Solitude

_aylden_r

Minuit sonne une fois encore, comme si cela lui tenait à cœur, le versant du cadran solaire.


J'ai l'impression que les sages ne disent vrai, ne voient juste, que pour les autres,

Car cette masse de corps, probablement anthropomorphes si j'y attardais mon regard, ne me contente pas.


Je distingue dans les plis de sa main un gouffre de réconfort, un fossé de gentillesse. Je rêve de m'y perdre... Mais les creux se bouchent presque aussitôt sous les gants molletonnés d'hiver.


J'ai peur... Non, je suis terrifiée...

Terrifiée à l'idée de rester incapable d'aimer grand, d'aimer fort, d'idéaliser, sans être crédule à nouveau...

De me sentir incapable de tenir une main, de soutenir un regard direct, de sourire sans faux-semblants protecteurs...

De n'être plus jamais éligible au jeu des caresses douces et des mots subtils...


Je crois que j'ai peur de rester seule, enfermée dans ce corridor étroit et sombre, à contempler les mille et une briques qui camouflent la Lune et me fabriquent toutes ces nuits horribles.

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