L'hêtre

clemstonem

Le temps a enfin changé, nous nous rapprochons de l'été. Il a emporté avec lui, l'orage qui me paralysait. Les feuilles repeuplent les arbres, les oiseaux sont revenus chanter au bord de ma fenêtre. L'hêtre que tu as planté a bien grandit cette année, il est si imposant qu'on peut le voir de l'autre bout du quartier. Le lycée me paraît moins morose depuis que le soleil a rallongé les journées. Les nuits sont écourtées, tant mieux, le noir m'effraie. Papa s'est remit a cuisiner comme auparavant, il a même essayé de nous en inculquer les bases. Mais bon tu me connais, je ne suis pas très douée. La maison a un peu retrouvé de son calme d'antan, mamie vient souvent et Jules a arrêté de se plaindre constamment. Je joue d'ailleurs de plus en plus à la guitare, parfois au détriment de mes études, mais je te promet que je ne me laisserais pas aller. Le ciel bleu contraste avec les briques rouge des immeubles, notre ville est belle. Je sais que tu l'aimes toi aussi. Que tu aimes ce jardin à côté de la Garonne où on s'allongeait dans l'herbe parfois mouillée sans se parler, juste histoire d'être là, ensemble. Je suis repassée devant l'église où vous vous êtes marié, toi et papa, les travaux sont terminés, elle n'a pas trop changé.  Désormais, je peux de nouveau me balader dans les ruelles au calme apaisant, celles que papi aimait tant photographier. Seulement tu sais, il a cette rue où je ne peux plus passer. Cette rue où il a trois mois, une voiture t'as emportée.

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