Alis volat propriis

christinej

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15 décembre 2008

 

Je m'appelle Kathleen, Kathleen Richards et aujourd'hui c'est mon anniversaire, je viens d'avoir 15 ans.

Je vis dans la petite ville de McMinnville dans l'état de l'Oregon. Comme disait mon père la plus belle petite ville jamais inventée, idéalement placée tout près de Salem et de Portland et à une jetée de pierre de l'océan Pacifique.

Je vais pas vous faire un discours sur la beauté de cette ville, surtout…enfin vous savez.

Si j'ai décidé de commencer ce journal c'est par ce que….je veux, non j'aimerais, que l'on sache que j'ai existé. Que je ne suis pas un de ces fantômes qui rodent dans les rues.

J'entends du bruit je continuerais plus tard je dois éteindre les lumières.

 

17 décembre 2008

 

Cela devient de plus en plus difficile, ils sont partout.

Si vous trouvez ce journal et que je ne suis plus en mesure de, disons, communiquer, il vous expliquera l'essentiel. Enfin j'espère.

Avant de parler de ce que je fais aujourd'hui, j'aimerais un peu vous raconter mon histoire.

Je suis née en 1993 à Portland, mais je ne m'en souviens pas très bien. Nous avons déménagé, mes parents et moi, à McMinnville en fin d'année 1999 juste avant mon anniversaire. Je me rappelle que j'étais très en colère après mes parents. On était parti très vite, je n'avais pas eu le temps de dire au revoir à mes amis. J'ai dû bouder pendant au moins une semaine. J'étais jeune, je crois que je le suis toujours d'une certaine façon. C'est juste que sous ma peau j'ai l'impression d'avoir vécu mille vies et subi mille morts.

On m'avait expliqué que c'était pour le travail de papa, qu'on était venu vivre ici. A l'époque je ne comprenais pas pourquoi on pouvait être pressé de faire le gardien de nuit.

Mon père était le nouveau gardien de nuit du musée de l'aviation de la ville. Ma mère, elle, elle était infirmière.

Mon père disparaissait pendant des jours et quand il rentrait c'était souvent pour s'enfermer dans la cave dont l'accès m'était interdit, évidement.

J'entendais souvent mes parents parler à voix basse et dès que j'entrais dans la pièce, ils se taisaient. Parfois la nuit j'entendais ma mère pleurer. Alors j'essayais d'être une bonne petite fille pour la rendre heureuse, mais elle passait à côté de moi, posait sa main sur ma tête et continuait sa route.

Je croyais qu'ils voulaient divorcer à l'époque. Je crois qu'aujourd'hui, je préfèrerais cette version.

Je commence à être fatiguée, je dois me reposer je reprendrais demain…si je le peux.

 

 

18 décembre 2008

 

Mon père avait pris l'habitude de s'entrainer dans le garage. Comme je ne le voyais pas beaucoup j'avais décidé de m'entrainer avec lui. Au début, il ne voulait pas que je traine dans ses pattes, il me répétait que je pouvais me blesser etc etc…mais je venais à chaque fois, même si c'était pour me faire crier dessus. Un jour il n'a rien dit, il m'a juste montrer comment faire.

Ces moments, même si ils étaient très douloureux pour mes pauvres muscles, sont mes meilleurs souvenirs de moi et mon père.

Après il a commence à m'apprendre des tas de trucs, à crocheter des serrures, à survivre dans la foret, à me défendre.

Je prenais ça comme un jeu, je rigolais beaucoup. Mais un jour il m'a regardé droit dans les yeux et il m'a dit que tout ça c'était du sérieux, qu'un jour, hélas, cela me sauverait la vie.

Il n'avait pas tort.

Et du jour au lendemain il a arrêté de m'apprendre.

Quelque chose avait changé, il avait changé.

Ensuite il a commencé à rapporter des tas cartons qu'il entassait dans la cave.

Je ne sais pas ce qu'il fabriquait en bas, mais je l'entendais taper pendant des heures, c'était à rendre fou.

