Symbio

Julien Simon

SYMBIO - INCIPIT

Gail prit une grande inspiration avant d'ouvrir les yeux. Chaque visite dans Symbio était une expérience à part, toujours différente, et son père prétendait avoir apporté des améliorations notables depuis la dernière fois. Mais lorsqu'elle ouvrit les paupières, ce qu'elle découvrit manqua de la faire tomber à la renverse. Elle ne s'attendait pas à un tel spectacle.— Ça te plait? grésilla une voix synthétique à son oreille.  Une mer aux flots légers léchait le sable d'une plage paradisiaque tandis qu'un peu plus haut, au sommet d'un grand escalier de bois, on pouvait deviner les premiers bâtiments d'une ville à l'architecture familière. — Encore mieux que dans les rêves, souffla Gail.La voix grésilla de nouveau à son oreille, comme à travers le haut-parleur d'un de ces vieux postes de radio. — Ça s'améliore petit à petit, répondit Samuel derrière les parasites.Une vague caressa les orteils de l'adolescente: ses pieds trempaient dans une eau claire et chaude, aussi réelle que si elle s'était trouvée ici en chair et en os. À travers ses sandales, elle sentait la danse des grains de sable qui roulaient sur sa peau tannée. De visite en visite, les détails se faisaient plus nombreux. Elle se souvint de sa dernière exploration : le paysage ressemblait alors à un vieux jeu vidéo. — J'aurais dû apporter mon maillot de bain, plaisanta-t-elle. — Symbio 5 n'est rien d'autre que le reflet des souvenirs et des désirs de ceux qui s'y connectent. Si l'on pense que le protocole... — Je sais, je sais, oui... Gail laissa son père monologuer à son oreille et fit quelques pas dans le sable pour tester sa texture. C'est vraiment parfait. Stupéfiant de réalisme, même. Elle s'approcha ensuite des escaliers qui menaient à la ville pour profiter de l'ombre d'un pin. Le soleil était une tache d'or en fusion dans un ciel sans nuage. — Il fait si chaud! dit-elle. Tu peux faire quelque chose, Samuel ? — Fais-le toi-même. Gail laissa échapper un rire nerveux. Elle savait que la plage n'existait que dans sa tête, mais elle soupçonnait son père d'être sérieux. — J'ai débrayé le module de sécurité pour cette session. Faisons un test. Essaye de faire se coucher le soleil. — Mes bras sont trop courts pour l'attraper, ironisa-t-elle.  — Concentre-toi. Visualise son mouvement.  L'adolescente soupira, puis ferma les yeux. Dans les phases de tests qui précédaient les grands lancements Symbio, Samuel perdait tout humour. Elle fronça les sourcils. Puis comme attrapé dans sa course par la main d'un géant ailé, le soleil alla doucement se poser sur l'horizon. — Je ne suis pas mauvaise à ce jeu, dit fièrement la jeune fille en contemplant la petite balle rougeoyante qui flottait maintenant entre ciel et mer. — Tu dois avoir ça dans le sang, ajouta Samuel, et son souffle traversa les océans pour aller effleurer l'oreille de sa testeuse préférée. Maintenant, enchaîna-t-il, n'oublions pas la raison pour laquelle nous sommes ici. Dirige-toi vers la ville.  Gail se sentit pousser des ailes. C'était la partie du test qu'elle préférait.  Sous les yeux de la jeune fille, la ville jaillit hors de terre comme un champignon de verre, de béton et d'acier. C'était un curieux mélange. Cet endroit ne ressemblait jamais à une ville en particulier, mais à un astucieux assemblage entre plusieurs d'entres elles : Shangai, New-York, Paris, quelques autres dont elle n'avait gardé qu'un souvenir confus. Samuel avait si souvent voyagé avec elle, et les villes du monde se ressemblaient tellement. Elle passa donc devant une boutique d'appareils photo qu'elle pensait avoir admirée à Los Angeles... ou à Tokyo. Puis elle poursuivit son chemin jusqu'à une intersection. Les feux de circulation fonctionnaient parfaitement, à ceci près qu'aucune voiture n'y était arrêtée. Aucun piéton non plus, à part elle-même bien entendu.  — Il serait quand même temps de mettre un peu de vie ici, souffla la jeune fille.  — Ça ne dépend pas de moi… Des trottoirs vides couraient le long des rues désertes. Seule trace d'activité, un vent léger poussé par la mer soufflait dans les couloirs de cette métropole étrangement vierge, comme si les peintres, les maçons et les architectes venaient à l'instant de terminer leur ouvrage. Les magasins, portes closes, attendaient impatiemment leurs premiers clients tandis que des voitures rutilantes étaient garées sur des emplacements si propres qu'on aurait pu y manger. C'était un monde neuf, inexploré, que des millions d'abonnés pourraient bientôt visiter… dès que l'assemblée générale de Symbio aurait donné son feu vert.— Commençons le test de gravité, si tu veux bien… — Ok.Lors de précédentes séances, certains objets avaient eu tendance à ne pas se comporter comme ils auraient dû le faire, et à s'envoler à tort et à travers. Cela pouvait être ennuyeux si cela arrivait à quelqu'un pendant une connexion. — Fléchis les jambes et essaye de sauter le plus haut possible, dit Samuel en appuyant sur les touches de son clavier.Mais alors que Gail s'apprêtait à obéir, un mouvement suspect attira son attention. Comme une ombre furtive dont elle avait deviné l'existence à la périphérie de son regard. Elle se figea, les sens en éveil.— Qu'est-ce qui se passe ?— Je ne suis pas sûre. J'ai cru que…Son père l'interrompit.