Texte décousu, mais à la main.

Hervé Lénervé

Conférencier dans un EHPAD.

-         Bonjour messieurs-dames, je suis un buveur qui culbalise... qui culbapilise...  enfin, Merde, vous m'avez compris, Bordel de Merde ! ... de boire. Y'a pas pire !

Donc, est-ce qui peux faire le mariole, lui, l'autre-là, le Moi ?

Non ! Y ferme sa gueule et c'est tout !

Non c'est pas tout du tout... c'est surement très con, surtout !

Car on ne dit jamais aussi bien les trucs sur lesquels on n'a aucune expérience. Moi, les politiques qui parlent de leur enfance vécue dans les caves du neuf trois, je trouve qu'ils le racontent bien mieux que ceuses qui y sont vraiment.

 Bon, je suis venu vous voir pour... Putain pourquoi, déjà ? Vous le chauve, vous savez ? Vous étiez là avant moi... Non plus... Putain, vous n'avez rien écouté. C'est pas la peine de s'mettre au premier rang, alors !

Putain, je parle, je parle et personne n'écoute, merde. Moi, je suis dispensé, car je parle en même temps, j'peux pas tout faire, non plus, Merde à la fin !

Ah oui, j'm'rappelle maintenant, je suis venu pour vous enseigner la pratique du karaté. C'n'est pas bien compliqué, surtout pour celui qui frappe. Mais le jeu consiste à ne pas montrer que l'on a mal, surtout pour le frappé. Ça perturbe le frappeur.

Bien sûr, il est pas con, le frappeur, y s'dit, « ça sert à quoi que j'frappe, il a même pas mal, l'autre. » Logique et du coup il baisse la garde, il s'allume une clope et c'est au moment où il se dirige vers le bar que vous l'assommez avec le piolet que vous aviez caché sous votre kimono dans l'dos... Oui, au fond !  Si on peut garder sa culotte sous son kimono ? Oui, bien sûr ! Même son anorak, c'est mieux.

Allez trêve de pusillanimité (putain, j'l'ai dit d'une seule traite des mots ! J'vais aller mettre un cierge dans un bar, tiens.) Allez en piste ! Application in situ en chair et en factures... non, en fractures.

D'abord, vous deux ! Qui frappe, qui morfle ? Allez, vous n'allez pas hésiter pendant une heure, le choix est pourtant simple, non ? Allez, toi le petit  maigrichon, tu frappes sur la grosse bonne-femme, ça te changera de la maison. Ah, elle est morte ta mémé. J'pouvais pas savoir... c'n'est pas toi qui l'a...des fois... non, le cœur... ouf ! Le cœur c'est fragile, moi, j'm'fais pas chier avec ça, j'en ai pas, ma femme me le dit tout l'temps.

Qui a dit, « si on ne pouvait pas mordre, plutôt ? » Mais, ça ne va pas la tête, non ? Et vos dentiers, qui va les trier, après ?

C'est parti, go ! Non, t'as déjà perdu, t'as crié ! Et encore crié ! Tu ne vas pas perdre à chaque coup frappé, quand même ! Allez, on arrête tout. Stoppe ! Tu n'as pas bien compris la consigne, il ne faut pas crier et toi arrête de la frapper comme un sourd, on n's'entend plus avec tous ses AIES.

Ouais... tu ne peux plus te lever. Tu ne serais pas un peu comédienne, toi ? Mais quelle idée aussi, que de tomber à ton âge. Ça, c'est le col du fémur au mieux, les deux peut-être, tu as bien une tête de cumularde, toi.

Bon, mettez-vous-y à tous et relevez la baleine, on ne va pas y passer la soirée, non plus. Si elle ne tient pas debout à cause des fémurs, coincez-la entre les deux placards, là. Voilà, c'est bien, elle est bien comme ça. Vous penserez à la ramener à sa chambre, après. Mais le temps passe, le temps passe et il est passé, je me sauve !

Allez, salut les amis, vous avez compris le principe maintenant, à vous de vous entraîner entrevous, ventre saint bleu ! Adieu, les vieux !

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