Si seulement quelqu'un disait

ladyrature

chronique de l'album Quelqu'un m'a dit

Si seulement quelqu'un disait.

Si seulement quelqu'un faisait remarquer comme elle parle aux mots, aux x dans le texte, aux « toujours » pas assez nets. A quel point dans sa bouche s'inventent les allitérations s'inventent, et sonnent les occlusives,

Si au moins quelqu'un pouvait préciser qu'avec elle sont revenus la valse, le guitare-voix et le timbre particulier des fumeuses judicieuses,

Si par hasard quelqu'un expliquait les raisons pour lesquelles ses métaphores font mouche, amusent et émeuvent,

Si aujourd'hui quelqu'un faisait l'effort de signaler qu'on a rarement fait voisiner Saint-Laurent et Trotsky, le guépard et l'aorte, le body, le salaud et la raquette,

Si, même rien qu'une fois, quelqu'un chantait « indeshabillable » !

Si seulement quelqu'un me disait tout ça, là, maintenant…

Au lieu de ça, on pisse-vinaigre que le tréma du prénom s'est bien vite avachi,

On déblatère comme quoi le noir et blanc des photos du livret a eu vite fait de virer aux gris fadasses des tailleurs-première-dame,

On décrète que qui aime ces chansons fait illico ami-ami avec Morano, les Balkany, et puis Zadig et même Voltaire, sans oublier les porteurs de Rolex.

En fait, j'aurais bien aimé qu'on soit un peu plus précis.

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