— Reprends le test, s'il te plait.Gail acquiesça et regagna son sérieux. Le long du boulevard courait une ligne de métro aérien, terminée par une station vitrée. Gail s'apprêtait à sauter lorsqu'elle repéra un nouveau mouvement, cette fois-ci très distinctement.— Samuel! Je vois quelque chose bouger là-bas, dit la jeune fille.  — Tu plaisantes? Son père sembla réfléchir un instant. — C'était sûrement le vent. Mais Gail savait que le vent n’était pas responsable. Quelque chose se cachait dans la station de métro, derrière un panneau. Quelque chose qui pensait observer l'adolescente en toute discrétion.— Tu peux vérifier, s'il te plait? Tandis qu'elle s'avançait lentement en direction de la station, elle entendit Samuel taper sur son clavier de l'autre côté du mur virtuel qui les séparait. — C'est un bug, dit son père. Personne d'autre que toi n'a pu se connecter, et les Répliques ne sont pas encore fonctionnelles. Il n'y a pas de...  — Il y a quelqu'un! hurla Gail en pointant du doigt l'intrus.   Repéré, la silhouette sombre se leva d'un bond et s'élança dans la direction opposée, le long des rails. L'inconnu cherchait clairement à lui échapper. — Gail, continua son père, c'est forcément une erreur ! Mais elle n'écoutait plus: la jeune fille grimpait déjà les escaliers métalliques qui la séparaient des voies du métro. Elle sauta sur les rails, bien décidée à rattraper le fuyard. Je ne suis même pas essouflée, pensa-t-elle, je pourrais tenir des heures. Elle qui d'ordinaire préférait laisser à ses amis les joies du sport voyait ses performances décuplées dans Symbio.  L'inconnu avait une bonne longueur d'avance mais Gail, habituée à se mouvoir dans le réseau, était rapide. Bientôt sur ses talons, elle remarqua que le garçon était blond et qu'il portait une paire de jeans larges et un sweat-shirt à capuche. Elle sentit qu'elle pouvait encore accélérer. Elle le touchait presque, et elle allait l'attraper... lorsqu'un bruit terrible la plongea dans l'effroi. — Pas possible, souffla-t-elle. Mais comment... ?! Le train hurla en accélérant: une rame de métro fonçait vers eux à toute vitesse. S'ils restaient sur la voie, ses centaines de tonnes d'acier les écraseraient bientôt. Gail baissa la tête vers le trottoir. Le sol était au moins à huit mètres en contrebas et elle savait que Symbio retranscrirait la douleur de ses chevilles brisées si elle sautait.   — Gail? demanda son père. Gail, tout va bien?  L'inconnu freina en même temps qu'elle et se retourna. Une large mèche de cheveux blonds barrait son front, masquant à moitié un regard bleu polaire. Il devait avoir son âge.  — Si nous restons ici, dit le garçon en souriant, nous allons mourir... — Cours! hurla-t-elle.  Les deux adolescents pivotèrent et se précipitèrent vers la station qu'ils avait laissée derrière eux. C'était la seule solution. La voie était étroite mais c'était suffisant pour courir sur une centaine de mètres. Ils devaient faire vite. Courir le plus rapidement possible.Mais une douleur fulgurante traversa la cheville de Gail. Elle venait de se prendre le pied dans une traverse en bois et chuta de tout son long sur la voie. Le garçon se précipita vers elle et l'aida à se relever. — Vite! cria-t-il. Plus vite! Mais il était trop tard : le métro n'était plus qu'à quelques mètres des deux adolescents et le dénouement était inéluctable. Ils n'arriveraient jamais à atteindre la station.  — Au moins on aura essayé, dit le jeune homme en souriant tandis que la sirène du train hurlait en fonçant sur eux.  La lumière s'éteignit sur le monde. Gail voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa gorge. — Ne lutte pas, dit la voix douce de Samuel.  Gail ouvrit les yeux: Samuel était là, face au fauteuil dans lequel elle était enfoncée, et semblait chercher à lire dans ses yeux le récit de son aventure. La jeune fille savait pourtant que l'effet que suscitait parfois le regard de ce père n'était qu'une impression: un test qui avait viré à la catastrophe avait voilé ses yeux des années auparavant. Et ce n'était pas le pire, mais Gail n'avait pas envie d'y penser maintenant. — Il y avait quelqu'un ! dit-elle.D'un geste de la main, son père balaya l'hypothèse.— Peut-être une image résiduelle, ou un souvenir caché, dit Samuel en se penchant vers l'imprimante 3D qui avait retranscrit les données de l'expérience. Il n'y a personne d'autre que toi et moi dans Symbio pour le moment.  — Un métro m’a foncé dessus! Quelqu'un devait bien le conduire, non ? Et j’ai failli mourir ! — Tu sais bien que tu ne peux pas mourir dans Symbio. Un cauchemar aura perturbé tes ondes cérébrales, voilà tout. Les bugs sont inévitables… L'adolescente soupira: après ces tests auxquels ils s'adonnaient depuis plusieurs semaines, Samuel préférait couper court à toute discussion et se plonger dans l'étude des données recueillies. C'était comme s'adresser à un mur.  — Comme tu voudras, dit-elle en se levant du fauteuil, récupérant au passage le Symbio 4 qu'elle avait retiré avant le saut et qui, d'ordinaire, ne la quittait jamais.  Mais quelque chose ne tourne pas rond, crois-moi.— Merci de ta participation, dit Samuel. N’oublie pas de me faire le rapport écrit de tes impressions avant d’aller te coucher. Ça m’est vraiment très utile.Gail s'abstint d'ouvrir la bouche. Au lieu de cela, elle fit claquer sa langue et referma la porte du bureau derrière elle, laissant son père seul à sa table de travail, comme toutes les nuits.SYMBIO - INCIPIT

