Maman

Hervé Lénervé

Je ne me souviens plus que ma mère m'aie porté dans ses bras.

Elle a bien dû le faire quand j'étais nourrisson et que je ne marchais pas. Je ne pense pas qu'elle m'aie déplacé en me traînant par une patte.

Notre mère, nous aimait à sa façon, mais pas à celles des enfants. Il faut dire qu'on était nombreux et encore deux ont déclaré forfait dès le départ. La mortalité infantile faisait partie de la vie civile en touchant principalement les enfants. Une formalité de couple, auquel les psychologies avaient bien dû s'y habitué et l'admettre comme une fatalité. Le tribut qu'il faut payer à je ne sais trop qui.

- Chéri, le petit n'est pas très fort, ce matin. Je ne sais pas s'il sera toujours là, quand tu rentreras du travail ?

- Ne t'inquiètes pas, ma chérie. Le sort y pourvoira !

Bon moi, vous le savez, je n'ai pas eu de père et je ne m'en suis jamais plaint. Cela a dû m'éviter pas mal de torgnoles paternelles. Car je dois reconnaître que notre mère, même si elle ne nous embrassait pas, ne nous battait qu'avec modération, elle n'était pas bien forte, un petit bout de femme, haute comme trois pommes, mais dotée d'une force de caractère pouvant élever ses quatre restants toute seule en leur évitant la prison. Chapeau !

Bon ceci dit, chacun a les parents qu'il mérite.


Note de l'auteur. Je tiens à préciser que ce texte est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes ayant existées, existantes, ou en devenir d'existence, serait purement fortuite.

"Non ! Maman ! Tap'pas ! Tap'pas ! Je l'ferais plus."

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