Puis ma mère m'a dit qu'elle voulait, elle aussi, m'apprendre des choses, que ce serait amusant.

Tout les soirs en rentrant de l'école elle avait préparé pour moi un jeu avec mes poupées. Elles étaient souvent blessées ou empoisonnées et je devais les soigner.

J'aimais bien faire ça…et puis tout s'est arrêté brutalement, encore une fois.

En entendant les informations, mes parents se sont levés d'un bond. Mon père n'arrêtait pas de dire “ils l'ont fait, putain, ils l'ont fait”.

On était le premier décembre 2001, les premiers cas sont apparus.

Ensuite tout a été très vite. Une descente aux enfers.

Trop d'infectés, plus de services, l'isolement, puis le chaos.

Désolée je reprendrais plus tard.

 

21 décembre 2008

 

On vivait dans la cave de la maison que mon père avait transformé en refuge.

Il ne dormait plus.

Il m'a expliqué un matin son rôle dans tout ça.

Son rôle? Quel rôle un gardien de nuit pouvait avoir?

C'est ainsi que j'ai appris que sous le musée se trouvait une base de l'armée. Elle devait récolter les données d'un exercice grandeur nature, dans tout le pays, appelé DarkWinter. Ils devaient simuler une attaque terroriste dans tout les Etats-Unis. Oui vous le savez déjà c'est vrai.

Ce que vous ne savez peut être pas, c'est que cela ne devait être qu'une simulation, sans virus, ni véritables menaces. Mais certains “hauts placés” pensaient que cela ne pouvait pas faire de mal d'alléger la population. Cela relancerait l'économie.

Mon père, était en fait un scientifique et avec d'autres, ils ont refusé de faire partie de cette monstruosité. Mais leur contestation n'a pas été écouté, et vous savez ce qui s'est passé ensuite.

J'ai vu mes amis mourir. Steve, mon ami, mon meilleur ami est devenu un marcheur.

Il a été infecté, puis, petit à petit, son sang est devenu noir, ses yeux vitreux. Le virus qui avait été lâché, avait muté très rapidement, au lieu de tuer ceux qui étaient infectées, il les transformait en pantin sans conscience, marchant sans but jusqu'à ce que leur cœur explose, libérant une poudre noire pouvant infecter ceux qui se trouvaient aux alentours. Cela pouvait prendre des mois comme juste quelques heures.

Le virus se transmet par simple contact, sinon.

Les marcheurs ne sont pas des zombis assoiffés de chairs humaines, ou de cervelles ou je ne sais quoi. Que des mensonges tout ça.

Non, se sont des fantômes de notre passé, de nos erreurs, de la cruauté de ceux d'en haut. Parfois je les entend qui hurlent pendant des heures. Un hurlement terrifiant qui me serre le cœur tellement fort que j'ai l'impression que c'est le mien qui va exploser. Et quand ils cessent c'est le silence qui devient terrifiant.

Mais vous savez tout ça, vous vivez dans le même monde que moi, hélas.

Je …

 

24 décembre 2008

 

C'est étrange de se dire que c'est la veille de noël.

Si je me souviens bien c'est pendant cette période là que la directive 51 a été signé.

Ce bout de papier qui donnait encore plus de pouvoir aux plus riches et plus puissants du pays.

Nous on ne vivait pas trop mal. Mes parents avaient fait des réserves, on ne manquait de rien ou presque.

Etre enfermée, tout les jours, avec les mêmes personnes, ça use les nerfs au bout d'un moment. Mais je n'avais pas le temps de m'ennuyer, ils avaient décidé de m'entrainer de m'apprendre tout ce qu'ils savaient pour que je puisse survivre, au cas où…oui, au cas où.

Il était dangereux de sortir, pas seulement à cause des marcheurs, mais il y avait aussi les barbares. C'est comme ça qu'ils se font appeler “les barbares“. Et je peux vous dire qu'ils portent très bien leur nom.