Gail prit une grande inspiration avant d'ouvrir les yeux. Chaque visite dans Symbio était une expérience à part, toujours différente, et son père prétendait avoir apporté des améliorations notables depuis la dernière fois. Mais lorsqu'elle ouvrit les paupières, ce qu'elle découvrit manqua de la faire tomber à la renverse. Elle ne s'attendait pas à un tel spectacle.

Ça te plait? grésilla une voix synthétique à son oreille.  

Une mer aux flots légers léchait le sable d'une plage paradisiaque tandis qu'un peu plus haut, au sommet d'un grand escalier de bois, on pouvait deviner les premiers bâtiments d'une ville à l'architecture familière. 

— Encore mieux que dans les rêves, souffla Gail.

La voix grésilla de nouveau à son oreille, comme à travers le haut-parleur d'un de ces vieux postes de radio. 

Ça s'améliore petit à petit, répondit Samuel derrière les parasites.

Une vague caressa les orteils de l'adolescente: ses pieds trempaient dans une eau claire et chaude, aussi réelle que si elle s'était trouvée ici en chair et en os. À travers ses sandales, elle sentait la danse des grains de sable qui roulaient sur sa peau tannée. De visite en visite, les détails se faisaient plus nombreux. Elle se souvint de sa dernière exploration : le paysage ressemblait alors à un vieux jeu vidéo. 

— J'aurais dû apporter mon maillot de bain, plaisanta-t-elle. 

Symbio 5 n'est rien d'autre que le reflet des souvenirs et des désirs de ceux qui s'y connectent. Si l'on pense que le protocole... 

— Je sais, je sais, oui... 

Gail laissa son père monologuer à son oreille et fit quelques pas dans le sable pour tester sa texture. C'était vraiment parfait. Stupéfiant de réalisme, même. Elle s'approcha ensuite des escaliers qui menaient à la ville pour profiter de l'ombre d'un pin. Le soleil était une tache d'or en fusion dans un ciel sans nuage. 

— Il fait si chaud! dit-elle. Tu peux faire quelque chose, Samuel ? 

Fais-le toi-même. 

Gail laissa échapper un rire nerveux. Elle savait que la plage n'existait que dans sa tête, mais elle soupçonnait son père d'être sérieux. 

J'ai débrayé le module de sécurité pour cette session. Faisons un test. Essaye de faire se coucher le soleil. 

— Mes bras sont trop courts pour l'attraper, ironisa-t-elle.  

Concentre-toi. Visualise son mouvement.  

L'adolescente soupira, puis ferma les yeux. Dans les phases de tests qui précédaient les grands lancements Symbio, Samuel perdait tout humour. Elle fronça les sourcils. Puis comme attrapé dans sa course par la main d'un géant ailé, le soleil alla doucement se poser sur l'horizon. 

— Je ne suis pas mauvaise à ce jeu, dit fièrement la jeune fille en contemplant la petite balle rougeoyante qui flottait maintenant entre ciel et mer. 

Tu dois avoir ça dans le sang, ajouta Samuel, et son souffle traversa les océans pour aller effleurer l'oreille de sa testeuse préférée. Maintenant, enchaîna-t-il, n'oublions pas la raison pour laquelle nous sommes ici. Dirige-toi vers la ville.  

Gail se sentit pousser des ailes. C'était la partie du test qu'elle préférait.  


Sous les yeux de la jeune fille, la ville jaillit hors de terre comme un champignon de verre, de béton et d'acier.

C'était un curieux mélange. Cet endroit ne ressemblait jamais à une ville en particulier, mais à un astucieux assemblage entre plusieurs d'entres elles : Shangai, New-York, Paris, quelques autres dont elle n'avait gardé qu'un souvenir confus. Samuel avait si souvent voyagé avec elle, et les villes du monde se ressemblaient tellement. Elle passa donc devant une boutique d'appareils photo qu'elle pensait avoir admirée à Los Angeles... ou à Tokyo. Puis elle poursuivit son chemin jusqu'à une intersection.

