Pardonne

Emmanuel Rastouil

A celle qui s'enfuit un matin de septembre

Supprimant sans un mot toute illusion d'espoir,

Aux parents, aux amis, aux compagnons de chambre

Emportant avec eux ton rêve à l'abattoir,

Pardonne.

Tout l'amour non-reçu, le manque de caresses,

Les blessures, les coups, les mots comme un poison,

Quand le flot de tes jours te content leurs tristesses

Et que, soudain, tu perds ton esprit, ta raison,

Pardonne.

Car le poids est trop lourd à porter pour un homme

Qui ne veut oublier ni ne garder rancoeur,

Parce que ton désir n'est que de vivre en somme !

Tu voudrais que l'amour s'installe dans ton coeur,

Pardonne.

Sur un bout de papier ou du bord de ta bouche,

A l'aube ou vers le soir, quand surgit le besoin,

Lorsque valse la brume et que son bras te touche

Caressant tes cheveux vers un bonheur plus loin,

Pardonne.

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