec sa pétoire, il y a deux d'enterrés sous le noyer.

- Vas t'y donc déterrer les patates, plutôt que de scribouiller dans ton cahier, les études c'est bon pour les faignants, bon à rien !

Ça, c'est la maternelle, pas une flèche non plus. L'école, elle ne l'a pas connue, ils n'ont pas voulu d'elle. Elle a raté tous les tests, même celui d'urine. Oui, il y a une sélection chez nous, pour relever la moyenne de l'espèce rurale.

Autant le dire tout de suite, ma famille ne compte pas de prix Nobel parmi les siens, comme dans toutes les autres familles.

A SUIVRE

(Après une pause, j'ai des examens à passer et ce n'est pas à la Fac.)

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