Les feux de circulation fonctionnaient parfaitement, à ceci près qu'aucune voiture n'y était arrêtée. Aucun piéton non plus, à part elle-même bien entendu.  

— Il serait quand même temps de mettre un peu de vie ici, souffla la jeune fille.  

Ça ne dépend plus de moi… 

Des trottoirs vides couraient le long des rues désertes. Seule trace d'activité, un vent léger poussé par la mer soufflait dans les couloirs de cette métropole étrangement vierge, comme si les peintres, les maçons et les architectes venaient à l'instant de terminer leur ouvrage. Les magasins, portes closes, attendaient impatiemment leurs premiers clients tandis que des voitures rutilantes étaient garées sur des emplacements si propres qu'on aurait pu y manger. C'était un monde neuf, inexploré, que des millions d'abonnés pourraient bientôt visiter… dès que l'assemblée générale de Symbio aurait donné son feu vert.

Commençons le test de gravité, si tu veux bien… 

— Ok.

Lors de précédentes séances, certains objets avaient eu tendance à ne pas se comporter comme ils auraient dû le faire, et à s'envoler à tort et à travers. Cela pouvait être ennuyeux si cela arrivait à quelqu'un pendant une connexion. 

Fléchis les jambes et essaye de sauter le plus haut possible, dit Samuel en appuyant sur les touches de son clavier.

Mais alors que Gail s'apprêtait à obéir, un mouvement suspect attira son attention. Comme une ombre furtive dont elle avait deviné l'existence à la périphérie de son regard. Elle se figea, les sens en éveil.

Qu'est-ce qui se passe ?

— Je ne suis pas sûre. J'ai cru que…

Son père l'interrompit.

Alors reprends le test, s'il te plait.

Gail acquiesça et regagna son sérieux. Le long du boulevard courait une ligne de métro aérien, terminée par une station vitrée. Gail s'apprêtait à sauter lorsqu'elle repéra un nouveau mouvement, cette fois-ci très distinctement.

— Samuel! Je vois quelque chose bouger là-bas, dit la jeune fille.  

Tu plaisantes? 

Son père sembla réfléchir un instant. 

C'était sûrement le vent. 

Mais Gail savait que le vent n’était pas responsable. Quelque chose se cachait dans la station de métro, derrière un panneau. Quelque chose qui pensait observer l'adolescente en toute discrétion.

— Tu peux vérifier, s'il te plait? 

Tandis qu'elle s'avançait lentement en direction de la station, elle entendit Samuel taper sur son clavier de l'autre côté du mur virtuel qui les séparait. 

C'est un bug, dit son père. Personne d'autre que toi n'a pu se connecter, et les Répliques ne sont pas encore fonctionnelles. Il n'y a pas de...  

— Il y a quelqu'un! hurla Gail en pointant du doigt l'intrus.   

Repéré, la silhouette sombre se leva d'un bond et s'élança dans la direction opposée, le long des rails. L'inconnu cherchait clairement à lui échapper. 

Gail, continua son père, c'est forcément une erreur ! 

  Mais elle n'écoutait plus: la jeune fille grimpait déjà les escaliers métalliques qui la séparaient des voies du métro. Elle sauta sur les rails, bien décidée à rattraper le fuyard. Je ne suis même pas essouflée, pensa-t-elle, je pourrais tenir des heures. Elle qui d'ordinaire préférait laisser à ses amis les joies du sport voyait ses performances décuplées dans Symbio.

L'inconnu avait une bonne longueur d'avance mais Gail, habituée à se mouvoir dans le réseau, était rapide. Bientôt sur ses talons, elle remarqua que le garçon était blond et qu'il portait une paire de jeans larges et un sweat-shirt à capuche. Elle sentit qu'elle pouvait encore accélérer. Elle le touchait presque, et elle allait l'attraper... lorsqu'un bruit terrible la plongea dans l'effroi. 

— Pas possible, souffla-t-elle. Mais comment... ?! 

Le train hurla en accélérant: une rame de métro fonçait vers eux à toute vitesse. S'ils restaient sur la voie, ses centaines de tonnes d'acier les écraseraient bientôt. Gail baissa la tête vers le trottoir. Le sol était au moins à huit mètres en contrebas et elle savait que Symbio retranscrirait la douleur de ses chevilles brisées si elle sautait.   

Gail? demanda son père. Gail, tout va bien?  

L'inconnu freina en même temps qu'elle et se retourna. Une large mèche de cheveux blonds barrait son front, masquant à moitié un regard bleu polaire. Il devait avoir son âge.  

— Si nous restons ici, dit le garçon en souriant, nous allons mourir... 

— Cours! hurla-t-elle.  

Les deux adolescents pivotèrent et se précipitèrent vers la station qu'ils avait laissée derrière eux. C'était la seule solution. La voie était étroite mais c'était suffisant pour courir sur une centaine de mètres. Ils devaient faire vite. Courir le plus rapidement possible.

Mais une douleur fulgurante traversa la cheville de Gail. Elle venait de se prendre le pied dans une traverse en bois et chuta de tout son long sur la voie. Le garçon se précipita vers elle et l'aida à se relever. 

— Vite! cria-t-il. Plus vite! 

