Moi et ma Twingo

roigoon

Concours roman photo Nouvelle Twingo

Une jeune fille déambule dans Paris en nouvelle Twingo. L'habitacle est plein d'objets hétéroclites qui laissent penser qu'elle vient de déménager. On aperçoit un lampadaire dépasser du toit ouvrant. Elle est jeune, belle, porte des vêtements acidulés. Il fait beau, les vitres et le toit ouvert laissent pénétrer la lumière d'un été qui s'éternise.

 La voiture s'échappe d'un périphérique bondé de voitures tristes. La nouvelle Twingo colorée s'échappe de ce magma grâce à des travailleurs qui ont ôté les quilles orange interdisant l'accès à une bretelle de sortie. La conductrice leur fait un grand signe : "Merci, vous êtes adorables !"

 La Twingo patiente à un feu rouge devant la tour Eiffel, des touristes japonais tournent le dos au monument et mitraillent la jolie voiture. La jeune fille leur fait une grimace enfantine en riant. "Des mots d'admiration fusent en japonais ."

 La Twingo a trouvé une place de choix sur un terre-plein au champ de Mars à côté d'un kiosque à bonbons. La jeune fille dépasse de deux têtes les enfants dans la file d'attente. Elle discute avec des gamines. "J'aimerais que ma poupée te ressemble, lui lance l'une d'elles, elle aurait la même voiture que toi."

 Place de la Concorde, la jeune Lolita s'est arrêtée. Son buste dépasse du toit ouvrant. Barbe à papa rose en main, elle fait un "selfie" avec l'obélisque en arrière-plan, sans se préoccuper des autres voitures qui s'impatientent. "À moi la liberté ! " crie-t-elle au monde.

 Le boulevard est bondé. La Twingo dépasse une masse de voitures bloquées à un feu rouge en jaillissant d'une contre-allée. Elle grille également la politesse à une voiture officielle arrivant d'une rue adjacente. Les motards de l'escorte contemplent la nouvelle Twingo avec curiosité. « Qu'est-ce qu'on fait, on l'arrête ? » demande l'un. « Tu es fou, suivons-la, le ministre est pressé et elle va dans notre direction »

 Pont des Arts, Mademoiselle Sans-Gêne a stoppé son véhicule sans se préoccuper de l'interdiction. On la voit jeter dans l'eau un cadenas, une énorme pince-monseigneur à la main. Retirer ce symbole de l'amour éternel parmi les milliers d'autres trahit la fin d'un amour. La fraîcheur de la pauvre abandonnée suscite l'envie autour d'elle. "Adieu, salaud " lance-t-elle au vent.

 La jeune fille est descendue du véhicule. L'air espiègle, on la voit en train de converser avec des clochards assis sur le trottoir. Elle leur a ouvert une valise pleine de vêtements d'homme. On devine qu'elle joue un sale tour à quelqu'un. "Ces vêtements sont de très bonne qualité et presque neufs, ils sont à vous, vous pouvez en faire ce que vous voulez ».

 Dans la rue des Thermopyles, un passage très étroit où elle a réussi à se faufiler elle stationne devant une maison avec du lierre. Elle est arrivée à destination. Un couple l'accueille en l'embrassant affectueusement. On le sent heureux d'accueillir son enfant. « Papa, maman, enfin ! Vous et ma Twingo sont les plus belles choses de ma vie. »

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