Vestibule

Fionavanessabis

Texte d' introduction

Parce que je ne crois qu'à demi la fiction.

Bien sûr, on sait que c'est de la fiction, et donc, par définition, on n'y croit pas !

Oui.

Mais je crois qu'il arrive des choses tellement plus insensées dans la réalité, pas besoin de chercher midi à quatorze heures, ainsi, partir de ce que je suis me paraît le bon point de départ pour moi. 

D'abord j'ai longtemps cru, parce qu'on voulait cela autour de moi, que j'étais insignifiante, que ma vie n'était que banale.

Puis, lorsque j'ai osé en parler, je me suis rendue compte que c'est tout sauf banal, partir de soi, c'est chercher la vérité.

Et puis j'ai une formation de comédienne. Ce qui signifie, à l'école que j'ai fréquentée, chercher la sincérité au travers du masque. Mettre ce qu'on est dans la balance de la création. Alors peut-être que j'ai eu besoin de continuer ainsi.

Vous êtes donc dans mon vestibule. 

Ce n'est pas une salle d'apparat. Une pièce boisée où la porte ouvre sur le jardin. Parce que j'ai besoin de clarté, tant ma vie fut parsemée de sombres secrets. Je vous ouvre ma porte, ce ne sera jamais qu'un fragment de l'histoire, ma vision parcellaire, mais je ne peux que raconter celle-là. 

Et puis comme ça, si vous voulez partir sans me froisser, votre manteau et vos affaires sont là, tout près. Si vous voulez juste vous reposer quelques instants au frais et écouter raconter quelques bribes pour passer le temps, vous êtes où il faut.

Et si au contraire votre coeur est si plein et si serré que vous écouteriez raconter n'importe quoi, vous êtes aussi au bon endroit.

Bref, car un vestibule ce n'est pas grand, entrez comme bon vous semble, c'est la pièce qui est faite pour être de passage, pour marquer la transition, pour vider les gêneurs et les empoisonneurs aussi, pas les lecteurs mais les protagonistes, qui prendront le sens inverse de la porte. Il faut bien que j'aère un peu mon texte, que je fasse le ménage !

Enfin, si vous trouvez que je parle trop de moi, vous avez sûrement raison. Mais pour parler en connaissance de cause, je ne connais bien que moi, ou pas grand-chose d'autre. Et j'ai appris, je crois, que les autres et moi, ce n'est pas si éloigné, et qu'il arrive qu'on puisse lire, un peu, son reflet dans mon histoire.

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