Mais il était trop tard : le métro n'était plus qu'à quelques mètres des deux adolescents et le dénouement était inéluctable. Ils n'arriveraient jamais à atteindre la station.  

— Au moins on aura essayé, dit le jeune homme en souriant tandis que la sirène du train hurlait en fonçant sur eux.  


La lumière s'éteignit sur le monde.

Gail voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa gorge. 

— Ne lutte pas, dit la voix douce de Samuel.  

Gail ouvrit les yeux: Samuel était là, face au fauteuil dans lequel elle était enfoncée, et semblait chercher à lire dans ses yeux le récit de son aventure. La jeune fille savait pourtant que l'effet que suscitait parfois le regard de ce père n'était qu'une impression: un test qui avait viré à la catastrophe avait voilé ses yeux des années auparavant. Et ce n'était pas le pire, mais Gail n'avait pas envie d'y penser maintenant. 

— Il y avait quelqu'un ! dit-elle.

D'un geste de la main, son père balaya l'hypothèse.

— Peut-être une image résiduelle, ou un souvenir caché, dit Samuel en se penchant vers l'imprimante 3D qui avait retranscrit les données de l'expérience. Il n'y a personne d'autre que toi et moi dans Symbio pour le moment.  

— Un métro m’a foncé dessus! Quelqu'un devait bien le conduire, non ? Et j’ai failli mourir ! 

— Tu sais bien que tu ne peux pas mourir dans Symbio. Un cauchemar aura perturbé tes ondes cérébrales, voilà tout. Les bugs sont inévitables… et tu as l'air plutôt en forme.

L'adolescente soupira: après ces tests auxquels ils s'adonnaient depuis plusieurs semaines, Samuel préférait couper court à toute discussion et se plonger dans l'étude des données recueillies. C'était comme s'adresser à un mur.  

— Comme tu voudras, dit-elle en se levant du fauteuil, récupérant au passage le Symbio 4 qu'elle avait retiré avant le saut et qui, d'ordinaire, ne la quittait jamais. Mais quelque chose ne tourne pas rond.

— Merci de ta participation, dit Samuel. N’oublie pas de me faire le rapport écrit de tes impressions avant d’aller te coucher. Ça m’est vraiment très utile.

Gail s'abstint d'ouvrir la bouche. Au lieu de cela, elle fit claquer sa langue et referma la porte du bureau derrière elle, laissant son père seul à sa table de travail, comme toutes les nuits.

LES PERSONNAGES


Gail Grünmann

Gail Grünmann est une jeune fille de quinze ans riche, insouciante, populaire au lycée et passablement irritante tant elle semble sûre de tout. Mais les adolescents qui la cotoient chaque jour sont près à quelques concessions pour s'attacher les faveurs de la jeune fille.

Car Gail Grünmann est surtout la fille de Samuel Grünmann, connu sur la planète entière pour être le  créateur de Symbio, le réseau informatique et social le plus utilisé au monde. Cela suffit à faire de la jeune fille une petite célébrité au lycée et même au-delà. Célébrité relative certes, mais célébrité tout de même dont elle sait user lorsqu'elle en voit l'intérêt.

Gail se laisse vivre dans la gigantesque villa familiale, un endroit bourré de technologie domestique, tandis que son père passe son temps à travailler sur d'obscurs projets qu'il lui propose souvent de tester. Elle le voit rarement sortir de son bureau et doit souvent rester seule. Son attitude hautaine est évidemment une manière de se protéger du monde extérieur, et de ses dangers. 

Samuel Grünmann

Samuel Grünmann n'aurait pu être qu'un brillant ingénieur en informatique... Mais il avait quelque chose que peu de gens possèdent: le génie de son époque. À l'instar d'un Steve Jobs, d'un Mark Zuckerberg, Samuel sait sentir le vent tourner, et a utilisé cette aptitude pour imaginer un outil simple mais révolutionnaire: le réseau Symbio. 

20 ans après la première version de Symbio, Grünmann est un homme adulé, célébré comme un visionnaire génial et en passe de faire ses premiers pas en politique. Il pense que la société est trop violente, qu'un changement est nécessaire et que les politiciens actuels ne font qu'empirer les choses. C'est un bourreau de travail, mais cela ne l'empêche pas d'être affectueux envers sa fille. 

Samuel vit la plupart du temps dans son bureau de la magnifique villa familiale, dont la décoration poussiéreuse n'a pas changée depuis l'accident de Sarah, la mère de Gail: un test de Symbio qui a mal tourné, coûtant la vue à Samuel et la raison à la mère de Gail. Samuel porte sa culpabilité comme un fardeau nécessaire. 

Mark

Mark est un garçon peu bavard et taciturne: de prime abord, il donne l'impression d'avoir été habillé par sa mère et de ne se sentir à sa place nulle part. Mais une détermination intense brûle au fond de lui. Car Symbio lui a retiré tout ceux qu'il aimait - ses parents ont disparu, et sa soeur semble avoir été "vidée" de toute raison suite à un test pratiqué à l'école qu'elle fréquentait (une école subventionnée par Symbio). Un ardent désir de vengeance l'anime, qui le pousse à imaginer un plan. D'abord, il doit comprendre ce qui se passe réellement chez Symbio. Et pour cela, le meilleur moyen qu'il a trouvé est se rapprocher de Gail, qui représente pourtant ce qu'il déteste le plus au monde. Grâce des identités trafiquées, il parvient à infiltrer son lycée. Mais les choses ne se dérouleront pas de la manière qu'il avait envisagée. 