Ils partent en rodéo, pourchassent les marcheurs, les tortures puis leur coupent la tête. Mais ils s'en prennent aussi aux gens comme nous. Car pour eux nous ne sommes rien que de la vermine. Se sont des fils et filles de riches, ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent car ils savent très bien qu'ils ne seront jamais punis.

J'ai entendu plusieurs fois des gens appeler au secours. J'ai supplié mon père de les aider. Mais il a toujours refusé, car il savait qu'il n'avait aucune chance.

Je lui ai dit tellement de choses affreuses, qu'il était lâche.

Non, mon père était tout sauf un lâche.

Il a amassé des documents prouvant la culpabilité du gouvernement et il a réussi à avoir en sa possession l'antidote du virus.

Car oui il existe un antidote, comment croyez que ces fils de… arrivent à survivre sans jamais être contaminés.

J'aimerai hurler pour montrer combien je suis en colère, peut être qu'un soir j'hurlerais comme les marcheurs, mais pour le moment je n'ai pas le temps.

 

25 décembre 2008 Noel

 

Noel, ça n'a plus beaucoup de sens aujourd'hui.

Je dois continuer mon récit, vous devez tout comprendre.

Un jour, ma mère est tombée et elle s'est cassée la jambe. Malgré tout nos efforts sa plaie s'est infectée. Mon père a dû sortir pour trouver de meilleurs médicaments.

Quand il est rentré….

Il n'était pas seul, des tueurs l'avaient suivi.

Vous vous rappelez de la directive 51, c'était pour éliminer toutes les menaces qui pourraient atteindre le gouvernement. Mes parents et moi, on en faisait parti.

Après, c'est si douloureux à raconter…

Ils se sont battus bravement. Mon père en a tué un, mais le deuxième lui a brisé le cou. J'entends encore le bruit de ses os qui se cassent, chaque soir, quand je m'endors. L'autre type a commencé à torturer ma mère pour qu'elle lui dise où se trouvait les documents. Elle n'a rien dit, elle lui a crache à la figure. Alors il a commence à rire, en disant que cela allait être vraiment amusant. Sauf que cette phrase il ne l'a jamais vraiment fini, je lui ai tiré une balle en pleine tête.

C‘était la première fois, mais hélas pas la dernière, que je tuais quelqu‘un, mais il est le seul que je n'ai jamais regretté d'avoir tué.

Ma mère était à moitié morte, elle a posé sa main sur ma tête, elle a sourit. J'ai vu dans ces yeux de la fierté et tellement d'amour.

Elle morte dans mes bras, sans un bruit, sans un cri.

Je savais ce que je devais faire, mais ça été très dur de les laisser comme ça.

Mon père me le faisait jurer chaque jour, si cela arrivait, je devais partir sans attendre. Car d'autres tueurs à la solde du gouvernement viendraient et me poursuivraient pour avoir les documents.

Je ne sais pas combien ils sont, j'en ai déjà croisé 3.

Mais je suis encore là pour en parler et pas eux.

Je dois aller vers le nord en Alaska dans la ville de Bethel, pour trouver un certain docteur Collins, il saura quoi faire des documents.

 

Donc me voila Kathleen, 15 ans sur les routes pour….sauver le monde…non je n'ai pas cette prétention. Juste remettre la balance à plat et peut être faire payer au passage tout ceux qui sont responsables du malheur notre monde.

Si vous avez lu ce journal cela veut dire que je suis, soit morte, soit j'hurle parfois la nuit l'horreur et la cruauté de ce monde.

S'il vous plait ne vous détournez pas, continuez mon voyage, en mémoire de tout ceux que nous avons perdu.

Il y a une photo de moi aussi, s'il vous plait ne m'oubliez pas. L'oubli et l'indifférence ça me fait vraiment peur.

 

 

 

Nom : Richards

Prénom : Kathleen

Age : 15 ans

Profession : trop jeune pour ça, mais comme dit la devise de ma ville McMinnville “alis volat propriis” Elle vole de ses propres ailes.

 

Merci

 

Kathleen Richards

 

 

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