"Tous Desproges"

Jean Claude Blanc

hommage à mon maitre Pierre Desproges, qui m'a fait trouver ma voie d'écriture; provocateur, anti conformiste

                                Tous « Desproges »

Anar de Droite, réac de Gauche

Provocateur, non conformiste

Artiste cynique, façon Gavroche

«Tous Desproges », clowns réalistes

 

Sens de l'absurde, humour caustique

Mateur de femmes, de bonne chère

A contre-pied, prend son public

En 88, mort d'un cancer

Pas de faire-part, ni commentaire

 

A 50 ans, s'est fait la malle

Avait encore sous la pédale

Humour noir, et pitreries

« Petit Rapporteur », en son pays

Remet en forme, nos inepties

 

Déjà tout jeune étudiant

Drôle d'élève dilettante

A fait des piges à l'Aurore

Trop culotté, fichu dehors

 

Même à « Charlie », il collabore

Livrant bêtises, sans remord

Car à jamais, individualiste

Sans prétention, dégage la piste

 

A enchainé des émissions

Aux radios libres, libertaires

Villers, Régo, à France Inter

« Flagrants délires, étonnant non ? »

 

Flemmard paillard, ou dégoûté

Faisait guignol, que pour bouffer

Son pote Bedos, l'a convaincu

De faire lui-même sa revue

Pour dénoncer nos fausses vertus

 

Alors Pierrot, s'est mis en scène

« Minute de Monsieur Cyclopède »

« Chronique de la haine ordinaire »

Avec l'aisance d'un littéraire

 

Aborde sujets, les plus honnis

Pour embêter les culs bénis

Une préférence, pour hystériques

Les staliniens et les racistes

Mais craint un peu, fachos fumistes

« Peut rire sur tout, lâcher la bonde

Certainement pas avec tout le monde »

Pas engagé, mais dégagé

Fuir les groupes de moutonniers

Où ne s'expriment que des tarés

Ce n'est pas sa tasse de thé

 

Finalement comme par miracle

Pierrot se donne en spectacle

Sobre décor, seul sur les planches

Maudit comique, prend sa revanche

 

Il va parfois, chercher très loin

Ses mots d'esprit, qu'on comprend rien

Il faut gravir bien des degrés

Sinon, on reste bouche bée

 

Lui s'en amuse, de notre posture

Diseur de bonne aventure

Nous affublant de ses tournures

Il nous en fiche plein la figure

 

Quand son crachoir, enfin démarre

Il fait des rimes, sans le savoir

Passionnés des péroraisons

Tous fascinés, de réflexions

Soudain retombe, ses expressions  

Tous ébahis, verbiage cochon

 

Lui-même surpris de ses succès

N'ose pas en remettre sur le métier

Se retire sur la pointe des pieds

Pas l'habitude de crâner

 

Pierre Desproges, je le regrette

M'a initié à ses tempêtes

Je lui dois mes incertitudes

Sur les humaines attitudes

 

Lui, jusqu'au bout aura tancé

Contradictions, énormités

Consterné d'être concerné

S'est appliqué, méthode Cauet

 

Futée, habile, son ironie

Malgré sa maligne maladie

A su mater, toutes ses angoisses

Jusqu'à la fin, moquant sa poisse

 

Repose en paix, au Père Lachaise

Près de la tombe de Chopin

Et que ta verve, jamais s'apaise

Joueur de flûte, musicien          JC Blanc   février 2015 (pour mon maitre Pierre Desproges)

Report this text