Jasper

Jasper apparait la première fois que Gail se connecte au monde virtuel de Symbio5: il n'est pas censé se trouver là mais a trouvé un moyen sans risque de pirater le réseau. Il affirme être le fils d'un responsable de la sécurité chez Symbio et que grâce à ses talents pour l'informatique, il peut accéder à tout et n'importe quoi. 

Jasper est un garçon très charismatique, lumineux et attentionné, qui fait beaucoup d'effet à Gail. Mais Jasper garde ses distances, comme s'il cachait un lourd secret. Elle et lui ne se rencontrent jamais dans la réalité: seulement dans Symbio5. Qui est vraiment Jasper?

Sarah Grünmann

La mère de Gail était une admiratrice de Samuel depuis longtemps lorsqu'elle s'est mariée avec lui. Sa passion pour le travail se son mari lui valait la primeur de toujours tester ses innovations avant tout le monde. Mais il y a quatre ans, quelque chose s'est mal passé. Depuis, cette dernière a perdu tout contact avec la réalité. Elle réside dans une maison de repos, muette, prostrée, les yeux ouverts, presque morte… et pourtant bien vivante. L'encéphalogramme de son cerveau est quasiment plat, mais pas suffisamment pour la déclarer morte cérébralement. Elle git donc dans cet établissement, et Gail n'est plus certaine de vouloir aller lui rendre visite. Cela ne change visiblement rien à son état.

Les amis de Gail

Gail est une file importante au lycée, et il faut dire que son père n'y est pas pour rien. Attention, cela ne veut pas dire que ses amis n'aiment pas Gail pour ce qu'elle est! Il faut seulement apprendre à ignorer son caractère et à passer sur ses caprices. Peut-être ont-ils eux-mêmes créé la Gail d'aujourd'hui, hautaine et suffisante, par leur attitude envers elle? Mais hé, c'est Gail Grünmann tout de même! Elle pourrait les laisser un jour s'amuser avec son Morphène!

Les Morphènes

Les Morphènes sont à la robotique ce que le Concorde a été à l'aviation: une innovation majeure, conçue par Symbio Robotics, mais trop chère pour être démocratisée et rentabilisée, si bien que seuls les personnes richissimes ont pu en profiter.

Les Morphènes sont des robots constitués de millions de nanomachines. Ces micro-éléments sont indépendants les uns des autres et peuvent se réorganiser selon la forme globale souhaitée: on peut avoir envie de jouer avec un petit chien, et quelques minutes plus tard avoir besoin d'un chauffeur pour conduire la voiture.  

Le Morphène a suscité beaucoup d'espoir: on pouvait modifier la réalité à sa convenance! Mais contrairement aux apparences, on n'a jamais réussi à rendre ces machines intelligentes. C'est pourquoi la recherche s'est arrêtée au profit des univers virtuels tels que SymbioV5, plus malléables. 

Symbio

La première version de Symbio vient de fêter ses vingt ans. Depuis, de nombreuses versions se sont succédées. Les fonctionnalités se sont multipliées: ce qui n'était au début qu'un simple service de mise en relation entres amis s'est finalement adapté aux usages, transformant radicalement les habitudes de vie de chacun. 

Outre les fonctions de messagerie, de partage d'images, de publicité personnalisée, la géolocalisation permanente est l'un des piliers du réseau: grâce à un patch magnétique que l'on colle sur sa tempe, on sait à tout moment où chacun se trouve. Une lentille de contact, apparue dans la version 4 de Symbio, permet dorénavant d'afficher les informations directement sur l'oeil: il n'est même plus nécessaire de posséder un appareil informatique pour être relié. Le tout se recharge au contact de la pico-électricité générée par la peau. Un système presque parfait où chaque est toujours, tout le temps, en relation avec tout le monde.

Bien entendu, l'adhésion à Symbio n'est pas obligatoire. Chacun est libre de s'y connecter ou pas. Mais dans la réalité, les seuls à ne pas se connecter sont quelques clochards (la plupart sont connectés néanmoins, le patch magnétique et la lentille étant très bon marché) et les rares criminels qui subsistent, comme un cancer en phase de rémission. Dans tous les cas, ne pas être connecté suscite invariablement la suspicion. Car Symbio a réussi le tour de force de devenir une norme sociale.

Il est possible d'enclencher son SymbioV4 en mode "sommeil" pour ne pas recevoir les messages la nuit. Mais la géolocalisation, elle, ne peut jamais être désactivée. 

Symbio V5 est une révolution: il ne s'agira plus d'être connecté en permanence à un système virtuel, mais d'habiter soi-même le monde virtuel.

SYNOPSIS DU TOME 1

Gail ouvre les yeux: elle ne se trouve plus dans le bureau de son père — le génial inventeur Samuel Grünmann, créateur des quatre précédentes versions du réseau Symbio — mais au bord d'une mer calme dont les vagues lèchent les pieds d'une ville déserte. La voix de son père grésille à son oreille: est-ce que tout se passe bien? Gail est estomaquée: tout a l'air si réel! Pourtant, rien de plus virtuel que le monde qu'elle a devant les yeux.

