A genoux

miro

A genoux. Elle s'est mise à deux genoux,

au bout du monde, au bout de tout ;

un fichu sur ses cheveux noir,

à bout de forces, à bout d'espoir.

 

Partir. Il avait bien fallu partir,

fuir les bourreaux et les martyrs,

ne plus se courber sous le joug

et ne plus vivre A genoux!

 

A genoux. Elle tient entre ses mains crispées

un carton où des mots tremblés

disent la faim et "s'il vous plaît"

disent si mal et " par pitié"

 

Partir. Il avait bien fallu partir,

quitter amours et souvenirs ;

ne plus se laisser mettre en joug

et ne plus tomber A genoux!

 

A genoux. Les gens en l'approchant s'écartent,

Cherchent un ticket, sortent une carte ;

il va pleuvoir, il se fait tard:

sept heures du soir, gare saint Lazare

 

Partir. Il avait bien fallu partir,

entre deux peurs devoir choisir ;

ne plus se rompre sous les coups

et ne pas mourir A genoux

 

 D'ici aussi, elle voudrait partir...

vers un  ailleurs, un avenir.

Ne plus se traîner à genoux

mais pouvoir vivre enfin ... Debout!

 

 

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