En Attendant Godard #13 - Les Moleskines - Dans Paris

dyonisos

Carnet de voyage numéro treize – Odéon #EnAttendantGodard

Comme un coton dans un champ de coton. Imprégné de maquillage, je ne crains pas l'absurdité. J'attends Beckett en face du MK2.

Il ne viendra que s'il est accompagné de Raphaël. J'ai mon sexe dans ma main. Plus de pudibonderie, ni même de pudeur. J'ai en tête des images construites qui se déconstruisent. S'assemblent. Et éclatent. L'abbé Mathieu qui joue avec un camion de pompier. Ma maîtresse d'école, Mme Darder, qui chiale et qui se vaccine contre l'absurde. Elle rêve de moi. Je suis un fantasme de 7 ans.

Ce connard de Godard attendra. La nouvelle Vague, elle s'écrira. Elle se brandira dans la nuit de Paris. Elle n'attendra pas l'image.

Putain d'acide, putain d'alcool. Je brûle, adossé aux portes du MK2, l'écume au bord des lèvres. L'aube se lève. Un trait lumineux asperge mes pupilles dilatées jusqu'à l'os.

J'ai toujours envie de baiser mais incapable de frémir, de ressentir sa main sur ma bite. La drogue de l'amour, mon cul. J'entends un gyrophare qui luit. Je vois des hurlements d'effroi de gens que je connais bien.

Je suis injuste parmi les justes. Circoncis, le sexe à l'air, on me traîne. Mes talons dans mon estomac. J'ai le sang qui se vide et mes yeux virent au blanc. Espuma d'acide dans la gorge.

Fracassé, défoncé, ravagé, brisé, vidé, bouleversé, malheureux.

On part à Cannes. Je veux mon Oscar et mon cône glacé : j'écris rarement sur un lit d'hôpital.

A suivre

Carnet de Voyage numero quatorze - Porte Dorée #JouissanceElectronique

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