Alors que Gail parcoure les rues désertes du futur réseau, la communication avec son père est coupée. Croyant apercevoir quelqu'un, elle se met à courir. Elle finit par trouver un garçon de son âge, troublé d'avoir été vu ; et qui soudain disparait. 

Le test terminé, Gail raconte sa rencontre. Depuis l'accident de sa mère, Gail est toujours la première à tester les innovations de son père. Sans doute un bug, donc. 

Gail réenclenche son Symbio4 qu'elle avait coupé pour le test: sa messagerie indique plus de 200 messages en absence. À cause de ses nombreuses disparitions inexpliquées en ville, ses amis s'inquiètent d'un rien… et puis Gail est la fille d'un des hommes les plus célèbres de la planète!

Le lendemain voit un nouvel élève arriver au lycée. L'élève en question agit bizarrement et déclenche les moqueries. Mais quand il voit Gail, son regard s'illumine. La journée se poursuit sans incident, mais des regards sont échangés.

Gail doit subir régulièrement une corvée: aller voir sa mère en maison de repos. Handicapée suite à un test Symbio raté qui a rendu Samuel aveugle, son état est végétatif. Samuel s'en veut mais Gail, elle, considère que c'est une perte de temps. Jalouse, elle déteste ces visites.

Un matin, le nouvel élève ose aborder Gail au lycée: il s'appelle Mark et dit l'avoir longtemps cherchée! Mais des "amis" de Gail lui font comprendre qu'on n'aborde pas la fille de Samuel Grünmann aussi facilement. Mark est questionné, puis battu. Gail, fière, n'intervient pas. 

Les informations annoncent qu'une quatrième disparition a eu lieu ce mois-ci: il faut se méfier des inconnus. Curieuse, Gail cherche Mark sur Symbio. Mais sa page est filtrée et les informations restreintes: bizarre. D'habitude, tout le monde cherche à briller via son profil Symbio. Que cache le nouvel élève?

En rentrant du lycée, Gail fait la démonstration de son Morphène - un robot de compagnie qui prend la forme que l'on veut - aux amies qui la raccompagnent: celui-ci a pris l'apparence d'un adorable petit chien. Mark essaye de nouveau d'aborder Gail. Les jeunes filles se moquent de sa tenue. Gail, n'osant pas les contredire, fait fuire le garçon grâce à son Morphène devenu molosse.  

En rentrant, Samuel explique à Gail qu'il a été convoqué par des gens très importants. Elle devra donc rester seule avec les Morphènes domestiques ce soir. Mais Gail profite de son absence pour retourner dans Symbio5, pour retrouver ce mystérieux inconnu dont le visage l'obsède. 

Elle finit par trouver Jasper - c'est son nom - qui dit être "le fils d'un employé de Samuel". Il n'est pas censé être ici mais a trouvé un moyen de se connecter sans se faire prendre. Visitant la ville ensemble, Gail et Jasper s'entendent très bien. Mais le connecteur s'étant déchargé, elle doit partir en hâte. Elle promet de revenir vite. 

Le lendemain matin, Samuel parle à Gail: suite à ces inquiétantes affaires de disparitions, le Ministre lui a demandé d'entrer à son cabinet. D'importantes responsabilités l'attendent et il devra souvent s'absenter. Désormais elle devra se rendre au lycée dans une voiture conduite par le Morphène domestique, pour raisons de sécurité.

Au lycée, Mark bloque Gail dans un couloir. Le garçon lui dit qu'elle est en danger aussi et à la surprise générale, quitte le lycée. Gail, effrayée, raconte tout à son père. Samuel cantonne sa fille à la maison: même le lycée est devenu dangereux. Il va faire en sorte que le garçon soit arrêté. Il pourrait avoir un lien avec les disparitions.

Enfermée à la maison, Gail passe son temps libre avec Jasper dans Symbio5, quitte à oublier de dormir ou de manger. Samuel lui a créé un module de connexion personnel. Elle en oublierait presque la vraie vie, celle où Mark, en cavale, semble la menacer. Et puis un matin, une info circule en boucle: un nouvel habitant a disparu... et ce disparu n'est autre que Mark! Gail ne sait plus quoi penser. 

Quelques jours plus tard, on sonne à la porte: c'est Mark! Sans lui demander son avis, le garçon embarque Gail dans une voiture, jette son module de géolocalisation et démarre. 

Le garçon explique qu'il doit révéler quelque chose à Gail. Disparaître est le seul moyen qu'il a trouvé pour attirer son attention, tant Gail est une fille à Papa intouchable et hautaine. 

Mark s'arrête devant un hôpital miteux où est soignée sa grande soeur, élève d'une école subventionnée par Symbio. Suite à une sélection destinée à des tests de la V5, on lui a un jour rendu sa soeur dans un état végétatif. Symbio payait les frais d'hôpital mais a finalement arrêté. Ses parents ont protesté, avant de disparaître eux aussi sans laisser de traces. 

