Une page de vie

Louve

A ma mère ... Une photographie que j'ai prise en vacances, pour elle, car le pantin accroché au balcon lui plaisait beaucoup. On ne le voit guère mais je la revois, elle, joyeuse, à côté de moi...


Dans le camée que je porte à mon cou

Dans le ciel que j'interroge en vain

Derrière ce volet, ouvert sur ce bout de jardin

Où trônent encore les deux chaises de paille

Le fantôme d'un cerisier que tu as fait couper...

" Regarde !" dis-je à l'enfant qui crie au sacrilège

" Il reprend vie là-bas, c'est un nouvel espoir "


...Tu es là


Nos rires, soudain, éclatent sous le baiser brûlant

De cet été trop chaud

Nos corps ruissellent dessous les cotonnades

Dans le panier, le nectar s'impatiente

Les verres se'entrechoquent

Et la chienne, à nos pieds, halète doucement

Guettant d'un oeil mi-clos l'abeille travailleuse

Qui écume le trèfle.

Parfum des oeillets d'Inde

Que l'on croirait timides

Groupés en un seul choeur sur le puits condamné.

" N'en fais pas un bouquet" cries-tu catastrophée

" Cela porte malheur ! "

Je ris à ce tabou, empreinte d'une aïeule.

Avant que je te quitte, juste pour un au revoir

Tu cueilleras des roses

Ou la tendre pivoine

Qui perd ses pétales, dès qu'à peine on la frôle.

Nous savons qu'à l'automne, nous chercherons encore

Serrées frileusement, sur les marches du seuil

Un restant de chaleur, un instant de bien-être

En attendant la primevère

Et le lilas du mois de mai.


Dans le camée que je porte à mon cou

Dans le ciel que j'interroge en vain

Dans l'air que je respire

Tu es là ...

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