Mark fait partie d'un groupe convaincu du rapport entre Symbio5 et les disparitions, et Gail pourrait les aider. Troublée, la jeune fille trouve étrange la similitude avec l'histoire de sa mère.

Gail rentre à pieds et sans Symbio. Elle passe par des quartiers pauvres, se sent observée. Elle fait un détour pour aller rendre visite à sa mère. Le personnel, intrigué, prévient son père. Et lorsqu'elle rentre finalement chez elle, elle tait la véritable raison de son absence, préférant invoquer une visite spontanée - et déconnectée - à sa mère, qui lui vaut un savon.

Samuel annonce alors à Gail qu'elle sera la première à recevoir la greffe de Symbio 5. Après l'opération, Gail a un accès illimité à Symbio5 - et à Jasper - mais ne peut plus se déconnecter: elle doit donc faire attention à ne pas se faire repérer par la géolocalisation. Entre temps, Samuel apprend à sa fille que Mark est un criminel recherché pour usage de faux profils Symbio.

Gail, conduite par son Morphène, retourne régulièrement voir sa mère à l'hôpital. Un jour, Sarah fredonne une comptine familière. Gail a déjà entendu cet air dans Symbio5. 

Mark la retrouve un jour à l'hôpital et demande à Gail un accès aux bureaux de Symbio afin de vérifier leurs soupçons et passer à l'action. Gail refuse de peur que son père l'apprenne et qu'on fasse du mal à Mark. Le garçon ne peut pas se permettre de mettre Gail en danger. Les deux adolescents que tout oppose voient leurs chemins se séparer. Ils commençaient pourtant à s'apprécier. 

Gail pense retourner à sa vie monotone. 

Mais un jour Jasper fait part de ses doutes à Gail. Selon lui, Samuel tait certaines choses à propos des disparitions. Il se sait espionné dehors, elle aussi sûrement, mais ainsi connectés ils ne peuvent rien. Gail avoue alors à Jasper le plan de Mark, leurs discussions secrètes, sa soeur, etc. Jasper propose à Gail d'aider Mark en lui offrant un accès aux locaux de Symbio. Mais Gail n'est plus en contact avec lui et est sous la surveillance de Symbio5. 

Jasper a une solution: il a trouvé un moyen pirate de contrôler un Morphène depuis Symbio5. Ainsi, celui de Gail peut partir à la recherche de Mark en toute discrétion. Grâce aux souvenirs de Gail qui voit à travers les yeux du Morphène, elle retrouve Mark. Ils s'embrassent par l'intermédiaire du Morphène. Jasper est clairement jaloux. 

Mark et ses amis planifient une visite des bureaux de Symbio. Jasper se charge de leur fournir des clés d'accès. Il désactivera le traceur de Gail en faisant croire qu'elle se trouvera ailleurs. Mais le soir venu, alors que Gail s'apprête à sortir, Samuel dit qu'elle n'ira nulle part car ils ont deux choses à fêter.

D'abord, Samuel vient d'être promu Ministre. Ensuite, un dangereux terroriste va être arrêté grâce à elle. Jasper travaillait pour lui depuis le début et lui a révélé les plans de Mark, qui projetait d'introduire un virus dans la beta de Symbio5, faisant courir un énorme risque aux connectés... dont elle, qu'il aurait sacrifiée sans hésiter. Gail est furieuse et atterrée. 

Mark s'inquiète de l'absence de Gail: c'est ce soir ou jamais! Ses amis et lui finisent pourtant par entrer et découvrent une vérité atroce. Mais avant d'avoir pu sortir, les gardes - prévenus Par Samuel - les arrêtent. 

Les hommes exécutent sommairement les amis de Mark: ils en ont trop vu. Mark est laissé en vie, mais emmené en détention: selon ses geôliers, le nouveau ministre lui a réservé un traitement spécial. 

Gail est furieuse et se connecte à Symbio5 pour poursuivre Jasper. Finalement, alors que Jasper allait réussir à s'enfuir, la ville prend vie et engloutit le,garçon. Comme si elle avait voulu aider Gail.

L'arrestation de Mark est médiatisée. On dit que l'organisation tentaculaire dont il faisait partie est responsable des enlèvements. Gail n'a pas d'autre choix que de se soumettre à la volonté de son père, devenu l'homme le plus important du pays.

Samuel ordonne qu'en prévention des enlèvements, chaque citoyen soit connecté à Symbio5 en permanence. Les premiers connectés entrent dans la ville déserte et la colonisent.

Loin sous la surface, dans une sorte de bunker de béton, le corps de Jasper repose comme une coquille vide. Il ouvre les yeux. De l'autre côté du connecteur se trouve Samuel, dont on comprend qu'il joue le rôle de Jasper. Jasper cherche une sortie.

SYMBIO est une trilogie dont le présent synopsis constitue le premier tome. Le second tome sera consacré à la vie dans Symbio 5, à son succès grandissant et à Samuel, qui ne cache désormais plus ses ambitions politiques et sa volonté de pouvoir absolu sur le corps et l'esprit des habitants de Symbio. Le troisième tome verra la chute de Symbio et de Samuel, des mains de sa propre fille et d'une poignée d'originaux. 

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